La pêche africaine entre inquiétude et piraterie

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Des centaines de poissons ont été retrouvés morts courant juillet sur une partie du fleuve Ogooué, près de Lambaréné, provoquant l’inquiétude des populations. Le gouvernement a interdit lundi la pêche dans la zone impactée et une enquête a été lancée pour déterminer les raisons de ce phénomène. La photo a fait la Une du journal national L’Union lundi : des poissons, morts, flottant sur l’eau. Le phénomène, qui ne se résumait début juillet qu’à quelques carcasses, s’est depuis accéléré. Au total, plusieurs centaines de poissons sont morts mystérieusement dans le fleuve Ogooué, près de la ville de Lambaréné. Que leur est-il arrivé ? Une question qui reste pour le moment sans réponse et qui a poussé le gouvernement à prendre des mesures. Lundi, le gouvernement a interdit pour quinze jours la pêche dans la zone touchée, et la population a été invitée à éviter la consommation de poissons provenant de la région, dont le fleuve descend jusqu’à Port-Gentil, la deuxième ville du Gabon. À Lambaréné, « il n’y a plus de carpe sur le marché, se désole Guy-Philippe Sounguet, auteur d’un rapport de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et qui réside dans cette ville. La commercialisation du poisson a considérablement baissé parce que les pêcheurs croient que la mesure concerne toute la province et ont peur des représailles ». Même méfiance à Libreville où, alors que les pêcheurs ne sont pas touchés par cette mesure, les consommateurs sont devenus vigilants, car l’on peut trouver dans les marchés du poisson provenant de la zone touchée, lit-on dans les colonnes de jeuneafrique.com.

L’Afrique de l’Ouest sous le diktat de la piraterie  

Les eaux du golfe de Guinée sont les plus dangereuses du monde, selon Bureau maritime international. La piraterie maritime dans le golfe de Guinée est une « menace pour tous les pays », au moment où le continent a adopté un traité de libre-échange (Zeclaf) pour stimuler le commerce intra-africain, a déclaré, mercredi 24 juillet, le ministre ghanéen de la défense, Dominic Nitiwul, lors d’une rencontre internationale à Accra. « Les menaces à la sécurité et à la sûreté maritimes transcendent les frontières et affectent le commerce international. Une menace pour un pays côtier est une menace pour tous les pays, côtiers ou enclavés », a-t-il dit. « La mer est l’autoroute du commerce mondial et la volonté de l’Afrique (de créer) une zone de libre-échange continentale ne peut aboutir sans un domaine maritime sécurisé. » Le ministre a rappelé que le secteur maritime constituait l’épine dorsale de l’économie du Ghana, dont les ports voient transiter 80 % du commerce international du pays. La zone de libre-échange continentale doit à terme constituer un marché de 1,2 milliard de personnes et permettre de faire passer les échanges intra-africains de 15 % à 60 %, selon l’Union africaine, renseigne journaluniversitaire.com.

« Nette diminution »

La rencontre d’Accra rassemble experts et hauts responsable américains et africains de la marine, pour renforcer la lutte contre la piraterie maritime, mais aussi la pêche illégale et les activités criminelles comme la contrebande ou le trafic de drogue. Les eaux du golfe de Guinée sont les plus dangereuses du monde, selon le Bureau maritime international (BMI). Au total, 73 % des enlèvements et 92 % des prises d’otages en mer recensés par le BMI ont lieu dans cette zone, notamment au large du Nigeria, de la Guinée, du Togo, du Bénin et du Cameroun. Dix marins turcs ont été enlevés à la mi-juillet par des hommes armés au large de la côte nigériane, où les enlèvements pour rançon sont fréquents. Les attaques dans la région semblent toutefois en « nette diminution » en raison de la mobilisation d’un plus grand nombre de navires militaires contre les pirates. Le Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, a fait état de quatorze attaques de piraterie au premier trimestre de cette année, contre vingt-deux pour la même période en 2018, ajoute le journal.

Un bateau indien comptant 11 membres d’équipage neutralisé par les pirates Somaliens

Des pirates somaliens se sont emparés d’un bateau indien comptant 11 membres d’équipage, la troisième attaque du genre en moins d’un mois, a-t-on appris lundi auprès du propriétaire du navire et d’une source sécuritaire somalienne. Le Al Kausar convoyait des denrées alimentaires (blé, sucre…) de Dubaï vers le port de Bossasso dans le nord-est de la Somalie, en passant par un port du Yémen, quand il a été attaqué, a indiqué à l’AFP le propriétaire indien du bateau, Isaak Them. « Le navire a été détourné vendredi (31 mars) en haute mer. L’un des membres d’équipage m’a appelé samedi soir pour m’informer du détournement », a-t-il déclaré. « Nous avons demandé à ceux qui ont chargé leur cargaison dans le navire à Dubaï de s’efforcer de sauver notre équipage et notre navire », a-t-il ajouté. Adam Them, le président de l’Association des marins de Kutch, dans l’état indien du Gujarat (ouest), d’où provient le bateau, a affirmé à l’AFP que les pirates avaient déjà réclamé le paiement d’une rançon. « Nous avons reçu aujourd’hui un appel d’un des membres d’équipage disant que les pirates demandaient de l’argent aux propriétaires de la cargaison », a-t-il dit, relaye pour sa part voaafrique.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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