Le monde rural des Comores égraine ses maux

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Les difficultés du monde rural Comorien se sont invitées dans campagne électorale en vue de l’élection présidentielle anticipée le 24 mars 2019. S’il est très peu sollicité en dehors des périodes électorales, il n’en a pas moins de vives préoccupations. Les agriculteurs se sentent abandonnés. Un tour de nos confrères de RFI à Mboudé, une localité située à 42km au nord-est de la capitale permet de mettre en exergues les maux de ces cultivateurs.

Les agriculteurs ne comprennent pas qu’il y ait mille projets qui ne voient jamais le jour et se plaignent principalement de l’insécurité qui règne dans les champs. « Le responsable de l’agriculture est celui qui devrait venir vers nous, réfléchir avec nous, pourtant on ne le voit pas. Les budgets de l’agriculture sont là, mais ils disparaissent. Ça part dans les poches des uns et des autres. Ici on cultive des bananes, du manioc, du maïs, mais les voleurs se servent, les cabris et les bœufs aussi. Il n’y a aucun respect de notre métier. Aujourd’hui c’est la neuvième nuit que je passe à monter la garde sur mes terres jusqu’à l‘aube. Sinon on se lève le matin et il n’y a plus rien. On ne gagne plus rien. »

La classe politique dans son ensemble est perçue comme un monde de l’entre-soi dont les paysans sont exclus d’office. « C’est pas une vie. Chaque élu vient d’un clan, c’est comme ça que ça marche au gouvernement : ils aident leur famille et leurs amis. C’est comme ça que fonctionne le pays. Du coup, nous on doit attendre d’avoir un des nôtres parmi eux. Nous autres on n’a pas fait d’études. On voit des gens qui ont des doctorats qui ne trouvent pas de travail alors quelqu’un comme moi qui cultive… C’est pour ça que ce pays n’avance pas. »

Le président ayant pris un congé pour faire campagne, l’intérim est assuré par le ministre en charge de l’Agriculture.     

Moctar FICOU / VivAfrik                                 

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