Kenya : un voilier boucle sa 1ère sensibilisation contre les dangers de la pollution marine

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Le voilier, un bateau conçu à l’aide de déchets plastique recyclé, a entamé samedi 15 septembre 2018 son premier voyage entre le Kenya et la Tanzanie pour dénoncer la pollution plastique le long des côtes africaines. Après deux ans de conception et de fabrication, le bateau Flipflopi a quitté le 15 septembre dernier la ville de Lamu, sur la côte nord du Kenya, à une centaine de kilomètres de la frontière somalienne pour se diriger vers l’île de Zanzibar en Tanzanie. Ce voilier de 9 mètres a pour particularité d’être entièrement composé de plastique recyclé. Le fondateur du projet, Ben Morrison, et son équipe de volontaires ont récolté près de 30 tonnes de déchets plastiques pour permettre la construction du navire.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’Environnement, plus de huit millions de tonnes de plastiques échouent dans les océans chaque année, entraînant des effets négatifs sur la faune marine, la pêche et le tourisme. Suffisant pour l’équipage du voilier de vouloir mettre en garde les communautés contre les dangers de la pollution marine à l’occasion de son premier voyage de sensibilisation.

« Le boutre symbolise notre patrimoine. La pollution par les plastiques est l’un des problèmes les plus pressants de notre époque », confié Dipesh Pabari, responsable du projet FlipFlopi, qui a permis la construction du bateau à Jacqueline Ogada Yvonne de scidev.net.

« Ce projet est une réponse à la pollution et montre qu’il est possible de donner une seconde vie au plastique », a-t-il poursuivi.

Joyce Msuya, directrice exécutive par intérim d’ONU Environnement, a pour sa part ajouté : « Les pays africains ont prouvé qu’ils pouvaient prendre l’initiative en matière de protection de l’environnement, en montrant que les déchets plastiques pouvaient être transformés en une richesse plastique ».

Le projet est le fruit d’un partenariat avec la campagne CleanSeas d’ONU Environnement, visant à lutter contre la pollution par les plastiques.

L’expédition comprenait plusieurs arrêts sur les sites des communautés côtières du Kenya et de la Tanzanie, afin de sensibiliser le public aux dangers que le plastique pose aux économies tributaires de la pêche.

Joyce Msuya a déclaré à SciDev.Net que les animaux marins ingéraient des déchets plastiques sur la plage ou dans l’océan.

« Si l’animal survit, les produits chimiques plastiques sont transmis à l’homme par le biais de la chaîne alimentaire. Les scientifiques avertissent que puisque les humains sont au sommet de la chaîne alimentaire, nous sommes les plus gros perdants. Cela peut entraîner des problèmes de santé dangereux tels que des problèmes de reproduction », explique-t-elle.

Selon Leonard Schurg, ingénieur à FlipFlopi, l’équipe a dû relever de nombreux défis, lors de la construction du dhow, de 2016 à 2019.

« Séparer les déchets en différentes fractions utilisables s’est avéré être une tâche ardue, car tout cela a été fait manuellement et il faut beaucoup de connaissances pour identifier rapidement les types de plastique », explique-t-il.

L’ingénieur ajoute que l’insuffisance des fonds et la gestion des différents paramètres qui influent sur la formation de bulles ont constitué un défi majeur.

« Nous avons délibérément choisi de travailler avec des machines très simples et peu coûteuses, afin de faciliter la copie de notre modèle et de démontrer que la construction du boutre n’exige pas des moyens exceptionnels. »

Pendant son séjour à Zanzibar, l’équipe prévoit de sensibiliser davantage de personnes aux dangers de la pollution des océans par les déchets plastiques.

Koleka Mqulwana, haut-commissaire d’Afrique du Sud au Kenya, reconnaît pour sa part, la nécessité d’une éducation accrue sur les déchets plastiques.

« Nous devons nous assurer que l’éducation est cruciale dans nos communautés, qui constituent la source de la pollution », a déclaré Koleka Mqulwana.

Moctar FICOU / VivAfrik

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