2ème forum sur l’efficacité énergétique : Des défis à relever

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Par Claude Koutoua

La construction durable au centre des enjeux

En physique, l’efficacité énergétique désigne le rapport entre l’énergie utile produite par un système et l’énergie totale consommée pour le faire fonctionner.

Cette terminologie est souvent plus largement utilisée pour désigner l’ensemble des technologies et pratiques qui permettent de diminuer la consommation d’énergie tout en conservant le même service final (« faire mieux avec moins »).

L’efficacité énergétique recouvre trois approches qui doivent être combinées pour maximiser les gains qu’elle peut apporter :

. l’efficacité énergétique passive, axée sur l’enveloppe du bâtiment et l’amélioration de son isolation ;

. l’efficacité énergétique active, qui combine une amélioration du rendement énergétique des équipements techniques du bâtiment (chaudière, produits blancs et bruns, éclairage, etc.) et une approche systémique et globale de gestion de l’énergie, centrée sur le pilotage automatisé des énergies du bâtiment en fonction de leurs usages ;

. la transformation du consommateur en consomm’acteur, c’est-à-dire un utilisateur particulier, informé et mobilisé, capable d’optimiser son confort tout en réalisant des économies d’énergie et, dans les années à venir, de produire sa propre énergie.

Les défis à relever pour assurer l’efficacité énergétique des bâtiments en Afrique sont de plusieurs ordres :

. Finaliser le processus de mise en place du cadre règlementaire de l’efficacité énergétique en cours ;

. Assurer une efficacité énergétique maximale au niveau des bâtiments ;

. Développer le potentiel endogène d’énergies renouvelables locales (photovoltaïque, éolien, biogaz, etc.) ;

. Développer des solutions technologiques, administratives et commerciales appropriées ;

. Accompagner l’industrialisation en réduisant les couts de facteurs ; etc.

C’est dans ce contexte, que dans le cadre du partenariat pour encourager les réformes entre la Côte d’Ivoire et l’Allemagne, le Ministère Fédéral de la Coopération Economique et du Développement de l’Allemagne et le Ministère Ivoirien de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ont mis en place un protocole d’accord pour le Projet de « Formation Professionnelle dans les secteurs des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique en Côte d’Ivoire ». L’objectif du projet est de mettre à la disposition de l’industrie ivoirienne une main d’œuvre qualifiée tout en créant un marché local des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. A la demande des parties prenantes de ce projet, le volet « Promotion des PME » a été confié à la CGECI et la convention de coopération entre la CGECI et le GIZ vient d’être signé. Cette convention qui porte sur le renforcement des capacités des entreprises et surtout des PME en matière d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie ivoirienne. Ce projet va sans aucun doute booster la contribution du secteur privé aux efforts de la Côte d’Ivoire pour honorer ces engagements.

En organisant le 2ème forum sur l’efficacité énergétique, le 21 novembre en Côte d’Ivoire, en collaboration avec le Groupe AOB du Maroc et l’Agence Marocaine de l’efficacité énergétique, avec le soutien de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité, la Coopération Allemande et le GIZ, la CGECI voudrait amorcer la réflexion et encourager d’autres initiatives.

Ces assises sont d’autant plus importantes que le Continent connaît un processus d’urbanisation rapide qui devrait se prolonger durant les prochaines décennies. Cette urbanisation est nourrie par une croissance démographique élevée.  Selon les sources (Banque Mondiale ou Banque Africaine de Développement), la population de l’Afrique devrait atteindre 2.4 milliards d’habitants d’ici 2050 dont 55% d’urbains, soit 1.3 milliards de personnes qui vont vivre dans nos villes, contre 455 millions à l’heure actuelle. Dans cette dynamique, l’Afrique n’a pas d’autre choix que de construire de nouveaux bâtiments durables, de restaurer, de rénover ou de réhabiliter les bâtiments existants. Cette transition devra se faire en ayant à l’esprit la réduction du gaspillage au niveau de l’utilisation de l’énergie afin d’optimiser la facture énergétique et améliorer la compétitivité des entreprises. 

La Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) en prenant  le lead sur cet évènement à dimension internationale, à travers l’implication active de sa Commission Energie, Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement (E-QHSE) entend s’inscrire dans l’élan de grandes réflexions visant à rendre possible l’agenda 2030 du gouvernement ivoirien. Celui de parvenir à produire 42%  de l’électricité ivoirienne à des Energies renouvelables.

Il s’agit surtout à travers le partage des expériences qui ont eu lieu au cours du forum et les recommandations qui en ont découlé de proposer des solutions technologiques aux dirigeants du secteur privé, aux professionnels du bâtiment, des BTP et des énergies afin qu’ils améliorent l’efficacité énergétique de leurs installations ;

Ces assises ont permis de renforcer le cadre de dialogue, déjà initié l’année dernière par le 1er forum, entre experts,  professionnels passionnés et partenaires au développement sur les enjeux de l’efficacité énergétiques de la construction durable.               

Claude Koutoua est le Président de la Commission Energie, Qualité, Hygiène, Santé et Environnement de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI)          

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