« La pandémie est en partie le résultat de notre impact sur la nature », selon WWF

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Le Fonds mondial pour la nature (WWF) n’est pas tendre envers l’activité humaine sur l’environnement. L’organisation de défense de l’environnement est même allée plus loin estimant que « la pandémie est en partie le résultat de notre impact sur la nature ». Un scénario où rien ne change pour relancer l’économie après la crise du coronavirus « n’est pas une option si nous voulons éviter de nouvelles pandémies dans le futur », a averti lundi, 30 mars 2020, dans un nouveau rapport le WWF.  

Baptisé « Destruction des écosystèmes et émergence de pandémies », ce rapport a fait le lien entre les pandémies telle que celle du nouveau coronavirus et l’impact de l’homme sur la nature. Comme le VIH, Ebola, ou la grippe aviaire, le coronavirus SARS-CoV-2 est une maladie transmise de l’animal à l’homme (zoonose), rappelle le WWF. Si les chauves-souris constituent l’un des hôtes les plus probables du virus, celui-ci pourrait avoir été transmis à l’homme par le pangolin. Or, ce petit mammifère insectivore menacé d’extinction est l’espèce la plus braconnée au monde. Il est chassé pour ses écailles mais aussi sa chair.                    

« Le commerce d’espèces sauvages est un vecteur de transmission des anciennes et nouvelles zoonoses, responsables d’environ un milliard de malades et de plusieurs millions de décès chaque année. 75% des maladies humaines connues jusqu’à présent sont d’origine animale », lit-on dans le rapport du WWF.

Qui estime très probable que le commerce légal et illégal d’espèces sauvages soit à l’origine de la pandémie de COVID-19.  

Pire, le Fonds mondial pour la nature affirme que l’équilibre rompu. Alors que les écosystèmes naturels jouent un rôle essentiel pour l’espèce humaine et la régulation de la transmission des maladies comme les zoonoses, leur destruction « rompt l’équilibre écologique qui limite les micro-organismes responsables de certaines maladies et crée des conditions favorables à leur propagation ». Et le WWF de citer en exemple la maladie de lyme, transmise par les tiques. « Des recherches récentes ont montré que le risque de contracter cette maladie est considérablement plus élevé dans les zones où la diversité des vertébrés est faible, comme dans les petites forêts et où les habitats sont très fragmentés ».

De plus, les routes d’accès aux forêts, l’extension des zones de chasse pour la viande d’animaux sauvages etc. « ont rapproché les humains de nouveaux virus ». L’impact socio-économique de ces maladies est également considérable, pointe le Fonds mondial pour la nature.

« Il est donc essentiel de mieux protéger les espaces naturels vierges, de mettre fin au commerce illégal ou non contrôlé d’animaux sauvages, de rétablir l’équilibre des écosystèmes endommagés et de stopper le changement climatique », plaide Antoine Lebrun, CEO du WWF-Belgique.

Moctar FICOU / VivAfrik                

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