Verdir le tourisme bleu : la nécessaire transition vers un tourisme côtier et maritime durable pour protéger nos océans et le climat

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Un nouveau rapport, qui sera présenté lors du Blue Tourism Forum qui se tiendra à Paris le 20 juin 2019, souligne la nécessité d’améliorer le suivi, la coopération et les schémas de gouvernance entre l’industrie du tourisme, les décideurs et les communautés locales, afin de réduire considérablement l’impact du tourisme côtier et maritime sur l’environnement, en particulier sur les ressources océaniques, aériennes, terrestres et aquatiques, tout en assurant sa résilience aux événements climatiques et en augmentant sa contribution au développement durable.

Représentant 10% du PIB mondial et de l’emploi, les voyages et le tourisme constituent l’une des plus grandes industries du monde, soutenue par une croissance de 3,9% en 2018, bien au-dessus de la croissance moyenne du PIB mondial (3,2%). Si un tourisme bien planifié peut être une source de revenus, d’emplois et de dynamisme économique, le tourisme de masse exerce, lui, de fortes pressions sur les écosystèmes côtiers subissant déjà une forte pression anthropique. En effet, le tourisme international génère déjà 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement par le biais du transport aérien. Par ailleurs, il est une source majeure de gaspillage, de déchets, de pollutions marines, de surconsommation d’énergie et d’eau et d’artificialisation des sols, ce qui contribue in fine à l’effondrement de la biodiversité, à la réduction de la résilience aux événements climatiques et à la fragilisation des écosystèmes. Les impacts négatifs du tourisme de masse, provoqués par l’émergence des croisières de luxe et le développement des stations balnéaires dans le monde, mettent en péril les moyens de subsistance de millions de personnes vivant sur les côtes, fortement tributaires de la qualité de l’océan et des ressources naturelles pour leur sécurité alimentaire et l’accès à l’eau. Les destinations en forte croissance, généralement situées dans des pays vulnérables et ayant des ressources techniques, financières ou politiques insuffisantes, ont une capacité très limitée d’adaptation aux conséquences du changement climatique telles que l’élévation du niveau de la mer, les inondations, les incendies ou les tempêtes, et ont une faculté réduite à diminuer la pollution de l’environnement ou l’épuisement des ressources naturelles.

Impacts environnementaux et sociaux du tourisme de masse

Ce rapport fournit une évaluation de l’état du tourisme côtier et maritime dans le monde, en se concentrant sur les principales régions marines telles que la Méditerranée, les Caraïbes, le Pacifique et l’océan Indien. Il identifie les principaux acteurs, les tendances futures, les problèmes communs et un ensemble de solutions pour verdir le tourisme bleu dans les resorts, hôtels, croisières et établissements d’éco-tourisme.

Tourisme côtier et maritime durable

Jeremie Fosse, président de l’association eco-union et co-fondateur de l’initiative déclare : « l’industrie touristique côtière et maritime, qui est l’un des secteurs économiques connaissant la plus forte croissance au monde et soutenue par de grandes entreprises internationales, doit réduire considérablement son impact environnemental négatif sur les écosystèmes naturels tout en augmentant ses bénéfices sur les communautés locales afin de garantir sa propre durabilité économique sur le long terme ».

Julien Rochette, du programme océan de l’IDDRI et co-fondateur de l’initiative, souligne « le besoin d’un renforcement de la coopération à l’échelle régionale et globale pour rendre le tourisme compatible avec les engagements internationaux comme les Objectifs Développement Durable (ODD) et l’Accord de Paris sur le climat. »

L’initiative Blue Tourism

A travers l’initiative Blue Tourism, un groupement d’organisations internationales de la société civile coordonné par l’association eco-union, le think-tank IDDRI et l’ONG Planète Mer, avec le soutien de l’ADEME et du Fond français pour l’environnement mondial (FFEM), vise à améliorer la durabilité environnementale et sociale du tourisme côtier et maritime grâce au développement de projets innovants sur le terrain comme des labels écologiques, des programmes de sciences participatives et des mécanismes de gouvernance autour de trois régions marines vulnérables: la Méditerranée, l’océan Indien occidental et les Caraïbes.  

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