Le charbon de bois, un combustible de choix pour les ménages démunis en Afrique

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Le charbon de bois est consommé en Afrique sans modération. Même si les organismes gouvernementaux s’engagent à stopper l’utilisation massive de ce produit, le combustible a encore de beaux jours devant lui. Une ONG a dénoncé l’opacité de commerce du charbon de bois et les risques accrus de déforestation qui en découlent en Afrique.

L’utilisation de charbon de bois comme source principale d’énergie est une des causes majeures de la déforestation en Afrique. Bien moins cher que les énergies fossiles pour les ménages, il a encore de beaux jours devant lui. Le poids économique de la filière se chiffre en millions de dollars. Mais la production et la distribution sont aux mains du secteur informel.

Un chiffre. A Kinshasa, rapporte agenceecofin.com, la capitale de la République démocratique du Congo, tout comme à Kisangani,autre grande ville du pays, la consommation de charbon de bois est plus de 12 fois supérieure à la production nationale forestière. La quantité totale de bois énergie pour l’année 2010 à Kinshasa était estimée autour de 4,8 millions de mètres cubes de bois, représentant une valeur de 118 milliards de francs congolais (63 millions d’euros), selon Congo Autrement. Cette différence est le fruit de la coupe illégale.

Car le bois reste la principale source d’énergie de 90% de la population urbaine du Congo. Or, aucune politique nationale ne gère ce secteur. Ainsi, pour la seule ville de Kinshasa, 300 000 personnes travaillent dans la filière informelle, vingt fois plus que dans le secteur forestier officiel.

Combustible des pauvres

Curieusement, ce combustible symbole de ruralité et de farniente dans les pays développés, s’épanouit dans les zones urbaines en Afrique. « La faiblesse du revenu des ménages est probablement le seul facteur qui freine le passage aux combustibles fossiles,au GPL et au pétrole », explique Philippe Girard du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Il ajoute aussi que la consommation de charbon de bois augmente au rythme de la croissance de la population. Le règne du charbon de bois est loin de disparaître.

De nombreux pays d’Afrique tentent de répondre à ce paradoxe que représente la consommation de charbon de bois. A la fois source d’énergie encore incontournable et menace pour l’écologie avec le déboisement qu’il induit.

Ainsi au Cameroun, la demande de charbon de bois atteint 356 000 tonnes, soit 2,5 millions de m³. Ainsi, 18 500 hectares de forêts partent en fumée. On pourrait en protéger le quart en utilisant, par exemple, les rebuts de sciage. L’objectif est de créer un partenariat entre les propriétaires de scieries et les fabricants de charbon de bois.

Des fours à haut rendement

Au Maroc, c’est sur le rendement énergétique du charbon de bois que les autorités se penchent. Ici aussi, c’est l’énergie préférée des habitants qui en consomment six millions de tonnes par an. Les autorités mènent un programme d’équipement des ménages en fours dit « améliorés ».Comme ils sont moins gourmands en combustible, non seulement les familles font des économies, mais à terme 4000 hectares de forêts seraient sauvegardés.

Mais ce n’est pas tout. Si la consommation intérieure pose problème, le marché de l’exportation est également catastrophique pour la forêt africaine. Selon la Libre Belgique, un sac de charbon de bois sur deux vendus dans le royaume vient d’Afrique. Le Nigeria est le plus gros exportateur vers l’Union européenne, tout en ayant le taux de déforestation le plus élevé au monde (5% l’an). Il faut dire que l’Union lui donne un bon coup de main. Car ce produit spécifique échappe à la réglementation sur le bois.

Moctar FICOU / VivAfrik

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