Le suivi de nos plants se fait beaucoup plus dans les villages et les écoles, souligne Mariama Diallo

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La coordonnatrice des projets de l’Organisation non gouvernementale (ONG) Nébeday, Mariama Diallo a affiché toute sa désillusion quant au taux de survie des plants reboisés par sa structure. Mme Diallo s’exprimant le 4 août 2019 à Toubacouta sise dans la région de Fatick (ouest du Sénégal) lors de la marche verte symbolique de son association qui clôture une semaine nationale de l’arbre de cette ONG qui s’inscrit dans le cadre de son opération 600 000 arbres. Cette marche verte est organisée le jour de la célébration de la Journée nationale de l’arbre.

L’ONG Nébeday a revu à la hausse les plants qu’elle compte reboiser cette année sur tout le territoire sénégalais. Comme tous les défenseurs de l’environnement, Mariama Diallo s’est montrée peu optimiste sur la protection totale des plantes reboisées. « Le taux de survie est le plus gros problème des reboisements, c’est lié au suivit même des reboisements. C’est facile de reboiser mais c’est extrêmement compliqué de faire un suivit », s’est désolé la coordonnatrice des projets de Nébeday.

A l’en croire, le suivit des plants est « beaucoup plus facile dans les villages et les écoles ». Dans ces lieux, on s’occupe des arbres tous les jours et qu’ils poussent bien. Par contre, dans les forêts, il est difficile de les suivre surtout de les localiser. « En forêt, c’est difficile de retrouver un arbre planté. Les arbres font aussi face à la pénurie d’eau car il pleut de plus en plus très peu. Cette situation engendre le déficit d’eau dans les forêts, ce qui fait que malheureusement, le taux de reprise reste un peu faible. A ces maux, s’ajoutent la divagation des animaux qui détruisent nos plantations. Mais les très bons taux enregistrés dans les écoles, les villages et les villes nous permettent de compenser ces pertes », a-t-elle confié.  

Ajoutant que son organisation mise sur les espèces résistantes, qui ne consomment pas beaucoup d’eau pour faire face à cette pénurie d’eau et aux menaces climatiques.

Si l’on se fie à ses dires, l’ONG Nébeday fait une évaluation en essayant de voir comment faire augmenter ce taux de reprise ou taux de survie. Depuis une année, l’association a mis en place un site baptisé « reboisonslesénégal.org », une plateforme qui permet à Nébeday d’enregistrer les arbres plantées avec ses coordonnées GPS et l’ensemble de ses références. « Si demain, on veut voir les arbres qui ont pris dans la forêt de Sangako, là où on plante souvent, on regarde tout simplement les coordonnées GPS qui nous permettent de nous rendre sur place et de voir si l’arbre à survécu ou pas », a expliqué la Coordonnatrice des projets de l’Organisation non gouvernementale Nébeday.

S’agissant des zones privilégiées pour mener des opérations de reboisement, elle soutient que sa structure intervient plus dans les périmètres agro-forestiers, dans les champs où certains arbres sont des fertilisants et réduisent du coup l’utilisation des pesticides ou des engrais chimiques. Dans ces zones, le taux de reprise se situe presqu’à plus de 90% voire 100%.    

De son côté, Daouda Bodiang, le chef de village de Firdawsi qui planté le premier arbre lors de cette marche verte a magnifié cette vision de Nébeday. « Nous ne pouvons pas mesurer notre joie. C’est inimaginable qu’un jour, notre village sera considéré comme tel et être le point de départ d’une marche verte comme celle-ci », s’est-il réjouit. « L’ONG Nébeday nous apprend à connaitre l’arbre et son rôle. Les arbres attirent la pluie, nous sommes majoritairement agriculteurs. C’est pourquoi nous remercions sans cesse Nébeday. Mais en tant que chef de village, je pu vous garantir que ces arbres seront très bien suivis ».    

Hadidiatou Ba ne dira pas le contraire. « J’ai pris part à plusieurs opérations de reboisement. J’étais loin d’imaginer qu’un jour mon village sera désigné comme point de départ d’une marche verte d’une telle ampleur. Je souhaite une longue collaboration entre Nébaday et nos autorités locales pour qu’on puisse revivre d’autres moments plus fantastiques », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, Yaya Sané, président de l’association « Sénia Kaffoo », une association qui a pour mission d’assainir toute la commune de Toubacouta, l’ONG Nébeday a impacté positivement sur la préservation de l’environnement. « Nous allons à la base pour installer des comités locaux dans tous les six quartiers de la commune. Tous ces comités ont pour rôle assainir Toubacouta. L’honorable député, Pape Seydou Diancko a sorti un arrêté où il mentionné que chaque mois, les points sensibles de la commune seront nettoyés. Aujourd’hui, les résultats sont visibles partout. Cela fait maintenant deux mois que la commune s’est débarrassée de toutes ses ordures. Ses initiatives sont prises au niveau local et la jeunesse n’a pas hésité à y adhérer », a-t-il expliqué. Ajoutant que l’enfant est l’avenir de l’humanité, d’où la nécessité de prôner l’acte écologique chez cette couche sociale.

Moctar FICOU / VivAfrik      

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