JMP : « le rôle primordial » des femmes au centre des débats en Gambie

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La célébration de la Journée mondiale de la pêche a été l’occasion pour les acteurs de ce secteur de se pencher sur « le rôle primordial » des femmes dans le secteur de la pêche. Elles interviennent notamment dans la transformation, la conservation et la distribution du poisson mais, malgré ce rôle prépondérant, elles reçoivent très peu de soutien dans leurs activités.

Le secteur de la pêche ne peut se développer sans « une forte implication » des femmes dont « le rôle primordial » est à saluer dans ce domaine, a reconnu le président de la Confédération africaine des organisations de la pêche artisanale (CAOPA), le Sénégalais Gaoussou Guèye mardi 20 novembre 2018 à l’occasion d’une visite sur le site de transformation de poisson à Gunjur, au sud-ouest de la Gambie, dans le cadre des activités marquant la célébration de l’édition 2018 de la Journée mondiale de la pêche (JMP 2018), ce mercredi 21 novembre à Banjul.

« On ne pourra jamais régler les problèmes de la pêche sans les femmes. Et pour les problèmes de l’intégration africaine, nécessairement, il faut passer par les communautés de côtières », a poursuivi M. Guèye.

Piliers de l’économie familiale, les femmes occupent une place prépondérante dans la filière de la pêche, entre le pêcheur et le consommateur. Ainsi, sur toutes les plages de débarquement, les opérations sont le plus souvent dirigées par les femmes. Elles attendent l’arrivée des pirogues. Ce sont des revendeuses indépendantes ou des femmes qui travaillent à la commission pour des pêcheurs. Elles sont chargées d’écouler les captures. Certaines pirogues ont une organisation familiale : le mari pêche et la femme s’occupe de la vente ou du traitement du poisson capturé.

Ces raisons obligent le président de la CAOPA de voler au secours de ces femmes. « Il faut améliorer les conditions de vie et de travail des femmes qui s’activent dans le secteur de la pêche artisanale », a-t-il lancé à l’endroit des décideurs, ajoutant qu’ils acceptaient « jamais que leurs femmes, leurs sœurs ou leurs filles » travaillent dans des similaires à celles des femmes actives dans la pêche.

Selon Gaoussou Guèye, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prône la libre circulation des personnes et des biens, « mais il y a toujours des tracasseries au niveau des différentes frontières des pays qui la composent’, ce qui ne facilite pas les échanges commerciaux.

« Les questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle ne pourront jamais se régler » sans la pêche, ni même « développer l’emploi et lutter contre la pauvreté (…). L’intégration est la meilleure façon d’y parvenir, et les pêcheurs artisans l’ont parfaitement réussi », a fait valoir Gaoussou Guèye, également président la Plateforme des acteurs non étatiques de la pêche artisanale et de l’aquaculture en Afrique de l’Ouest (PANEPAO/WANSAFA).

De son point de vue, pour une meilleure gestion des stocks partagés, particulièrement les petits pélagiques, « il faut indispensablement l’implication des communautés de pêcheurs, les femmes et les mareyeurs qui constituent des maillons essentiels dans la chaîne de valeur ».

« Pour régler cette question de sécurité alimentaire et nutritionnelle, il faudra faire avec la menace qui pèse sur cette ressource halieutique, à savoir les installations d’usine de farine de poisson, qui sont en train d’impacter la pêche, surtout artisanale », a-t-il indiqué.

« Donc, il faudrait que nos dirigeants, les décideurs réfléchissent sur ces questions pour pouvoir aller vers la durabilité des pêcheries », a conclu Gaoussou Guèye.

A l’en croire, le manque d’infrastructures pour la conservation et le transport des produits frais est un frein à l’activité des femmes revendeuses. Les techniques traditionnelles, consommatrices de bois pourraient être améliorées (fours économiques type Chokkor). En raison du développement du tourisme, les activités de transformation sont souvent repoussées hors des plages. Elles voient ainsi leur coût de transport augmenter et déplorent également les nombreuses taxes payées sur les lieux de vente.

Moctar FICOU / VivAfrik