La crise sociale contraint le Chili à renoncer à l’organisation de la COP25

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Les manifestations en cours au Chili ont eu raison sur l’organisation de la conférence mondiale sur le climat initialement prévue du 2 au 13 décembre 2019 à Santiago au Chili. En termes clairs, le Chili a renoncé à accueillir la COP25. C’est ce qu’a révélé, mercredi 30 octobre 2019, le président de la République chilienne, Sebastian Pinera dont le pays est déchiré par une contestation sociale qui ne faiblit pas. La tenue du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) est aussi annulée.  

« C’est avec un profond sentiment de douleur, parce que c’est douloureux pour le Chili, que notre gouvernement a décidé de ne pas organiser le sommet de l’APEC […], ni celui de la COP25 », a-t-il déclaré au palais présidentiel de La Moneda.                  

C’est « une décision qui nous cause énormément de peine parce que nous comprenons parfaitement l’importance de l’APEC et de la COP pour le Chili et pour le monde entier », s’est désolé le chef de l’État.

Un accord pour mettre un terme à la guerre commerciale entre Pékin et Washington était espéré lors du sommet de l’APEC. C’était du moins ce qu’avait laissé entendre le président américain lundi dernier.

Le sommet du Forum de l’APEC, qui réunit les pays riverains du Pacifique, dont les États-Unis, la Chine et la Russie, devait avoir lieu à Santiago les 16 et 17 novembre 2019. 

S’agissant de la COP25, près de 25 000 personnes venant du monde entier étaient attendues, dont de nombreux activistes pour tenter de faire pression sur les décisionnaires. Le but de cette COP25 est d’inciter les États à tenir leurs engagements plus importants dans la lutte contre le changement climatique.

Mais le Chili est secoué depuis le 18 octobre passé par une fronde sociale sans précédent. Malgré un changement de gouvernement et des premières mesures pour tenter d’apaiser la situation, des milliers de manifestants étaient encore présents dans les rues pour protester contre les inégalités sociales, ce mardi 29 octobre.

Signalons que le Brésil avait déjà renoncé à organiser cette COP25 le 28 novembre 2018, à la suite de l’élection du président climatosceptique Jair Bolsonaro. Cette décision avait officiellement prise pour des raisons budgétaires.

L’Organisation des Nations unies (ONU) peine encore à trouver un point de chute pour l’organisation de la COP25, annonçant elle « étudiait les alternatives » pour accueillir la conférence mondiale sur le climat.

Par contre, le forum a annoncé le report du sommet de l’APEC dans un communiqué transmis à la presse. « La Malaisie accueillera le prochain sommet de l’APEC en 2020 », lit-on dans le texte, précisant qu’aucun sommet du forum ne serait finalement organisé cette année.

L’annulation de la tenue de la conférence de l’ONU sur le climat, COP 25 au Chili n’a pas laissé indifférente la jeune militante suédoise, Greta Thunberg qui devait prendre part à cette rencontre.

Sur son compte Twitter, elle note : « Mes pensées vont au peuple chilien ». Depuis les États-Unis où elle se trouve depuis fin septembre, Greta Thunberg ajoute : « J’attends désormais d’avoir plus d’informations ».

Au Chili, certains députés d’opposition avaient, eux, déjà appelé les États étrangers à boycotter le sommet, à cause de la répression des manifestants par les forces de l’ordre, qui a fait plus de 1 200 blessés d’après l’Institut chilien des droits de l’homme, un organisme public indépendant.

Moctar FICOU / VivAfrik

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