La 5ème édition du salon Halieutis bat son plein au Maroc

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La ville marocaine d’Agadir abrite, du 20 au 24 février 2019 la 5ème édition du salon Halieutis sur la pêche, l’aquaculture et l’industrie maritime. Le Salon qui vise la promotion de la pêche enregistre plusieurs délégations africaines représentées par des Ministres chargés du secteur de la pêche. Leur présence témoigne de la volonté d’identifier de nouvelles pistes de coopération dans le domaine halieutique entre le Maroc et les autres pays du continent si l’on sait que l’Afrique ne contribue aujourd’hui qu’à 7% de la production mondiale de poisson.

Invités par le Maroc, des ministres de plusieurs pays européens et africains, ainsi que les plus gros acteurs privés du secteur, se sont réunis pour parler business. Un enjeu de taille alors que le Parlement européen vient d’adopter l’accord de pêche avec le Maroc le 12 février dernier.

Le Salon Halieutis, auquel prennent part plus de 250 exposants d’une quarantaine de pays, propose un cycle de rencontres et de conférences autour de l’actualité, les enjeux et les perspectives du secteur dans un contexte où le développement durable de l’économie océanique est au centre des préoccupations.

Sous d’immenses tentes blanches, des centaines de participants internationaux exposent leurs poissons ou machines de mise en conserve au salon Halieutis d’Agadir. C’est le cas de Patrick Potiron, ingénieur chez Agiltech, qui vend des instruments de géolocalisation. La société française espère s’implanter au Maroc. « C’est un gros marché pour la pêche, dit-il. Le salon, c’est analyser le marché marocain, voir comment ça se passe, l’aspect réglementation… Et trouver un partenaire pour distribuer les produits, voire une implantation ici. »

Favoriser les échanges commerciaux, c’est le but de l’accord de pêche qui vient d’être adopté par le Parlement européen. Il permet à 128 navires européens de pêcher dans les eaux marocaines, en contrepartie de 52 millions d’euros annuels. Il prévoit aussi une pêche durable, comme l’explique l’ambassadrice de l’Union européenne au Maroc, Claudia Wiedey. « Nos accords de pêche sont créatifs. On a des mesures qui, par exemple, bloquent nos bateaux à l’entrée des zones du Maroc ou d’autres partenaires à partir du moment où on a une indication que c’est une menace pour les stocks existants. C’est un secteur d’exportation important pour le Maroc, qui a aussi une importance pour nous consommateurs européens », assure-t-elle.

La « satisfaction de voir ce partenariat se consolider » du ministre Aziz Akhannouch

Un partenariat « gagnant gagnant » selon l’ambassadrice, alors que le Maroc exporte 1,4 milliard d’euros de produits halieutiques vers l’Union européenne. Pour le ministre marocain de la Pêche, Aziz Akhannouch, un seul sentiment prédomine. « La satisfaction de voir ce partenariat se consolider, s’inscrire dans la durabilité et construire une nouvelle approche des relations, notamment avec les régions du Sud. »

Placée sour le thème « Les nouvelles technologies dans la pêche : pour une meilleure contribution halieutique dans l’économie bleue », cette manifestation met également l’accent sur les solutions innovantes susceptibles d’être mises en place par les opérateurs de la pêche maritime et de l’aquaculture.

Désormais, ces accords pourraient être négociés conjointement avec les pays de l’initiative Ceinture bleue. Lancée la veille du salon d’Agadir, cette initiative est soutenue par 22 pays pour une économie bleue en Afrique. Dans ce cadre, le ministre Akhannouch est déjà prêt à s’engager. « Nous, ça a duré beaucoup d’années. Nous avons négocié et conclu un accord. Cette expérience, nous pouvons la mettre à disposition de nos amis africains, car les institutions parlementaires, c’est quelque chose de très complexe. Nous avons une expérience, si on nous le demande, on est là », affirme-t-il.

Une proposition qui a été entendue par les pays africains, comme en témoigne Georges Mba Asseko, de la délégation gabonaise. « Il serait profitable pour les pays africains de négocier aussi ces accords de manière groupée. »

L’Afrique ne contribue aujourd’hui qu’à 7% de la production mondiale de poisson. Selon un bilan donné par le ministre marocain de l’Agriculture et de la Pêche, le royaume a exporté 2,3 milliards d’euros de produits halieutiques en 2017, soit une hausse de 3,4% par rapport à l’année précédente. Le plan gouvernemental Halieutis, qui se termine en 2020, vise un objectif de 3,1 milliards d’euros.

Depuis son lancement, dans le cadre de la stratégie « Halieutis » de développement du secteur marocain de la pêche maritime, ce rendez-vous biennal incontournable en Afrique s’est imposé comme un carrefour d’échanges, de partenariats et de réflexions, constituant un cadre privilégié pour le dialogue entre professionnels.

Moctar FICOU / VivAfrik                  

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