Sénégal : 350 milliards de FCFA mobilisés pour une feuille de route sur l’électricité

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Le Compact du MCC axé sur l’énergie, d’un montant de 320 milliards de francs CFA, auxquels se rajoutent les 30 milliards du Gouvernement du Sénégal, est un nouveau chapitre de l’histoire du partenariat entre le Sénégal et les États-Unis. L’investissement du MCC au Sénégal vise à améliorer la stabilité et la performance du réseau de l’électricité à Dakar et dans les zones rurales. 

Le Sénégal, dans le cadre de l’exécution du second programme du Millenium Challenge Corporation, vient de se doter d’une stratégie et d’une feuille de route dans le domaine de l’électricité pour l’horizon 2035, une avancée visant à pallier « le coût élevé de l’énergie et le faible accès à l’électricité notamment en zone rurale et périurbaine ».  

D’un montant global de 350 milliards de FCFA, cette feuille de route fournit les principales étapes et un calendrier de réalisation progressive sur la période 2019-2035.

Les plans d’action sont repartis sur trois périodes (2019-2024, 2025-2029 et 2030-2035) et sont adossés sur quatre axes stratégiques qui guideront l’ensemble des évolutions proposées pour le secteur.

La période 2019-2024 sera ainsi marquée par des mutations importantes dans le secteur et vise, à travers l’axe 1, à lui donner un environnement propice et les capacités requises aux investissements. Elle portera, entre autres, sur la finalisation du Code de l’Electricité et des principaux textes d’application, la mise en place de la planification intégrée, le renforcement des capacités du régulateur et l’approfondissement de son mandat ainsi que l’accès des Tiers au Réseau (ATR) et Clients Eligibles opérationnel.

L’axe 2 porte sur l’accélération et la garantie à l’accès universel à l’énergie de manière équitable. Celui-ci devrait permettre la poursuite des investissements publics pour l’Accès, la généralisation des solutions d’électrification à moindre coûts testées et prouvées, la mise en place d’un cadre spécifique pour les mini-réseaux et une incitation pour les SPI privés (systèmes privés de transport d’énergie).

L’axe 3 devrait quant à lui permettre à optimiser l’efficacité opérationnelle sur toute la chaine de valeur à travers notamment la filialisation de la Société nationale d’électricité (Senelec) qui sera dégroupée sous un holding public en filiales publiques autonomes et séparées pour la production, le transport et la distribution.

Cette transition s’appuiera sur un important travail de préparation et d’accompagnement. Il est également prévu dans ce même axe l’amélioration de la performance opérationnelle (formations, planification, programme de réduction des pertes, incitatifs) et le renforcement de la performance environnementale.

Le 4ème et dernier axe vise à assurer et maintenir la viabilité financière du secteur grâce à la filialisation qui permet une rationalisation des flux financiers. Une meilleure connaissance et maitrise des coûts de service et la mise en place d’un mécanisme pérenne de financement de l’harmonisation tarifaire sont aussi prévus dans cet axe.

La période 2025-2029 marquée par le gas-to-power (transformation du gaz en énergie) et l’atteinte de l’accès universel verra l’intégration du suivi-évaluation de la planification et des ajustements éventuels à ce dernier, ainsi que la mise en place d’un cadre spécifique au gaz (en tant que combustible pour la production d’électricité).

Durant cette période, l’accès universel devrait également être atteint puis renforcé à travers la poursuite du développement du réseau. En outre, le rôle de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) sera réévalué et une transition institutionnelle proposée.

La période 2025-2029 sera de plus marquée par l’intégration au calcul tarifaire de la performance des entreprises et le renforcement de la capacité de l’Opérateur Système (Dispatch). Un travail préparatoire sera aussi initié pour confier le segment Distribution/Vente à des opérateurs privés dans le cadre de contrats d’affermage.

La participation du secteur privé devrait ainsi réduire la pression sur les finances publiques, renforcer la viabilité du secteur et assurer une baisse du prix moyen d’équilibre.

La troisième et dernière période (2030-2035) parachève quant à elle la mise en place de la Vision stratégique et verra les activités de distribution et vente assurées par des fermiers. La gestion patrimoniale sera quant à elle assurée par la SENELEC distribution.

Présidant l’ouverture de l’atelier de présentation de cette feuille de route, le ministre du Pétrole et des Energies, Amadou Makhtar Cissé a déclaré que « le franc succès du Sénégal lors du premier Compact Challenge a certainement contribué à notre éligibilité à ce second Compact qui est exclusivement consacré à l’énergie, eu égard à la contrainte majeure sur la croissance économique portant sur le coût élevé et pour l’accès qui ont été identifiés dans le cadre de l’analyse des contraintes conduite conjointement par le Sénégal et le Millenium Challenge Corporation ».

Selon M. Cissé, la formulation de ce second Compact a abouti à la formulation de trois projets portant notamment sur la modernisation et le renforcement du réseau du transport de Senelec, l’amélioration de l’accès à l’électricité en zone rurale et périurbaine et l’amélioration du cadre légal et le renforcement des capacités des acteurs du secteur.                

L’objectif recherché à travers le 3ème projet, a expliqué le ministre, est de créer un cadre propice à l’amélioration de la viabilité financière et à la bonne gouvernance du secteur pour une fourniture de l’électricité en quantité et qualité. Cela va se traduire par le renforcement des lois, politiques et règlementations régissant le secteur de l’électricité au Sénégal.

Abondant dans le même sens, l’Ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Dr Tulinabo Mushingi a soutenu que ce document « avec ses alternatives stratégiques et des plans d’action est le fruit de plusieurs années de collaboration intense avec les parties prenantes clefs ».

Se disant honoré de se joindre à cet atelier avec le ministre Cissé, Dr Mushingi a souligné que « l’investissement du MCC au Sénégal vise à améliorer la stabilité et la performance du réseau de l’électricité », précisant que « outre des investissements dans de nouvelles infrastructures matérielles, le Compact met l’accent sur la réforme institutionnelle visant à créer un secteur de l’énergie stable financièrement et un environnement favorable à un accroissement des investissements du secteur privé ».

Evoquant le cas du secteur privé national, le ministre du Pétrole et des Energies a invité les hommes et femmes d’affaires sénégalais « à s’organiser » et à postuler lors des différents appels d’offres qui seront lancés sur cette période d’exécution du projet.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec apanews.net                           

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