Lutte pour le climat : le combat reste toujours ardu en Afrique

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Le réchauffement de la planète en Afrique n’est plus un secret de Polichinelle pour personne. Malgré le déclenchement de la grève estudiantine, initiée par l’adolescente Suédoise Greta Thunberg pour le climat, la lutte contre le changement climatique est encore minée en Afrique. Mieux, le mouvement est une plateforme internationale d’élèves quittant leur école les vendredis pour participer à des manifestations en faveur de l’action contre le réchauffement climatique.

La première grève étudiante pour le climat a été lancée par Greta Thunberg, le 20 août 2018 devant le Riksdag (Parlement suédois). Lors de ce rassemblement, l’adolescente militante suédoise explique aux journalistes conviés qu’elle n’ira pas à l’école jusqu’aux élections générales du 9 septembre 2018. Elle continuera, après les élections, à faire grève chaque vendredi, attirant ainsi l’attention du monde entier sur le mouvement baptisé Fridays for Future.

Par contre, Greta Thunberg semble oubliée le continent africain dans son combat. Un état de fait qui a suscité la réaction de certains jeunes du continent noir. C’est le Yero Sarr, un étudiant Sénégal en physique-chimie originaire de Thiès.

Le fondateur de la branche sénégalaise de « Fridays for the Future », le mouvement mondial lancé par Greta Thunberg qui a rassemblé vendredi plusieurs millions de jeunes de Sydney à San Francisco, en passant par Berlin, Paris et Londres s’est finalement rendu compte que, militer au Sénégal contre le réchauffement de la planète n’est pas sans risque.

Le jeune âgé de 18 ans a confié qu’un adulte lui a fracturé la mâchoire alors qu’il tentait de mobiliser pour la cause climatique, en lui reprochant de « s’opposer à la volonté divine », dit-il.         

Les populations dont la vie dépend fortement de l’écosystème, dépendent nécessairement de l’environnement, de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage pour survivre. Avant la mer était très éloigné des villes, avec l’érosion côtière, ce n’est plus le cas. Des habitations sont dévastées. Le changement climatique n’est pas une affaire d’occidentaux, de militants écologiques, c’est surtout une affaire de survie notamment pour nous les peuples africains malgré au fait qu’on ne contribue pas trop à l’émission des gaz à effet de serre.

Historiquement, ce sont les pays occidentaux, de par l’industrialisation, la production des énergies fossiles qui génèrent le plus les gaz à effet de serre. La question qu’on se pose est savoir comment faire face à ce désolant spectacle ?

En faisant la comparaison avec l’Europe, on se rend compte qu’il y a des choses qui se passent en Afrique, peut-être à une échelle très micro. Ce qu’on doit faire, en revanche, c’est de voir comment soutenir davantage des initiatives de lutte ? Comment faire pour grandir ce mouvement en faveur de la lutte contre le changement climatique par le biais de la jeunesse ? « En Afrique, on a toujours eu le souci de la protection de l’environnement, c’est quelque chose qui est partie intégrante de notre vie, de notre quotidien d’autant plus qu’on vit à côté des écosystèmes. L’africain n’est pas dépourvu de conscience, il sait que s’il ne protège pas l’environnement, il va droit contre le mur », avait soutenu Mariama Diallo, Coordonnatrice des projets au sein du mouvement ALTERNATIBA au Sénégal.              

Au Sénégal par exemple, pays d’Afrique de l’Ouest touché par l’avancée du désert, la déforestation et l’érosion côtière, la mobilisation est restée modeste : quelques dizaines de personnes dans la capitale Dakar et une vingtaine à peine à Thiès, essentiellement des amis de Yero. « C’est ça le problème en Afrique », dénonce-t-il.  

Yero Sarr raconte qu’il y a un mois et demi, il faisait du porte-à-porte pour secouer les inerties. « Une grande personne m’a répondu: +C’est la volonté de Dieu. Pourquoi voulez-vous aller à l’encontre de la volonté divine? ».

« J’ai eu beau essayer de lui faire comprendre que ce n’était pas la volonté divine, vu que Dieu, quand il nous a donné la Terre, il nous a pratiquement tout donné, et que c’est nous qui avons tout dégradé, cette grande personne-là a refusé mes propos », explique Yero Sarr, citoyen d’un pays où plus de 90% de la population est musulmane et où les conversations de la vie quotidienne sont émaillées de la formule « Inch Allah » (si Dieu le veut).

Son interlocuteur a brusquement mis fin à la discussion d’un coup de genou au visage, occasionnant une double fracture de la mâchoire, relate-t-il. Depuis, un appareil orthopédique lui maintient la mâchoire et il dit s’alimenter en « sirotant ».

Malgré son état de santé, l’étudiant trouve qu’il faut déclarer « l’urgence climatique au Sénégal ».     

Moctar FICOU / VivAfrik                   

Avec Aissata NDIADE (stagiaire)

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