La situation alimentaire de l’Afrique de l’Ouest analysée en Gambie

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La Gambie a accueilli la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, un rassemblement annuel qui vise à surveiller les risques alimentaires dans la région. Les représentants des pays ouest-africains sont réunis jusqu’au mercredi 5 décembre 2018 dans l’enclave du Sénégal pour évaluer la situation alimentaire et nutritionnelle de la région. Cette année, la saison est bonne, avec notamment la production de plus de 70 millions de tonnes de céréales. Mais cela reste insuffisant pour assurer la sécurité alimentaire sur tout le territoire. L’édition 2018 est accueillie par le gouvernement de la Gambie sous l’égide de la CEDEAO et de l’UEMOA. Elle se tiendra à l’hôtel Labranda Coral Beach près de Banjul.

Organisée par le Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO/OCDE), la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest est le rendez-vous annuel de dialogue et de concertation sur les enjeux alimentaires. Devenue, « the place to be » des parties prenantes du développement de la région, la Semaine est un espace unique d’échanges informels, de travail en réseau et de construction de partenariats. Rassemblant chaque année quelque 300 participants dans un pays ouest-africain, il s’agit du plus grand événement de l’OCDE sur le continent africain.

En cette fin d’année, près de 4,5 millions de personnes vivent dans des conditions alimentaires critiques dans la région. Et d’ici à la période de soudure, mi-2019, ce chiffre pourrait s’élever à 9 millions.

Selon Soumaila Sanou, président du réseau ouest-africain des céréaliers, cette situation s’explique surtout par l’insécurité dans certains pays. « Quand on prend la zone Est du Burkina, le Niger, le Mali, une partie aussi du Nigeria, à cause de l’insécurité, les gens n’ont pas pu faire la production agricole comme ça se devait. »

Des zones sous pression ont aussi subi les aléas du climat. Selon Issoufou Baoua, expert pour CILSS, le Comité inter-État de lutte contre la sécheresse au Sahel, impossible désormais d’ignorer le dérèglement climatique. « Tantôt c’est les baisses de pluviométrie, entraînant des sécheresses, tantôt c’est la hausse du régime pluviométrique qui amène des inondations … Donc, de nouvelles orientations en termes de stratégie d’adaptation sont en train d’être définies. »

Pour Ector Sedar Houssou, expert auprès du CILSS, ce bilan de la situation alimentaire devrait permettre d’appliquer des mesures avant que la crise ne s’installe. « Très rapidement, il faudra mettre des mesures d’assistance alimentaire. Dans un deuxième temps, il faut mener des actions de protection des moyens d’existence, ou de renforcement de leurs capacités de résilience. »

Cet atelier a pour objectif d’informer des journalistes et professionnels des médias en amont sur la Semaine et à encourager leur participation active. Au-delà de l’événement, la démarche vise à développer un intérêt accru pour les questions de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il encourage l’apprentissage mutuel et le réseautage entre journalistes dans un paysage médiatique en pleine mutation.

Moctar FICOU / VivAfrik

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