Au Mali, un plan de 2600 milliards FCFA pour l’autonomie des sociétés en charge de l’eau potable

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Au Mali, un plan stratégique lancé jeudi dernier, ambitionne de « garantir l’accès à l’eau à tous », et d’assurer l’autonomisation des deux sociétés en charge de l’eau potable. D’ici 2035, la Somagep et la Somapep, les sociétés maliennes de gestion et de patrimoine de l’eau potable prévoient de mobiliser 2600 milliards FCFA. Le plan vise à assurer l’accès à l’eau potable à 100% des habitants des villes, en ajoutant 14 000 nouveaux kilomètres de réseau par la Somapep. Avec la création et l’exploitation de nouvelles usines de production équivalentes, c’est plus de 8 millions d’habitants supplémentaires, 3 fois plus qu’aujourd’hui, qui devraient être desservis. Selon le PCA de la Somagep, Younouss Hameye Dicko, ces investissements permettront de « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau à l’horizon 2030 ». Younouss Hameye Dicko explique que sur les premières années, seulement 22% des charges d’investissements seront subventionnés sur la période alors que 78% des charges pèseront sur les deux sociétés. Ensuite, poursuit-il, « plus aucune subvention de l’Etat ne sera nécessaire pour ces deux sociétés en termes d’investissement et d’exploitation », après 2025, la 5e année de ce programme d’investissement, lit-on dans les colonnes de l’agenceecofin.com.    

Le projet Eau potable pour tous d’ici 2021 devient une réalité

Invité de la session ASKGOUV du jeudi 17 octobre 2019, M. Sylvain Adokpo Migan, directeur de l’Agence national d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR) a fait l’état des lieux en 2016, les actions menées et les perspectives d’ici 2021. Depuis 2016, le gouvernement s’est lancé dans la politique d’accès à l’eau pour tous les citoyens. A travers une vision claire, cette politique a conduit à la mise en place de l’Agence national d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (ANAEPMR). Dès lors, plusieurs actions ont été posées. La vision du Gouvernement pour l’eau potable en milieu rural, est « une vision nouvelle, simple et claire qui a motivé la création de l’Agence que je dirige depuis septembre 2017 et qui a la lourde mission d’atteindre les objectifs du développement durable avant 2030 », a expliqué Sylvain Adokpo Migan. Une vision qui vient de « l’état des lieux que nous sommes venus constater à notre prise de service en septembre 2017 », a-t-il ajouté. L’objectif est de donner de l’eau potable à tout le monde d’ici 2021. « Donner de l’eau potable d’ici 2021, ce n’est pas construire des équipements, des châteaux. C’est toute une réforme sectorielle, un nouveau cadre de gouvernance, une nouvelle façon de gérer les équipements qui seront construits à coût de milliards de FCFA », a-t-il indiqué. Par rapport à ce qui a changé depuis la création de l’Agence, Sylvain Adokpo-Migan pense qu’ « on ne voit pas des choses visibles mais énormément de choses ont été faites », rapporte24haubenin.info.

Une stratégie est donc mise en place dans ce cadre pour le maillage du pays. « C’est ce que nous avons essayé de faire dès le départ en dotant le pays d’une Stratégie nationale, d’un Plan d’investissement national ». Sylvain Adokpo Migan estime que le bilan sera reluisant par rapport à ce qui était en place. « Le taux de déserte en juin 2017, quand nous étions en train de faire la stratégie pour pouvoir pondre un Programme national d’investissement, était autour de 42% », a-t-il rappelé. Croyant au départ que le taux était de 69.7%, il fallait selon lui rattraper le gap. Pour le directeur, « les 42% d’offre de service public que nous avons à travers les équipements existants peuvent être moindres, si on intègre les taux de panne. L’état des lieux n’est pas reluisant ». Le premier responsable de l’ANAEPMR informe qu’ « Avec la maîtrise du patrimoine que nous avons actuellement, nous avons 649 adductions d’eau villageoises, 180 postes d’eau autonomes, 12009 forages ». Le directeur général de l’Agence national d’approvisionnement en eau potable en milieu rural se désole de ce que les ouvrages ne fonctionnent pas correctement. « Le taux de panne est important et peut avoisiner un chiffre supérieur à 25% », confie-t-il. Il ajoute que « Ces pannes sont liées essentiellement au cadre de gouvernance des ouvrages existants. La gestion n’est pas professionnelle ». Plusieurs dysfonctionnements sont notés notamment, « les délégataires qui gèrent ces ouvrages en affermage depuis 2007 ne sont pas dans des liens contractuels solides. Les obligations contractuelles ne sont pas respectées. Les redevances ne sont pas effectives, les redevances qui devraient servir à mettre de l’argent de côté pour pouvoir effectuer les renouvellements et les réparations quand c’est nécessaire ne sont pas effectives », renchérit le site béninois.             

Moctar FICOU / VivAfrik                   

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