RDC : les habitants divisés sur le bilan de la première année de mise en œuvre du nouveau code minier

0

Si les autorités de la province du Lualaba située dans la chefferie de Bunkeya où est logée l’entreprise Tenke Fungurume Mining tirent un bilan satisfaisant de la première année de mise en œuvre du nouveau code minier en République démocratique du Congo, la société civile elle, estime que les recettes rétrocédées n’arrivent pas jusqu’aux communes où sont implantées les entreprises.

Grâce à la mise en œuvre du nouveau code minier, l’entreprise Tenke Fungurume Mining produit plus de 168 000 tonnes de cuivre par an et 18 000 tonnes de cobalt. En une année, elle a versé plus de 8 millions de dollars à la chefferie Bunkeya au titre de la redevance minière. Des infrastructures comme une université, des bâtiments administratifs et une station radio ont été construits depuis au chef-lieu de la chefferie.

« L’éducation, c’est l’avenir, mais l’énergie, c’est la force pour pouvoir modifier l’habitat, et distribuer le courant tant dans les maisons d’habitation que dans les petites industries. Nous allons construire une centrale photovoltaïque. Et l’année prochaine, on commence le crédit habitat », explique Godefroid Munongo, grand chef coutumier de Bunkeya.

Si on est satisfait au chef-lieu de la chefferie, ce n’est pas le cas dans les deux localités où l’entreprise est implantée, et notamment à Fungurumé. Pour son responsable, le chef Mpala, les investissements ne sont pas à la hauteur des montants annoncés. « Quand vous allez là-bas, là où il y a la poule aux œufs d’or, Tenke et Fungurume, ce sont mes terres, ça ne reflète pas les millions dont on parle. »

Pour la société civile du Lualaba, le problème ne se limite pas à Fungurume. L’observatoire des ressources en Afrique australe affirme même que l’argent rétrocédé n’aurait eu aucun impact pour les populations dans certaines entités décentralisées. Il réclame un audit de toutes les entités bénéficiaires de la redevance minière.

Pour rappel, le code minier de la RDC, révisé en mars 2018, est censé doper la contribution du secteur au budget de l’État. Il prévoit une hausse des redevances sur les minerais classiques de 2 % à 3,5 % et allant jusqu’à 10 % sur les minerais considérés comme stratégiques, tels que le cobalt, le cuivre et le coltan. Or, depuis la promulgation de la loi et l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, en juillet 2018, ces changements n’ont pas eu de répercussions sur les caisses publiques. Au contraire. Les services de l’État n’ont collecté que 707 millions de dollars auprès du secteur au cours du second semestre de 2018, contre 729 millions pour les six premiers mois de la même année.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here