La jeunesse du monde dans la rue ce vendredi pour lutter contre le climat

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La vedette de l’initiative destinée à envoyer la jeunesse du monde entier dans la rue ce vendredi 15 mars 2019 pour réclamer aux adultes des actions fortes pour le climat est l’adolescente suédoise Greta Thunberg, instigatrice de la « grève de l’école pour le climat », a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019. 

Dans plus de 100 pays et 1 600 villes, des étudiants, lycéens et parfois collégiens vont sécher les cours pour alerter les dirigeants sur l’urgence climatique. « En 2050 vous serez morts, pas nous. » Les jeunes du monde entier sont appelés à défiler le 15 mars pour alerte sur l’urgence climatique. 

Jusqu’à présent, l’appel à la mobilisation hebdomadaire lancé par la militante suédoise Greta Thunberg, qui brandit seule tous les vendredis depuis l’été sa pancarte « grève de l’école pour le climat » devant le parlement à Stockholm, a été suivi dans quelques pays, notamment en Belgique ou en Allemagne, où les jeunes ont manifesté par milliers.

Ils n’ont plus confiance des responsables politiques mais croient encore en leur propre pouvoir de changer la donne. Vendredi 15 mars, dans plus de 100 pays et au moins 1 600 villes du monde, de l’Argentine à l’Iran, en passant par le Bangladesh, la Chine ou le Nigeria, les jeunes sont appelés à massivement faire grève pour le climat. Suivant l’initiative de l’adolescente suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le changement climatique, des étudiants, lycéens et parfois collégiens s’apprêtent à sécher les cours pour alerter les dirigeants de la planète sur l’urgence climatique.

France, Australie, Japon, Ouganda…      

Mais pour cette « grève mondiale pour l’avenir » du 15 mars, lycéens et étudiants se préparent à quitter leurs salles de classe de Sydney à Paris, de Tokyo à Montréal, de Hong Kong à Kampala. « Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves ! », dit l’appel publié sur Facebook.

Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à un maximum de +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, comme prévu par l’Accord de Paris. Parce que pour l’instant « je n’ai entendu aucune promesse concrète de la part de dirigeants », notait récemment Greta Thunberg. « Ils disent simplement qu’ils vont essayer de faire de leur mieux » mais ce n’est pas assez parce que « notre maison brûle » : « je veux que vous commenciez à paniquer », insistait l’adolescente de 16 ans.

Selon FridaysforFuture, nom du mouvement de cette nouvelle égérie du climat, plus de 1 000 rassemblements sont prévus dans une centaine de pays. Difficile toutefois de savoir si les jeunes seront plus d’une poignée dans beaucoup de ces villes.

« Ce moment est très important, pas seulement en terme du nombre de jeunes gens qui feront grève, mais pour les conversations que cela va provoquer dans les familles, entre amis, et dans les écoles », commente Karen O’Brien, sociologue de l’université d’Oslo. « Le test du mouvement ne sera pas la taille de la foule qu’il peut mobiliser le 15 mars, mais dans les actions prises dans la société en réponse à la crise climatique », poursuit-elle.

« Le futur des enfants »

« Je ne veux pas vivre dans un monde avec un réchauffement de plus de 3 °C où l’on doit sortir avec des masques anti-pollution, et assister à des migrations de masse et des extinctions d’espèces. Déjà chez moi, la fonte des glaciers s’est fortement aggravée », s’inquiète Loukina Tille, lycéenne suisse de 17 ans, qui se joindra à la marche organisée à Lausanne vendredi.

A Vienne, en Autriche, les jeunes défileront dans le centre-ville avec des arrêts devant les ministères de l’environnement, des transports et de l’éducation. « La prise de conscience des hommes politiques n’est pas suffisante : s’ils se couchaient le soir avec les mêmes craintes que mes amis et moi, ils feraient tout ce qu’il faut pour arrêter la crise climatique », estime l’étudiant Maximilian Fuchslueger

« Les électeurs de demain »

En clair, ces jeunes ont-ils une chance de faire bouger les choses ? « Ce sont les électeurs de demain », ils sont regardés « avec intérêt » par les partis politiques et les groupes intérêt, répond Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). « Ce n’est pas anodin ».

Plusieurs responsables politiques, en Allemagne, au Royaume-Uni ou à Hong Kong, ont bien essayé de renvoyer ces jeunes à leurs études, certains évoquant des conséquences en cas d’école buissonnière.

« Bien sûr, il y en a qui ne nous prennent pas au sérieux, en disant qu’on est jeune et qu’on ne sait pas de quoi on parle », constate Adélaïde Charlier, lycéenne belge de 18 ans. « Moi je leur dis que justement on s’informe, et en s’informant on a remarqué qu’on était loin de nos buts, qu’on n’était pas sur la bonne route, qu’on est en train de foncer dans le mur », ajoute la jeune fille, estimant malgré tout que leur « cri » est « de plus en plus » pris au sérieux.

En France, le ministre de l’Education nationale a appelé à des débats sur le climat dans les lycées ce même vendredi. Un « geste désespéré pour tenter d’étouffer les contestations », a dénoncé le collectif Youth for Climate France.

Un mouvement plus large

L’ONG 350.org qui soutient la mobilisation espère, elle, qu’il y aura « un avant et un après » 15 mars. « Cette grève mondiale sera un tournant dans l’histoire mondiale, un moment où les adultes apprendront à suivre leurs enfants, pour un vrai changement », estime Nicolas Haeringer.

Mais cette mobilisation des jeunes s’inscrit aussi dans un mouvement citoyen plus large pour le climat, avec des actions de désobéissance civile ou des recours en justice comme la plainte pour « inaction climatique » qui doit être déposée jeudi 14 mars à Paris contre l’État par quatre ONG soutenues par plus de 2 millions de pétitionnaires. « Ce qui est important, c’est de voir la conjonction […] la mobilisation des jeunes, les recours juridiques, les logiques d’évaluation des politiques publiques, les défenseurs de cause comme Greta », commente Sébastien Treyer.

« La situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est unique. Nous sommes la dernière génération à avoir une chance réaliste de prévenir une catastrophe climatique », prévient Linus Steinmetz, l’un des porte-parole du mouvement « Fridays for Future ». L’élève de 15 ans, qui vient de Göttingen en Allemagne, en veut pour preuve le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui appelle à diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 pour éviter des conséquences désastreuses. « Nous avons moins de douze ans pour effectuer les changements nécessaires, mais nous en avons les moyens », veut-il croire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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