La forêt de Johannesburg (Afrique du Sud) menacée par un scarabée

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Des milliers d’arbres dans la forêt de Johannesburg en Afrique du Sud sont détruits par un scarabée qui serait arrivé dans le pays il y a plus d’un an en cargo.  

En Afrique du Sud, la forêt de Johannesburg, l’une des plus grandes forêts urbaines au monde, est en danger de mort. Le responsable est un minuscule insecte venu d’Asie : un scarabée qui tue les arbres à petit feu et laisse les autorités sans réponse.

100 000 arbres détruits depuis son arrivée

Il s’appelle l’Euwallacea Fornaticus et mesure moins de 2 millimètres de long. Il est originaire du Vietnam et est arrivé en Afrique du Sud il y a un an et demi, probablement transporté par un cargo de marchandises. Ce scarabée s’est installé dans six des neuf provinces sud-africaines et plus particulièrement à Johannesburg, une ville très verte qui dispose d’une forêt urbaine implantée dans les quartiers aisés avec quasiment 10 millions d’arbres, précise nos confrères de francetvinfo.fr qui alertent les autorités Sud-africaines. Et en à peine plus d’un an, environ 100 000 arbres de la capitale économique sud-africaine sont morts à cause de ce insecte.

Les scientifiques cherchent à comprendre comment ce scarabée a réussi à détruire autant d’arbres. Le Euwallacea Fornaticus a infecté plus de 80 espèces différentes d’arbres en injectant un champignon dans son écorce. « Le champignon se propage et bloque le système vasculaire de l’arbre », explique Andrea Rosen de l’association Alliance pour la forêt urbaine de Johannesburg. « Cela empêche l’apport en eau et en nutriment vers les branches. Donc c’est comme si on affamait l’arbre ».

Face à la reproduction du scarabée, la situation devient urgente

Le scarabée étonne les scientifiques sud-africains qui n’ont jamais vu une telle résistance, à la fois à des climats différents mais aussi à beaucoup d’insecticides. Et le problème devient urgent à régler car dans chaque arbre infecté, les scarabées peuvent pondre jusqu’à 50 000 œufs.

Pour arrêter l’expansion du phénomène, un groupe d’activistes a proposé la combinaison d’un insecticide et d’un fongicide pour tuer les scarabées, mais son efficacité n’a pas encore été prouvée. Le prix de cette solution a été jugé trop élévé par la mairie, qui ne se voit pas dépenser la somme de 100 euros par an pour chaque arbre infecté.

Vers l’instauration d’« une armée de guêpes »

Autre alternative, l’introduction massive de guêpes, capables de détruire le scarabée tueur. Mais avant de mettre au point cette technique, il faudra au moins deux ans de recherches, selon l’université de Pretoria.

La ville de Johannesburg est complètement démunie, la mairie se contente d’informer pour expliquer comment détecter l’animal ou encore quand couper votre arbre. Elle explique surtout qu’il ne faut pas transporter le scarabée, sous peine d’infecter tout le voisinage. D’après le biologiste Wilhem de Beer, ce serait une catastrophe si le scarabée venait à se reproduire dans les zones rurales. Car si la forêt urbaine de Johannesburg est constituée d’arbres exotiques, qui peuvent être replantés, les zones rurales seraient, elles, décimées pour des décennies.

Moctar FICOU / VivAfrik

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