Le Sahel croule sous le poids des changements climatiques

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Le Sahel qui vient de bénéficier d’un plan de plus de 350 milliards d’euros contre le réchauffement climatique est confronté à la sécheresse, à l’érosion côtière, à la déforestation, aux inondations et la liste est longue. Le Sahel, immense espace de 10 millions de Km² et de 500 millions d’habitants, est plus que jamais en proie aux effets quasi-inévitables des changements climatiques. 

L’écosystème dans cette partie du monde est, en effet, de plus en plus fragilisé par le rétrécissement des terres exploitables, des variations imprédictibles des ressources en eau et, dans certaines régions, des conflits interminables entre éleveurs et agriculteurs. Un cocktail explosif qui n’est pas sans incidences graves aussi bien sur les équilibres écologiques et que sur les conditions de vie des populations.

Et les chiffres sont là pour étayer ce constat alarmant. Des études scientifiques préviennent que le mercure augmente 1,5 fois plus vite au Sahel que dans le reste du monde avec une pluviométrie irrégulière et des saisons des pluies de plus en plus courtes. En outre, selon des estimations de l’ONU, près de 80 % des terres agricoles du Sahel se sont dégradées et quelque 50 millions de personnes dépendantes de l’élevage se disputent les terres

Pour éviter le point de bascule, les chefs d’Etat et de gouvernement de 17 pays de la ceinture sahélienne se sont donné rendez-vous, les 25 et 26 février 2019 à Niamey au Niger, pour apposer leur visa sur un plan titanesque « d’investissement climatique » de 400 milliards de dollars, censé sauver le Sahel et, ultra petita, prémunir à tout jamais la résilience de son écosystème.

Outre ce financement, le Sahel compte lutter contre les modifications de la pluviométrie, les sécheresses récurrentes, l’avancée du désert, la raréfaction de l’eau et des pâturages. En termes clairs, des chefs d’Etat des dix-sept pays du Sahel ont adopté le plan d’investissement climatique pour la région du Sahel (PIC-RS) sur la période 2019-2030 de 400 milliards de dollars (plus de 350 milliards d’euros), dont un programme prioritaire. Ce programme prioritaire, qui doit « catalyser les investissements climat », concerne « la période 2020-2025 » et « les chefs d’Etat ont décidé de sa mise en œuvre immédiate ». Les Etats doivent contribuer « à hauteur de 10 % au financement du programme ».

Le sommet a décidé de la création d’un secrétariat permanent basé à Niamey en vue de « coordonner » les projets retenus et censés atténuer les effets du réchauffement climatique au Sahel. La réunion visait essentiellement à valider le « plan d’investissement climatique » pour « la période 2019-2030 », qui concerne dix-sept Etats de la bande sahélienne, allant de l’Atlantique à la Corne de l’Afrique.

D’après le ministre nigérien de l’Environnement, Almoustapha Garba, qui présentait la 1ère Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Sahel sur le climat, ce plan est la « traduction des engagements de nos Etats à travers l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique ». Il est la résultante du travail concerté d’un parterre d’experts provenant des 17 pays concernés.

En plus concret, il s’agit, toujours aux dires du ministre nigérien, d’un « programme prioritaire » ventilé en six projets visant diverses actions sur le terrain pour « limiter » les émissions des gaz à effet de serre et pour permettre aux populations « de s’adapter aux changements climatiques ».

Ce programme prioritaire, qui doit « être mis en œuvre sans attendre », sera soumis aux partenaires techniques et financiers lors d’une table ronde ce mardi à Niamey « en vue de son financement », apprend-on de même source.

Moctar FICOU / VivAfrik

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