Les groupes financiers ou les compagnies pétrolières contraignent la CAPE à rejeter la croissance bleue

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La coordinatrice de la Coalition pour des accords de pêche (CAOPA), Béatrice Gorez a rejeté, 24 novembre 2018 à Banjul, la capitale gambienne, « catégoriquement » la promotion de la croissance bleue derrière laquelle se cachent de grands groupes financiers ou de grandes compagnies pétrolières qui ne sont attirées que par le profit comme les usines de productions de farine.

« Ce n’est pas nous qui avons emmené cette question de croissance bleue sur la table, ce que nous voulons, c’est que, avec nos partenaires, mettre en œuvre une pêche artisanale durable. Mais, nous sommes confrontés à d’autres discours, en plus de grandes compagnies, les services portuaires, la marine marchande, et tous ce que vous pouvez imaginer comme utilisateurs des océans », s’est-elle inquiétée.

Poursuivant son argumentaire, elle ajoute que ces groupes et autres compagnies viennent et dire, qui paie le plus d’argent, en utilisant la mer, doit avoir la priorité d’accès, la priorité d’exploitation. « Nous sommes tout à fait contre ça ! Parce que nous pensons que ce n’est comme ça qu’on gère au mieux les océans », a martelé Béatrice Gorez.

Si l’on se fie à Mme Gorez, les océans doivent, avant tout, répondre à des droits, droit à l’alimentation, droit de se nourrir, droit au travail décent et au droit des communautés côtières qui dépendent de la pêche pour vivre comme étant le secteur porteur d’avenir et de développement durable.

Mais, « on ne peut pas avoir une initiative qui essaie de promouvoir aujourd’hui, et demain, une grosse compagnie pétrolière qui, en ignorant tout ce travail-là, tous ces enjeux-là, en ignorant les droits des communautés, vient dire aux gouvernements, je peux vous donner X millions, donc laissez-moi exploiter le pétrole ou le gaz dans vos eaux. C’est une autre façon d’exploiter les ressources halieutiques qui ne respectent les droits humains », a-t-elle dénoncé.

« Les acteurs prennent leur avenir en main pour dire à leurs gouvernements, « on voudrait avoir un cadre qui nous permette de vivre décemment de notre activité qui est protégée ». Les acteurs veulent avoir tout l’appui nécessaire.

Conscients des difficultés que rencontrent les acteurs, notamment transformatrices dont les sites n’ont pas souvent l’eau et l’électricité au niveau des sites où elles évoluent dans le noir et jusque tard dans la nuit, Béatrice Gorez et les autres membres du comité de pilotage pensent qu’il faut améliorer les conditions de vie et de travail.

« Pour améliorer les conditions de travail de ces femmes, ce n’est pas seulement le ministère en charge de la pêche qui doit être impliqué, mais c’est tout le monde qui doit se retrouver autour d’une table pour améliorer leurs conditions de travail, leur permettre d’avoir des conditions de travail décentes. Nous sommes une organisation d’appui qui essayons d’appuyer les professionnels », a plaidé la coordinatrice de la CAPE.

La coordinatrice de la CAPE a plaidé également pour « beaucoup plus » de transparence dans les accords signés entre l’Union européenne (UE) et les pays africains de l’Ouest.

« Nous avons passé en revue le détail des accords déjà négociés ou qui sont en cours de négociation avec des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Mauritanie et la Gambie. Dans chacun de ces cas, il est important pour nous d’emmener au niveau de l’Union européenne la voix de la pêche artisanale africaine des pays considérés », a-t-elle indiqué.

Pour rappel, la CAPE, basée à Bruxelles, en Belgique, est une structure qui regroupe des Organisations non gouvernementales (ONG) de l’Union européenne (UE), avec un comité de pilotage composé d’organisations de la pêche artisanale africaines et du Réseau des journalistes pour une pêche responsable et durable en Afrique (REJOPRA).

Moctar FICOU / VivAfrik

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