Le New Deal pour l’énergie en Afrique, Banque Africaine de Développement (BAD)

1

Qu’est-ce que le New Deal pour l’énergie en Afrique ?

Le New Deal pour l’énergie en Afrique est une initiative fondée sur un partenariat, qui a pour ambition de parvenir à l’accès universel à l’énergie sur le continent d’ici à 2025. Pour ce faire, la Banque africaine de développement a collaboré avec les gouvernements, le secteur privé, ainsi que sur des initiatives bilatérales et multilatérales du secteur de l’énergie pour développer un partenariat transformateur en faveur de l’énergie en Afrique. C’est une plate-forme pour des partenariats public-privé en faveur de financements innovants dans le secteur de l’énergie de l’Afrique. Le New Deal pour l’énergie en Afrique participe à unifier les initiatives existantes qui visent à réaliser les objectifs de l’accès universel sur le continent. Il repose sur cinq principes clés :

. Aiguiser l’ambition de résoudre les défis énergétiques de l’Afrique

. Établir un partenariat transformateur en faveur de l’énergie en Afrique

. Mobiliser des capitaux nationaux et internationaux en faveur de financements innovants dans le secteur de l’énergie en Afrique

. Aider les gouvernements africains à renforcer la politique, la réglementation et la gouvernance du secteur de l’énergie

. Accroître les investissements de la Banque africaine de développement dans l’énergie et la finance climatique.

Plus de 645 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. La consommation d’électricité par habitant en Afrique subsaharienne est la plus faible de tous les continents. On l’estime aujourd’hui à 181 kilowatts par an, très loin derrière les 6500 kilowatts par an en Europe et les 13000 kilowatts par an aux États-Unis.

Les goulets d’étranglement dans le secteur de l’énergie et les coupures de courant coûteraient à l’Afrique 2 à 4 % de son PIB par an, sapant la croissance économique, la création d’emplois et l’investissement. En Tanzanie et au Ghana, les entreprises perdent 15 % de la valeur de leurs produits à la vente en raison des pannes d’électricité.

L’on estime que 600 000 Africains des femmes et des enfants pour la plupart meurent chaque année à cause de la pollution de l’air intérieur liée à l’utilisation de bois de chauffage pour cuisiner. Les enfants ne donnent pas leur pleine mesure à cause du manque d’électricité, car plus de 90 % des écoles primaires en sont dépourvues en Afrique.

Le continent détient plus de 10 térawatts de potentiel solaire, 350 gigawatts de potentiel hydroélectrique, 110 gigawatts de potentiel éolien, et 15 gigawatts en plus de potentiel géothermique. Cela n’inclut pas le charbon et le gaz, qui peuvent fournir une partie de l’électricité la moins chère du continent. L’Afrique ne peut fournir d’énergie à ses foyers ni ses entreprises, à moins de libérer cet énorme potentiel d’énergies renouvelables et de le combiner avec l’énergie conventionnelle pour électrifier et éclairer le continent.

Qu’est-ce que le New Deal entend accomplir ?

Pour parvenir à fournir un accès à l’énergie à plus de 645 millions de personnes tout comme aux entreprises, l’Afrique doit :

. Accroître la production du réseau pour y ajouter 160 gigawatts de nouvelles capacités d’ici à 2025

. Augmenter la transmission par le réseau et les raccordements de 160 %, afin d’atteindre 130 millions de nouvelles connexions d’ici à 2025

. Accroître la production hors réseau pour ajouter 75 millions de connexions d’ici à 2025, une hausse 20 fois supérieure à celle de l’Afrique aujourd’hui

. Accroître l’accès à l’énergie propre pour cuisiner pour 130 millions de ménages.

Sur quoi repose le New Deal ?

Le New Deal pour l’énergie en Afrique repose sur cinq principes connexes, qui se renforcent mutuellement.

1) Aiguiser l’ambition de résoudre les problèmes énergétiques de l’Afrique

Le New Deal invite les partenaires à rehausser leurs ambitions, à mobiliser la volonté politique et l’appui financier pour résoudre les défis énergétiques de l’Afrique. C’est là une condition préalable pour remplir les Objectifs de développement durable de l’ONU (ODD) convenus à New York en septembre 2015. C’est aussi une condition préalable à la mise en œuvre de l’accord global sur le changement climatique conclu lors du Sommet sur le climat (COP21) à Paris en décembre 2015.

Les goulets d’étranglement dans le secteur de l’énergie et les coupures de courant coûteraient à l’Afrique 2 à 4 % de son PIB par an, sapant la croissance économique, la création d’emplois et l’investissement

2) Établir un partenariat transformateur en faveur de l’énergie en Afrique

Le New Deal est mis en œuvre grâce à un partenariat conçu pour servir de plate-forme à une action coordonnée entre partenaires publics et privés et en faveur de financements innovants.

3) Mobiliser des capitaux nationaux et internationaux en faveur de financements innovants dans le secteur africain de l’énergie

Pour atteindre l’accès universel d’ici à 2025, il va falloir trouver des mécanismes novateurs à même de mobiliser quelque 30 à 55 milliards de dollars américains supplémentaires chaque année, sous forme de capitaux nationaux et internationaux. C’est beaucoup plus que les 22,5 milliards de dollars investis dans le secteur en 2015.

4) Aider les pays africains à renforcer leurs politiques, la réglementation et la gouvernance du secteur de l’énergie

Le New Deal intensifie et mise sur les investissements de la Banque africaine de développement dans les infrastructures immatérielles des gouvernements et institutions nationales pour renforcer les politiques énergétiques, la réglementation, les programmes incitatifs, les réformes sectorielles, la gouvernance d’entreprise ainsi que la transparence et la responsabilisation dans le secteur de l’énergie.

5) Accroître les investissements de la Banque africaine de développement dans l’énergie et la finance climatique

Au cours des cinq dernières années, la Banque africaine de développement a investi quelque 6 milliards de dollars dans le secteur de l’énergie. Dans le cadre du New Deal, la Banque va accélérer ses investissements pour offrir des financements, des garanties, des cofinancements et des opérations de syndication. Entre 2016 et 2020, la Banque entend investir 12 milliards de dollars environ et mobiliser quelque 50 milliards de dollars de financements publics et privés à des fins d’investissement dans l’énergie. En outre, elle va tripler le montant de ses financements climatiques, pour y consacrer près de 5 milliards de dollars. Elle va également mobiliser d’ici à 2020 20 millions de dollars environ de fonds publics et privés pour investir dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Comment fonctionne le New Deal ?

Une innovation institutionnelle pour concrétiser le New Deal. En 2015, la Banque africaine de développement a mis sur pied un nouveau complexe supervisé par un vice-président, chargé de l’Électricité, de l’énergie, du changement climatique et de la croissance verte. Composé d’experts internationaux de l’énergie, du changement climatique et de la croissance verte, il a la responsabilité de mettre en œuvre le New Deal. La Banque est la première banque multilatérale de développement à procéder ainsi, se positionnant comme la tête de file de la transformation énergétique de l’Afrique. Ce nouveau complexe dirigé par un vice-président est doté de cinq directions distinctes: changement climatique et croissance verte, partenariats pour l’énergie, énergie-solutions financières, politique et réglementation, énergie renouvelable et efficacité énergétique, développement de systèmes d’alimentation.

Les Wathinotes sont soit des résumés de publications sélectionnées par WATHI, conformes aux résumés originaux, soit des versions modifiées des résumés originaux, soit des extraits choisis par WATHI compte tenu de leur pertinence par rapport au thème du Débat. Lorsque les publications et leurs résumés ne sont disponibles qu’en français ou en anglais, WATHI se charge de la traduction des extraits choisis dans l’autre langue. Toutes les Wathinotes renvoient aux publications originales et intégrales qui ne sont pas hébergées par le site de WATHI, et sont destinées à promouvoir la lecture de ces documents, fruit du travail de recherche d’universitaires et d’experts.

Organisation affiliée : Banque Africaine de Développement

Type de publication : Rapport

1 COMMENTAIRE

  1. Car, si les leaders élevant leurs yeux et leurs âmes appelaient sur ‘le continent détient plus de 10 térawatts de potentiel solaire, 350 gigawatts de potentiel hydroélectrique, 110 gigawatts de potentiel éolien, et 15 gigawatts en plus de potentiel géothermique.’ mais qui, en dépit de toutes ces bénédictions incarne depuis des siècles, toutes les misères, toutes les pauvretés et toutes les douleurs, des attitudes responsables, soucieuses de la vie, celle des populations, et qui, dans l’ordre et la rigueur, décident de combiner le pouvoir de conception de l’esprit humain avec le pouvoir d’exécution de la volonté de l’homme, ce beau projet deviendra une réalité pratique certaine.
    Il faut avoir pitié de l’Afrique et des Africains. Car, leurs histoires sur cette terre a été et est toujours une douleur.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here