Le Gabon promet des « peines exemplaires » contre des voleurs du bois précieux

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La présidence gabonaise est enfin sortie de son mutisme suite aux vols de bois précieux promettant, lundi 13 mai 2019, des « peines exemplaires » contre les responsables du vol de centaines de conteneurs de kévazingo, un bois précieux interdit d’exploitation et vendu à prix d’or en Asie.

Un fait inédit avait secoué la République du Gabon fin février et début mars de l’année en cours. En effet, près de 5 000 mètres cube de kévazingo avaient été découverts dans deux sites d’entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d’Owendo. Une partie de ce bois rare d’Afrique centrale et très apprécié en Asie était chargée dans des conteneurs sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et forêts indiquant une cargaison d’okoumé, une essence de bois dont l’exploitation est autorisée par la loi gabonaise. Cette découverte de documents falsifiés a précipité l’arrestation du responsable de ce ministère au port et son équipe. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans ce trafic qui se chiffre à plusieurs millions d’euros.

Un communiqué de la présidence dans un communiqué rendu publique lundi passé a rappelé que « le 30 avril dernier, la disparition de 353 conteneurs, sur un total de 392 placés sous-main de justice, avec à l’intérieur du kévazingo, une essence précieuse, a été constatée ».

Selon le document transmis à la presse, le président du Gabon, Ali Bongo « souhaite que des peines exemplaires, une fois les responsables identifiés et confondus, soient prononcées. Il ne doit y avoir ni faiblesse, ni impunité, ni passe-droit, quel que soit le rang des personnes concernées, des individus impliqués ».

Se prononçant sur le travail de la justice, le texte notifie que le président « prendra toutes les mesures qui s’imposent, sur le plan administratif comme politique. Si des responsables, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, ont failli, ils seront durement sanctionnés. Notre bras ne tremblera pas. La corruption n’a pas sa place au Gabon ».

Le quotidien progouvernemental : l’Union s’est également gaussé lundi de cette situation dans son édito. « Inimaginable. Inconcevable. Incroyable (…). Un ou deux containers de piqué, ça passe. Mais des centaines, ça, ils ont fait forts. Même le plus talentueux des magiciens ou le plus grand vodouisant n’aurait jamais réussi ».

Le Gabon est un pays recouvert à près de 80% par la forêt. Le secteur forestier est l’un des piliers historiques de son économie avec 60% du Produit intérieur brute (PIB) (hors hydrocarbures).

Rappelons que le pays dirigé par Ali Bongo fait face à une surexploitation de ces ressources forestières. Un drame qui avait contraint, fin mars dernier, une ONG britannique à dénoncer, dans un rapport les pratiques illégales d’un groupe chinois à l’origine d’un vaste trafic d’exploitation de bois au Gabon et au Congo, accusant notamment plusieurs personnalités politiques et agents de l’administration d’être impliqués.

Moctar FICOU / VivAfrik

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