Le Dr Cheikh Tidiane Wade liste les opportunités liées aux changements climatiques

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L’atelier de formation destiné aux professionnels des médias et portant sur l’impact du changement climatique au Sénégal qui s’est déroulé du 12 au 14 décembre 2018 dans l’enceinte d’E-jicom a été l’occasion pour le Dr Cheikh Tidiane Wade de mettre en exergue les opportunités liées aux changements climatiques. 

Le changement climatique regorge des impacts négatifs pour la survie de l’homme à cause de ses  phénomènes extrêmes, imprévisibles et difficilement maîtrisables avec des risques de dommages assez élevés.

Néanmoins, le Pr Cheikh Tidiane Wade relève que le changement climatique crée de nouvelles opportunités de financement dont l’accès permettra aux communautés et aux collectivités territoriales de renforcer leurs stratégies d’adaptation. « Le financement de l’adaptation est l’un des aspects les plus importants des efforts déployés à l’échelle mondiale pour faire face au défi des changements climatiques. C’est un catalyseur essentiel des efforts menés dans les pays en développement pour renforcer leur capacité de résistance aux changements climatiques », a expliqué l’expert environnementaliste lors de l’événement qui vise à promouvoir le respect de l’éthique et de la déontologie ainsi que l’excellence dans les médias au Sénégal, à travers la formation, l’encadrement et le soutien aux jeunes journalistes et qui a pour objectif principal d’améliorer la qualité des productions et des contenus dans les médias.

« Cependant, au niveau des collectivités territoriales, faute, entre autres, de ressources et d’un cadre institutionnel approprié, ces stratégies très souvent innovantes sont rarement capitalisées, valorisées et/ou mises à l’échelle. Aujourd’hui, les ODD ne pourront être mis en œuvre que si des financements sont mobilisés, mais la question centrale demeure évidemment celle de financement d’objectifs dont les horizons temporels sont longs, voire intergénérationnels », a déploré le géographe.

A l’en croire, le financement devra, en ce sens, provenir d’un large éventail de sources, publiques et privées, bilatérales et multilatérales et inclure le recours à des sources alternatives, ainsi que l’accroissement des contributions venant des sources existantes et des flux en provenance du secteur privé.  Outre les sources traditionnelles connues,les collectivités territoriales peuvent recourir aux fonds souverains, à des financements innovants et à des flux privés.

Ainsi, en appui aux finances issues du secteur privé, « l’utilisation optimale des transferts de fonds des migrants peut contribuer à l’accroissement qualitatif et quantitatif des filières agricoles et animales, notamment par la mise en place d’infrastructures rurales, de petites et moyennes entreprises et l’accès à des facteurs de productions de base. A titre d’exemple, les petites et moyennes entreprises situées en zones rurales semi arides peuvent contribuer à la réduction de la pauvreté et stimuler la croissance économique », a-t-il précisé.

L’enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis reconnait que « l’architecture du financement climatique mondial est caractérisée par la multiplicité des sources, sa complexité et son dynamisme. Ces sources peuvent être rangées en trois grands groupes. Les fonds qui passent par les canaux multilatéraux, avec ou sans les procédures de financement de la CCNUCC, ceux de plus en plus nombreux qui empruntent les canaux bilatéraux et enfin,  les fonds climatiques d’origines nationale ou régionale ».

Pour étayer ses propos, M.Wade  titre cite le Fonds vert pour le climat (FVC) qui est le mécanisme financier de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques lancé en 2011. « Le Fonds a pour objectifs de limiter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et d’aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts déjà ressentis des changements climatiques. Il entend apporter une contribution ambitieuse à la réalisation des objectifs d’atténuation et d’adaptation de la communauté internationale, dans le but de maintenir l’élévation moyenne de la température de la planète en dessous de 2 °C. Au fil du temps, le FVC devrait s’imposer comme le principal mécanisme financier multilatéral destiné à soutenir les mesures en faveur du climat dans les pays en développement », a encore détaillé le Pr Wade.

Parmi les opportunités liées aux changements climatiques, il y’a aussi le Fonds d’Adaptation, mis en œuvre depuis 2009, également établi sous la CCNUCC et destiné a financé les coûts de l’adaptation surtout dans les pays en développement, à travers la réalisation de projets/programmes concrets d’adaptation, l’accès peut être direct via les Institutions nationales de mise en œuvre (INM) ou indirect pat l’entremise des sept Institutions multilatérales de mise en œuvre (IMM) que sont PNUD, PNUE, BAD, FIDA, PAM et OMM.

De l’avis du Dr Wade, les institutions de mise en œuvre assurent l’interface entre l’administrateur du fonds et les institutions d’exécution. Elles facilitent notamment les transferts de fonds et supervisent l’élaboration des propositions qu’elles se chargent de présenter au secrétariat du fonds. 

« Le FA est alimenté en grande partie par un prélèvement opéré de 2% sur la vente des Unités de réductions certifiée des émissions (URCE), dans le cadre du mécanisme de développement propre, il a pu drainer un volume financier de 487 millions de $ US, avec le financement de 51 projets, avec un plafond de financement par pays de 10 millions de $. Le Sénégal a pu bénéficier en 2010, sur accès direct via le Centre de Suivi Ecologique  (CSE), première entité nationale de mise en œuvre, le financement du « projet de protection des zones côtières et moyens de subsistance » à hauteur de 8 619 000$ US », a-t-il rappelé.

Moctar FICOU / VivAfrik        

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