L’Afrique de l’Ouest, 1er fournisseur et transformateur de cajou en progrès

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L’Afrique ne cesse d’éblouir le secteur de la fourniture et de la transformation du cajou. Une situation qui incite les experts à savoir comment s’est soldée l’année 2018 sur le marché mondial de la noix de cajou ? Pour nos confrères de commodafrica.com, il n’y a pas de bouleversement significatif mais quelques évolutions à observer tant au niveau du commerce des noix de cajou brutes que de la transformation en amande. Ainsi, l’Afrique de l’Ouest renforce sa position de premier exportateur de noix de cajou brute et la Côte d’Ivoire, quatrième transformateur mondial, pourrait supplanter le Brésil cette année à la troisième place.

L’Afrique de l’Ouest gagne des parts de marché à l’exportation

Le commerce de la noix de cajou brute a stagné en 2018 mais l’Afrique de l’Ouest a gagné des parts de marché. En effet, d’après les chiffres donnés par le spécialiste N’Kalô, les trois principaux transformateurs – le Vietnam, l’Inde et le Brésil – ont importé 2,040 millions de tonnes (Mt) de noix de cajou brutes en 2018, soit sensiblement le même montant qu’en 2017 (2,020 Mt), la baisse des importations du Vietnam (- 105 000 tonnes) et du Brésil (-15 000 t) étant compensée par la hausse de celles de l’Inde (+140 000 t).

L’Afrique de l’Ouest est de loin le premier fournisseur de noix de cajou brute avec 1 626 367 tonnes exportées en 2018 et renforce sa position pour représenter près de 80% de la totalité des exportations mondiales contre près de 75% en 2017. Toutefois, le Vietnam, premier transformateur mondial, a vu ses importations de Côte d’Ivoire baisser de 12% en 2018 par rapport à 2017 à 391 106 tonnes tandis que celles en provenance du Cambodge ont progressé de 64% à 146 692 tonnes. Une évolution conforme à la volonté du pays de réduire sa dépendance vis-à-vis du continent africain, qui passe par le développement du commerce avec ses voisins asiatiques, en particulier le Cambodge où les Vietnamiens investissent dans des plantations.

En revanche, suite à une moins bonne récolte 2017/18 et à la nouvelle politique menée par la Tanzanie (voir  La Tanzanie augmente de 94% le prix du cajou et licencie le patron du Board), les exportations de noix de cajou brutes d’Afrique de l’Est ont chuté de 40% à 220 217 tonnes en 2018.

De nouvelles origines, encore très modestes, sont apparues en 2018 sur les marché indien et vietnamien, observe N’Kalô, en provenance notamment du Bangladesh, du Cameroun, du Myanmar et de la Sierra Leone.

Le Vietnam toujours devant pour les amandes

Du côté des exportations d’amandes de cajou, on assiste à un tassement avec 453 992 tonnes exportées, en baisse de 1,5% par rapport à 2017. Le Vietnam conforte sa place de premier transformateur et exportateur mondial d’amande de cajou (voir Fragilisé, le Vietnam demeure le 1er exportateur mondial de cajou) avec des exportations en hausse de 6%  à 373 498 tonnes en 2018. L’Inde, en seconde position loin derrière avec 59 179 tonnes exportées en 2018, en baisse de 33% par rapport à 2017, se concentre davantage sur son marché intérieur, observe N’Kalô. C’est du côté du troisième transformateur et exportateur mondial que des changements sont attendus dès 2019 avec la Côte d’Ivoire qui pourrait ravir la place du Brésil au niveau des exportations avec la montée en puissance de la transformation (voir La transformation des noix de cajou en Côte d’Ivoire progresse de 45% en 2018).

Moctar FICOU / VivAfrik

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