L’Afrique face aux défis écologiques

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L’Afrique sera au cœur de la prochaine édition du Monde nouveau à Perpignan. Ce continent en pleine mutation est confronté à plusieurs défis : démographique d’abord, démocratique et environnemental. Des efforts sont menés en faveur de la transition écologique mais la tâche est grande. « En dépit d’une réelle prise de conscience des différents acteurs en Afrique, les défis anciens et nouveaux restent immenses comme l’érosion côtière sur toute la côte ouest africaine, le recul et le dépérissement tragiques des forêts et une redoutable avancée du désert. À ce tableau sombre, il faudra ajouter la disparition presque programmée et inéluctable des grands fauves et de la biodiversité » résume Cheikh Tidiane Gadio, vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, invité à la table ronde organisée dans le cadre du Monde nouveau sur le thème de l’Afrique. Les enjeux du réchauffement climatique en Afrique seront abordés qu’ils soient sociétaux, économiques, démocratiques… Invitée elle aussi, Naïma Korchi, fondatrice d’Africa women’s forum, milite pour la promotion des femmes dans tous les domaines. Pour elle, l’Afrique s’est saisie de la problématique environnementale et semble sur la bonne voie : « Il y a de nombreuses actions qui sont prises au niveau étatique, comme les villes vertes, les campagnes de sensibilisation. Au niveau continental, des politiques sont mises en œuvre par l’Union Africaine avec l’Agenda 2063, la Banque Africaine de Développement, des fonds de préservation comme le fond bleu », relaye ladepeche.fr.

Les exemples du Maroc et du Sénégal

Il faut dire que plusieurs pays prennent des initiatives et investissent massivement dans les énergies renouvelables. C’est le cas du Maroc comme le souligne Jalil Benabdillah, le président de Leader Occitanie, un réseau d’entreprises, qui s’est implanté dans ce pays du Maghreb. « Le Maroc a multiplié les projets en lien avec le développement durable que ce soit le solaire ou l’éolien avec des investissements colossaux notamment dans le désert » indique Jalil Benabdillah. Autre pays du continent engagé dans une politique ambitieuse : le Sénégal. Le président Macky Sall y a décrété une mobilisation générale contre les déchets sauvages qui polluaient villes et campagnes. Autre initiative : un Plan Sénégal émergent vert, aussi appelé « reforestation durable du territoire national », a été décrété avec à la clé d’importants crédits. Ces quelques exemples ne sont pas isolés. L’Afrique a bel et bien lancé sa « révolution verte », ajoute notre source.

Les insectes, un déclin mondial sans précédent

Près de la moitié des espèces d’insectes, essentiels aux écosystèmes comme aux économies, sont en déclin rapide dans le monde entier, alerte une étude qui met en garde contre un « effondrement catastrophique » des milieux naturels. « La conclusion est claire: à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies », soulignent les auteurs de ce bilan « effrayant », synthèse de 73 études, qui pointe en particulier le rôle de l’agriculture intensive. Aujourd’hui, environ un tiers des espèces sont menacées d’extinction « et chaque année environ 1% supplémentaire s’ajoute à la liste », ont calculé Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland. Ce qui équivaut, notent-ils, « au plus massif épisode d’extinction » depuis la disparition des dinosaures. « La proportion d’espèces d’insectes en déclin (41%) est deux fois plus élevée que celle des vertébrés et le rythme d’extinction des espèces locales (10%) huit fois plus », soulignent-ils. Quand on parle de perte de biodiversité, le sort des grands animaux capte souvent l’attention. Or les insectes sont « d’une importance vitale pour les écosystèmes planétaires » : « un tel événement ne peut pas être ignoré et devrait pousser à agir pour éviter un effondrement des écosystèmes naturels qui serait catastrophique », insistent les scientifiques, dans ces conclusions à paraître dans la revue Biological Conservation. Exemple de service vital rendu par les insectes, et sans doute le plus connu, la pollinisation des cultures. A l’inverse, exemple d’impact de leur disparition sur toute la chaîne alimentaire: le déclin « vertigineux » des oiseaux des campagnes révélé en France en 2018. « Il n’y a quasiment plus d’insectes, c’est ça le problème numéro un », expliquait alors un des auteurs de l’étude française, Vincent Bretagnolle, car même les volatiles granivores ont besoin d’insectes à un moment dans l’année, pour leurs poussins, note de son côté voaafrique.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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