Une plainte contre la Guinée auprès de la BM pour exploitation de la bauxite

0

Après l’organisation Human Rights Watch (HRW) qui avait dénoncé en octobre 2018, les conséquences néfastes sur l’environnement et les populations en Guinée de la « croissance fulgurante » de l’exploitation de la bauxite, principal minerai permettant la production d’aluminium, c’est treize villages du pays attrait la Guinée auprès de la Banque mondiale (BM).

En effet termes clairs, treize villages de la région minière de Boké ont déposé une plainte auprès de la Banque mondiale pour dénoncer les conséquences de l’exploitation de la bauxite. Les plaignants saisissent en fait le médiateur d’une branche de l’organisation, qui finance la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG). Ils estiment que l’entreprise CBG ne respecte pas les lois nationales et internationales. Puisque la Banque mondiale a accordé un prêt à la CBG en 2016, les habitants de ces villages miniers estiment que l’organisation internationale doit s’impliquer pour faire respecter leurs droits.                

L’exploitation de la bauxite porte préjudice aux habitants des villages situés aux alentours de Sangaredi, dans l’ouest de la Guinée. C’est le point de départ de l’action menée par treize de ces villages qui s’adressent directement à la Banque mondiale. En fait, la procédure concerne la SFI, l’une des branches de la Banque mondiale qui a accordé il y a trois ans un prêt de 135 millions de dollars à la Compagnie des bauxites de Guinée pour un projet d’expansion.

A ce titre, précise la plainte déposée en février, la SFI doit s’assurer que le projet respecte les normes sociales et environnementales. Or, selon les habitants des treize villages concernés, c’est loin d’être le cas. Ils expliquent avoir été expropriés des terres qu’ils cultivaient sans informations et sans indemnisations suffisantes, et ils déplorent la pollution causée par les activités minières, en particulier la pollution de l’eau. Comme en témoigne un habitant du village de Hamdallaye, qui doit être bientôt déplacé. Mamadou Lamarana Bah assure que le site sur lequel le village doit être réinstallé ne permettra pas aux agriculteurs de travailler correctement car il ne dispose d’aucune ombre.

C’est une zone où même pendant la saison pluvieuse, vous ne verrez aucune feuille, a laissé entendre Mamadou Lamarana Bah, habitant de Hamdallaye. A sa suite, les habitants précisent dans la plainte que la CBG a détruit des cultures sans préavis, y compris depuis que la SFI, la branche de la Banque mondiale, soutient le projet.

Après plusieurs missions de terrain, Ibrahima Kalil Bamba, l’un des responsables de l’ONG Cecide, qui accompagne les plaignants, a pu observer une série de problèmes aux alentours de Sangaredi.

Il y a des manquements dans la démarche et dans les opérations de la CBG vis-à-vis de ces communautés. Par exemple, le manquement à la fourniture de moyens de remplacement pour les cultures ou les terres perdues ou acquises par la CBG. Il y a aussi le manquement en ce qui concerne l’indemnisation ou la compensation juste et équitable de terres ou de moyens de subsistance…

Ibrahima Kalil Bamba, l’un des responsables de l’ONG Cecide, qui accompagne les plaignants

C’est la raison pour laquelle ils ont saisi le médiateur de la SFI. L’objectif de cette démarche pour les habitants est d’obtenir des réparations et des compensations.

Moctar FICOU / VivAfrik               

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here