Le Sénégalais Baba Dioum et l’Ougandaise Emma Naluyima co-lauréats de l’Africa food prize

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L’Africa food prize a été remis cette semaine à l’occasion du Forum pour une révolution verte en Afrique, au Ghana. Ce prix récompense les innovations qui vont dans le sens d’une nouvelle époque alliant sécurité alimentaire et opportunités économiques. Parmi 200 candidats, deux personnalités se sont distinguées, le Sénégalais Baba Dioum et l’Ougandaise Emma Naluyima. Emma Naluyima a commencé à jardiner jeune, pendant ses vacances, sur le terrain de ses grands-parents. Mais, ce n’est pas sa première profession. Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria et président du comité de l’Africa Food prize le souligne, elle a plusieurs casquettes : « Le docteur Emma Naluyima a un métier libéral et en plus de ça, elle produit et en plus d’être une exploitante agricole, ajoute-t-il encore, c’est quelqu’un qui a des idées et une habileté qui provoquent de l’émulation et poussent les autres à faire pareil. » Vétérinaire, elle a entre autre travaillé au Centre national de ressource génétique animale. Egalement sur son CV en ligne, un passage à la ferme laitière personnelle du président ougandais, Yoweri Museveni ou encore à la Croix rouge avant d’arrêter un temps de travailler. « J’ai donné naissance à des jumeaux prématurés, raconte-t-elle lors de la présentation des vainqueurs de l’Africa food prize. Et j’ai dû arrêter de travailler pour prendre soin d’eux. Tout ce que je faisais de ma journée, c’était mettre de la nourriture sur la table. » La nourriture, elle la produit maintenant sur sa petite exploitation, non sans satisfaction. « Quand j’ai commencé l’exploitation, peut-être parce que j’ai fait des études et que je me suis basée sur la science, cela s’est mieux passé que je ne l’espérais », relate rfi.fr.

Une plateforme de formation en ligne pour les entrepreneurs bientôt opérationnelle en Afrique australe

Une plateforme de formation en ligne destinée aux entrepreneurs sera ouverte le 13 septembre 2019. Dénommée TechTribe Accelerator (TTA), la plateforme veut offrir des sessions d’incubation en ligne à des milliers de chefs d’entreprise. La première admission concerne les ressortissants du Botswana, du Malawi, de la Namibie, d’Afrique du Sud, de la Tanzanie et de la Zambie, avant de s’étendre à d’autres pays. L’objectif de cette plateforme est de résoudre le principal problème des entrepreneurs africains qui, selon les responsables du projet, est le manque de formation. Au Cameroun par exemple, une étude de l’Institut national de la statistique (INS), publiée en 2018, sur l’état des lieux des entreprises, révèle que 51% des entreprises ont des promoteurs ayant au plus le CEP/CEPE/FLSC et 20% sont sans diplôme. Trois principaux rôles sont assignés au TTA. Il s’agit de former les entrepreneurs, les mettre en relation et leur favoriser l’accès au financement. La plateforme est destinée aux entreprises à impact basé sur la technologie et la propriété intellectuelle. Pour cette première vague, 100 entrepreneurs seront sélectionnés parmi les postulants. Le début de la formation est prévu pour janvier 2020 et durera 7 mois. L’initiative est financée par le Programme d’appui à l’innovation en Afrique australe. Elle a également bénéficié de la collaboration du NEPAD, d’Impact Amplifier et du Sommet de l’innovation en Afrique du Sud, note agenceecofin.com.

« Il n’y a pas une seule façon de faire de l’innovation ouverte »

Quelles sont les grandes caractéristiques de l’innovation ouverte? Les Affaires ont interrogé Elsa Bruyère, entrepreneure, cofondatrice de la Fabrique agile et facilitatrice en innovation ouverte, à ce sujet. Voici ses réponses. Personnellement, je me réfère toujours à la définition de Henry Chesbrough, professeur à l’Université Berkeley [en Californie], qui évoque quatre grands principes d’innovation ouverte : les experts ne sont pas toujours à l’intérieur des entreprises, il est moins important d’être premier sur le marché que d’obtenir une adhésion de celui-ci, mieux vaut réutiliser de l’existant que de tout réinventer et, finalement, la propriété intellectuelle peut être partageable. Toutefois, il n’y a pas une seule façon de faire de l’innovation ouverte. C’est un spectre qui couvre plusieurs degrés. D’ailleurs, on fait souvent référence à l’escargot de l’innovation ouverte : cela commence par la production participative d’idées et cela peut aller jusqu’aux communs technologiques, avec les codes sources ouverts par exemple. Elle a aussi évoqué les avantages principaux de l’innovation ouverte.  Le premier, c’est de diminuer le risque. Surtout pour les entreprises qui n’ont pas une culture très innovante. Celles qui n’ont pas assez d’experts en interne et qui ne savent pas dans quelle direction aller. Pour les entreprises qui sont très innovantes, l’avantage est au contraire de pouvoir stimuler leurs compétences internes. C’est en effet une façon de former en continu ses équipes en les confrontant avec le meilleur de l’expertise et de la technologie. Ce qui peut également avoir un effet sur la rétention des talents. Parmi les autres bénéfices, on peut ajouter que l’innovation ouverte évite de devoir commencer un projet de zéro, alors qu’une solution existe déjà. C’est le modèle fréquent des relations entre un grand groupe et une start-up. C’est aussi une façon d’aller sur le marché très vite, sans sortir de son métier. Par exemple : je suis un diffuseur de contenus, de type Netflix. Au lieu de mettre du temps à développer une plateforme adaptée à chaque pays et contexte, je vais faire une interface de programmation d’application (API) que des développeurs vont pouvoir réutiliser. Je ne maîtrise plus toute la technologie, mais je vais entrer plus vite en marché, renseignent nos confrères du site d’information lesaffaires.com.         

Moctar FICOU / VivAfrik

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