Oiseaux : cette étude prouve que les efforts de conservation payent

0

En 30 ans, les efforts de conservation ont réduit le taux d’extinction de 40%, sur les espèces en danger critique d’extinction. L’érosion de la biodiversité n’est peut-être pas une fatalité. Certes, les oiseaux disparaissent à une allure fulgurante, mais une étude parue dans la revue scientifique britannique The Royal Society redonne une lueur d’espoir aux défenseurs de la biodiversité : en 30 ans, les efforts de conservation ont réduit le taux d’extinction de 40% sur les espèces en danger critique d’extinction. Explications. En moins de 30 ans, l’Europe a vu disparaître 421 millions d’oiseaux. Une érosion de la biodiversité entraînée principalement par l’usage de pesticides et le changement climatique. Une situation alarmante qui touche près de 275 espèces, dont 32 % d’oiseaux nicheurs et qui semble s’accélérer ces dernières années. Pourtant, d’après les chiffres révélés par l’étude réalisée par plusieurs chercheurs dont le Dr Stuart Butchart, responsable scientifique de Birdlife International, les efforts de conservation ne sont pas vains, bien au contraire. Pour s’en rendre compte, les auteurs du rapport ont mis au point une nouvelle méthode d’analyse. L’idée est de prendre en compte les changements de catégorie sur la Liste rouge de l’UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) au lieu de se borner à comptabiliser le nombre d’espèces disparues. Résultat, le bilan est plutôt encourageant puisqu’il révèle qu’en prenant les mesures nécessaires à la conservation d’une espèce, on peut sensiblement réduire ses risques d’extinction et lui permettre de quitter la liste rouge pour une nouvelle catégorie moins à risque. Une amélioration dont se réjouit Birdlife : « Grâce à la conservation au cours des trois dernières décennies, les espèces en danger critique d’extinction sont désormais deux fois plus susceptibles d’améliorer leur statut et de passer à une catégorie de menace plus faible que de se détériorer et de disparaître. Sans de tels efforts de conservation, l’inverse serait vrai. » Une bonne nouvelle, oui, mais qui cache un enjeu crucial : empêcher les espèces dont les populations sont en bonne santé d’être menacées en premier lieu. Ainsi, il y aurait moins d’espèces nécessitant immédiatement des efforts de conservation urgents, souvent coûteux et difficiles, note le site d’information positivr.fr.

Faut-il nourrir les animaux sauvages ? Le dilemme des zèbres de Grévy

Il est généralement déconseillé de nourrir les animaux sauvages, mais c’est peut-être l’unique façon d’aider les zèbres de Grévy à vaincre la sécheresse. Également appelé zèbre impérial ou loiborkoram en langue Samburu, le zèbre de Grévy est un animal massif. Affichant près de 500 kg sur la balance, il est l’animal sauvage le plus imposant de la famille des équidés. De loin, ses oreilles proéminentes semblent être arrondies. Ses zébrures quant à elles sont plus fines que celles de son cousin zèbre des plaines. « Ce sont des animaux magnifiques, » déclare Belinda Low Mackey, confondatrice de l’organisation Grevy’s Zebra Trust de Nairobi. Ils sont également en grand danger. Il ne resterait que 2 000 adultes à l’état sauvage et leur aire de répartition a drastiquement rétréci, d’une vaste partie de la corne de l’Afrique à quelques parcelles au nord du Kenya et juste au-dessus de la frontière éthiopienne. Au cours du 20e siècle, la chasse dont ils ont été la cible et la concurrence du bétail qui broute également les terres arides qui constituent leur habitat ont fait chuter leur population. Depuis 2009, la région a également souffert de sécheresses régulières avec de graves conséquences pour l’herbe dont se nourrissent les zèbres. En octobre, le photographe Heath Holden a suivi les rangers du Grevy’s Zebra Trust dans le comté de Samburu, au Kenya. La terre était « incroyablement sèche », rapporte-t-il. « Toutes les rivières étaient asséchées. » Associés au broutage intensif du bétail, ces événements climatiques peuvent entraîner la mort d’un grand nombre de zèbres de Grévy. C’est pour cette raison que le Grevy’s Zebra Trust a choisi de les nourrir. Ils ont déposé des ballots de foin pendant les périodes de sécheresse en 2011, 2014 et 2017 puis à nouveau en fin d’année dernière le long des routes empruntées par les zèbres pour se rendre d’un point d’eau à l’autre. Le foin est acheminé par camion ou moto et fourni par une province voisine qui enregistre des précipitations plus généreuses. En 2017, la sécheresse la plus sévère de la dernière décennie, le Trust a transporté plus de 3 500 ballots. Cependant, est-il sain de nourrir des animaux sauvages ? Dans la plupart des cas, la réponse est non. La philosophe Clare Palmer étudie l’éthique des relations humain-animal à l’université A&M du Texas et selon elle, on pourrait soutenir que le fait de nourrir les zèbres porte atteinte à leur nature sauvage en les rendant plus dépendants de l’Homme en matière d’alimentation. Cette dépendance pourrait ensuite être vue comme une diminution de leur liberté. « Une telle restriction de la liberté des animaux peut être perçue comme une sorte d’arrogance, le signe d’une démesure de la part de l’Homme qui souhaiterait contrôler tout ce qui évolue dans ce monde, » développe-t-elle. Nourrir les animaux sans réflexion préalable peut modifier leur comportement et les amener à être dangereusement habitués à l’Homme, prévient de son côté nationalgeographic.fr.

Inde : la Cour suprême valide la réintroduction de guépards africains

Afin d’établir si ces félins peuvent s’adapter à l’environnement du sous-continent, la Cour suprême indienne a autorisé, mardi 28 janvier 2020, une réintroduction expérimentale de guépards originaires d’Afrique. La requête avait été déposée par l’autorité nationale de conservation des tigres (National Tiger Conservation Authority/NTCA), organe statutaire du ministère de l’environnement, des forêts et du changement climatique. Une première demande avait été rejetée en 2013 au motif qu’aucune étude scientifique ne recommandait alors cette stratégie. En outre, selon un rapport commandé par les juges, l’Inde ne disposait pas d’habitats ayant une densité de proies suffisante pour une telle initiative. En 2018, le gouvernement de l’État du Madhya Pradesh, situé au centre du pays, avait néanmoins demandé à la NTCA de relancer ce projet. Fort de l’aval de la plus haute juridiction indienne, le gouvernement central doit maintenant identifier les zones susceptibles d’accueillir les relâchés, en particulier au regard de la disponibilité en ressources alimentaires et des risques de conflits avec les habitants. Parmi différents sites évoqués, un groupe d’experts a déjà relevé le sanctuaire faunique de Palpur-Kuno, dans le district de Sheopur au nord-ouest du Madhya Pradesh, le parc national de Velavadar/Blackbuck couvrant 34 km2 dans le district de Bhavnagar à l’ouest du Gujarat, et le sanctuaire de Tal Chhapar dans le district de Churu,aunord du Rajasthan. Jadis très répandu – l’empereur moghol Akbar (1542-1605) en ayant possédé jusqu’à un millier, les guépards indiens ont été décimés par la chasse et la perte de leur milieu. Ils ont été officiellement déclarés éteints en 1952, cinq ans après la mort du dernier individu connu, renseigne biofaune.canalblog.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire