L’essor des énergies renouvelables et la chute du charbon au niveau mondial mis en exergue

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Les énergies renouvelables ont progressé de 7,6 % en 2019, selon le rapport annuel Statistiques de capacité renouvelable 2020 publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Ces énergies poursuivent leur essor dans le monde et confortent leur domination sur les énergies fossiles en terme de nouvelles capacités installées. De son côté, le charbon poursuit sa décroissance au niveau mondial, notamment aux Etats-Unis et en Europe.

Cette croissance est dominée par l’Asie, qui a réalisé 54 % du total des nouvelles installations. Celle-ci s’est accélérée l’année dernière en Europe et en Amérique du Nord. L’Afrique a augmenté sa capacité renouvelable de 2 gigawatts (GW) en 2019, soit la moitié des 4 GW qui avaient été installés en 2018.

La capacité installée du secteur des énergies renouvelables est en hausse de 176 gigawatts dans le monde (90 % de ces ajouts provenant de l’énergie solaire et éolienne), c’est légèrement moins que la hausse de 2018 (179 GW), mais bien davantage que les 65 GW des énergies non renouvelables.

A la fin de l’année 2019, la capacité de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables était de 2 537 GW répartie comme suit :

Autres : 4,9%

Solaire : 23,2%

Eolien : 24,7%

Hydroélectricité : 47,2%

Même si l’expansion des énergies renouvelables a été plus lente l’année dernière, leur croissance totale dépassait de 2,6 fois celle des combustibles fossiles. La domination des énergies renouvelables dans l’expansion de la capacité se poursuit donc, confirmant une fois de plus la tendance amorcée en 2012 a analysé Christophe Magdelaine, auteur au site d’information notre-planete.info.

En 2019, les énergies renouvelables représentaient au moins 70% des nouvelles installations dans pratiquement toutes les régions, sauf en Afrique et au Moyen-Orient, où leurs parts respectives sont de 52 % et 26 %.

Ces ajouts ont porté la part des énergies renouvelables dans l’ensemble de la capacité énergétique mondiale à 34,7 %, contre 33,3 % à la fin 2018.

Voici les principaux résultats par filières pour l’année 2019 (entre parenthèse la capacité installée totale) :

. Hydroélectricité (1 190 GW) : la croissance a été anormalement faible en 2019, vraisemblablement à cause des retards dans plusieurs grands projets. La Chine et le Brésil représentaient la plus grande partie des ajouts, avec plus de 4 GW chacun.

. Énergie éolienne (623 GW) : + 60 GW de capacité installée. La Chine et les États-Unis ont confirmé leur domination, avec des ajouts respectifs de 26 GW et 9 GW.

. Énergie solaire (586 GW) : l’Asie domine une fois de plus l’expansion de la capacité solaire mondiale, avec un ajout de 56 GW, malgré un rythme plus lent qu’en 2018. Les États-Unis, l’Australie, l’Espagne, l’Ukraine et l’Allemagne étaient les pays les plus dynamiques en 2019.

. Bioénergie (124 GW) : l’expansion de la capacité provenant de la bioénergie est restée modeste en 2019, la Chine représentant la moitié de toutes les nouvelles installations (+ 3,3 GW). L’Allemagne, l’Italie, le Japon et la Turquie ont également montré une certaine progression.

. Énergie géothermique (14 GW) : sa capacité s’est accrue de 682 MW en 2019, soit légèrement plus qu’en 2018. Une fois de plus, la Turquie était en tête des ajouts avec 232 MW, suivie par l’Indonésie (+ 185 MW) et le Kenya (+ 160 MW).

Notons que l’installation de sources d’électricité hors réseau s’est accrue de 160 MW (+2%) pour atteindre 8,6 GW en 2019.

En 2019, l’installation de sources d’électricité non renouvelable se poursuivait mais avec une tendance forte à la décroissance en moyenne au niveau mondial. La croissance des énergies non renouvelable augmente uniquement en Afrique et au Moyen-Orient et en Afrique, tandis que l’Amérique du Nord et l’Europe démantèlent leurs vieilles centrales thermiques sans en construire (ou très peu) de nouvelles.

Le charbon poursuit sa lente décroissance dans le monde

Contrairement à une idée reçue, le recours au charbon comme source d’énergie poursuit sa décroissance depuis plusieurs années avec une diminution de 16 % du nombre de projets de centrale à charbon dans le monde en 2019 par rapport à 2018. Depuis 2015, le nombre de projets charbon a baissé au bas mot de 66 % ! (il s’agit de toutes les centrales annoncées et non annulées ni suspendues entre temps).

A titre d’illustration, note Christophe Magdelaine, sur un an, les projets de centrale en pré-construction (les plus susceptibles d’être annulés) se sont réduits de moitié en Inde, de 60 % en Amérique Latine, de 40 % en Afrique et de 22 % en Aise du Sud-Est.

Si la capacité de production d’électricité au charbon est en baisse depuis 2011 au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), près de la moitié de cette capacité se trouvait encore aux États-Unis en 2019.

Pourtant, sous l’administration Trump, l’arrêt des centrales américaines au charbon a augmenté de 67 % par rapport au mandat du président précédent, Obama : – 13, 7 Gw / an sous Trump (2017-2019) contre – 8,2 GW sous Obama (2009-2016).

Alors que les États-Unis et l’UE s’éloignent du charbon (y compris l’Allemagne), le Japon est désormais le principal moteur de la nouvelle production d’électricité au charbon dans l’OCDE, à la recherche d’alternatives suite au traumatisme de l’accident nucléaire de Fukushima. En effet, le Japon a 11,9 GW en projet sur son territoire et 25 GW de projets financés à l’étranger. Rien que sur son territoire, cela augmenterait de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de son parc actuel (de 3,9 à 5,8 milliards de tonnes).

« Bien que le charbon progresse toujours dans certains pays d’Asie, le reste du monde voit clairement une baisse globale de la flotte de charbon. Il s’agit d’une tendance internationale qui ne fera que se poursuivre », a déclaré Gyorgy Dallos, stratège mondial pour Greenpeace International. « Malheureusement, la Chine et le Japon sont toujours de plus en plus en décalage avec les tendances mondiales, devenant les plus grands pays construisant de nouvelles centrales au charbon et finançant le développement de l’énergie au charbon en Asie. »

Ces données proviennent du rapport Boom and Bust 2020 : Tracking The Global Coal Plant Pipeline qui est publié par Global Energy Monitor, Greenpeace, Sierra Club et Centre for Research on Energy and Clean Air.

Rappelons que Carbon Tracker a récemment estimé que le secteur était exposé à des pertes de 600 milliards de dollars du fait du manque de compétitivité des centrales existantes, en construction ou en projet face aux nouvelles capacités renouvelables (solaire et en éolien, qui peuvent désormais être couplés à des capacités de stockage afin de contourner leur variabilité/intermittence et d’assurer un courant stable jour et nuit).

Moctar FICOU / VivAfrik

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