RDC : Greenpeace Afrique s’érige contre l’attribution de 9 concessions aux chinois

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Dans un communiqué transmis à la presse mercredi 4 mars 2020, l’ONG internationale Greenpeace Afrique a invité les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) notamment le ministre de l’Environnement, Claude Nyamugabo Bazibuhe au respect de ses promesses de transparence, exigeant par la même occasion la publication sur le site du ministère, d’ici au vendredi 06 mars 2020, de tous les documents afférents à ces attributions. Cette attribution de neuf concessions forestières aux entreprises chinoises préoccupe au premier plan l’ONG internationale de défense de l’environnement.

« Il s’agit, pour chacun des neuf contrats, du contrat lui-même, de l’acte de cession conclu entre les concessionnaires, de la demande de cession adressée au ministre, de l’ancien contrat de concession, de l’arrêté autorisant la cession, ainsi que des accords des clauses sociales avec les communautés concernées », a indiqué Irène Wabiwa Betoko, chef de projet international pour la campagne forêt de Greenpeace.

Les neuf concessions incriminées couvrent une superficie totale de près de deux millions d’hectares. Leurs concessions ont été signées le 14 janvier 2020 avec deux sociétés chinoises, Congo King Baisheng Forestry Development, créée le 3 janvier 2020, et Congo Sunflower Forestry Development, dont la date de création n’est pas connue.

Les concessions concernées se trouvent dans les provinces de la Mongala, de l’Equateur, du Bas-Uele, de la Tshopo et de la Tshuapa.

Mais pour le ministère, il ne s’agit que de « cessions » de titres existants.

La structure ajoute que le ministre congolais de l’Environnement et Développement Durable doit réagir au premier grand scandale forestier de son ministère. Greenpeace Afrique se joint ainsi à ses partenaires de la société civile pour demander la publication immédiate de ces contrats, ainsi que celle de tout document associé à leur attribution.

« La plus grande forêt tropicale d’Afrique n’a jamais connu la transparence qu’elle mérite. Aucun des contrats signés le 14 janvier n’a encore été publié au Journal officiel. Le décret n°11/26 du 12 mai 2011 exige la publication dans les 60 jours de tout contrat ayant pour objet les ressources naturelles », a précisé madame Wabiwa.

L’Organisation non gouvernementale (ONG) Greenpeace Afrique relève que ces contrats ont été signés quelques semaines seulement après l’approbation par l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) du Programme de gestion durable des forêt (PGDF) de l’Agence française de développement (AFD), un programme de 12 millions de dollars américains dont le décaissement semble avoir commencé.

« La forêt n’abrite pas seulement des milliers de communautés, mais aussi une riche biodiversité menacée d’extinction. C’est aussi un champ de bataille pour l’avenir de la gouvernance dans ce pays. Le Président Félix Tshisekedi a une obligation historique de garantir le respect de la loi congolaise et la protection de sa forêt», a –t-elle confié.

Moctar FICOU / VivAfrik

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