Jean-Marie Kasula écope de 15 ans de prison pour déforestation en RDC

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Le tribunal militaire de Bukavu qui a siégé à Miti, à 7 km du parc de Kahuzi-Biega, dans la province du Sud-Kivu (est de la République démocratique du Congo) a jugé, mardi 4 février 2020 huit personnes, dont deux femmes pour destruction massive. A l’issue de ce procès, un chef rebelle pygmée a été condamné à 15 ans de prison pour « destruction méchante » du parc de Kahuzi-Biega.

« Le chef pygmée Jean-Marie Kasula et cinq de ses coaccusés hommes sont condamnés à 15 ans de servitude pénale principale (chacun) pour détention illégale d’armes de guerre et munitions, association de malfaiteurs et destruction méchante du parc » de Kahuzi-Biega, a déclaré lors du procès le juge Toussaint Lenda.

Poursuivant son speech, il relève qu’« ils sont aussi sommés de payer chacun 5 000 dollars (4 530 euros) a l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature) pour dommage (…) en détruisant sa faune et sa flore ».

S’agissant des « prévenues dames, (elles) sont condamnées chacune a une année de servitude pénale principale avec paiement chacune de 200 000 francs congolais (107 euros) d’amende pour participation à la destruction méchante du parc ».

Un jugement rejeté par l’avocat des prévenus. « Nous ne sommes pas satisfaits du jugement, nous allons interjeter appel », a déclaré Me Serge Bufole.

Devant la barre, les prévenus âgés de 20 à 40 ans ont reconnu l’occupation d’une partie du parc où ils s’occupaient notamment d’agriculture. Ils ont dénoncé le fait d’avoir été « chassés illégalement » de leur habitat naturel depuis 1970.

Après « des années d’errance, nous sommes retournés au parc pour une question de survie », a soutenu M. Kasula. « Le parc devait être scindé en deux, une partie pour l’État congolais et une autre pour nous », a plaidé le chef rebelle.

Rappelons que le parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) est un établissement de l’ICCN. Il s’était constitué partie civile dans cette affaire. Inscrite au patrimoine mondial des biens en péril par l’ Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1997, la réserve abrite les derniers gorilles de Grauer, une espèce menacée, réduite à 250 individus.

Depuis 2018, un conflit ouvert oppose les rangers (gardes du parc) aux leaders pygmées qui affirment avoir été spoliés de leurs terres ancestrales dans les années 70 lors de l’extension du parc. Des accrochages ont fait des morts de part et d’autre dans des circonstances confuses.

Moctar FICOU / VivAfrik                         

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