« Les sociétés sont appelées à se transformer », dixit Dr Selly Ba

0

Dans le cadre de ces activités du mercredi, Ejicom en partenariat avec la Fondation Heinrich Böll Sénégal a organisé le 8 mai 2019 un panel sur le thème : « La place du genre dans le développement durable ». Venue animer ce panel, la Sociologue et experte en développement, Dr Selly Ba a insisté sur le rôle du genre dans le développement durable.  

De l’avis de Dr Ba, toutes les couches sociales doivent être intégrées dans les instances de prise de décision afin de respecter le principe d’équité qui consiste, à ses yeux, de « donner à autrui ce don il a besoin » car les questions d’identité transforment l’espèce humaine. « Les sociétés sont appelées à transformer dans la mesure où elles sont des sociétés ouvertes en phase avec d’autres communautés et des systèmes d’emploi. Ces sociétés perdent certaines valeurs et acquièrent d’autres », a laissé entendre la conférencière.  

Trop souvent les femmes apparaissent minoritaires au sommet alors qu’elles sont majoritaires à la manœuvre, comme salariées ou bénévoles. Il est temps, selon Me Ba que ce secteur, qui se veut exemplaire sur le plan social et environnemental, montre également l’exemple sur le plan de l’égalité femmes-hommes et du gendermainstreaming. En se lançant dans cette démarche, les associations s’approprient ainsi l’Objectif de développement durable n°5 de l’Agenda 2030 : « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».  

A en croire l’hôte d’Ejicom, les sociétés sont en train d’être transformées et les hommes et les femmes ont leur part de responsabilité dans ce processus. Sachant que le genre n’est pas une question de femme mais une question de justice sociale, d’égalité, une question qui renseigne sur la manière qu’il faut tisser des alliances stratégiques pour atteindre le développent humain durable. Dans une société fortement transformée, le constat est que les femmes sont de plus en plus dans l’espace public.

« Le développement de l’être humain doit être au centre de tout pour atteindre le développement humain durable attendu et le processus de construire l’être humain, le patriote, ou le citoyen doit animer tout le monde car on a parfois de bonnes politiques mais pas de bons citoyens », a soutenu l’experte en développement.

Poursuivant son argumentaire, elle affiche son adhésion à la conviction d’Antoinette Brouyaux. « Le genre, levier d’une transition juste vers une société durable et égalitaire ? En tout cas, le chemin est aussi important que le but : le défi est de permettre à toutes les composantes de la société d’y contribuer, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes et personnes de diverses origines, y compris les plus précaires. En passant par des modes de gouvernance qui font la part belle à l’intelligence collective… et paritaire ! »  

Sous un autre registre, Dr Selly Ba a laissé entendre que « l’Agenda africain 2063 est beaucoup plus ambitieux que l’agenda 2030 ». Ajoutant que « pour moi, 2030 et 20163 sont connectés parce que ce sont des problématiques qui sont posées dans 2030 que vous allez retrouver dans 2063, donc il y a une continuité intrinsèque entre ces deux agendas ».

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here