Glencore met sa filière cuivre-cobalt au ralenti

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Du fait de la chute des cours, le géant suisse a décidé de suspendre l’activité de sa mine de Mopani, en Zambie, dans l’attente de jours meilleurs. Une décision qui fait suite à la suspension des activités à Mutanda, en RDC, l’an dernier, et que les autorités locales ont peu appréciée. Avec l’épidémie de coronavirus actuelle, Glencore, géant suisse des matières premières piloté par le Sud-Africain Ivan Glasenberg, continue de réduire sa voilure dans la ceinture africaine du cuivre, à cheval sur la RDC et la Zambie. En août 2019, Glencore avait déjà suspendu les activités de sa mine de Mutanda, près de Kolwezi, la plus grosse mine de cobalt au monde. En 2018, cette mine avait produit 27 000 tonnes de cobalt, ainsi que quelque 200 000 tonnes de cuivre. Mais sa production était jugée trop peu rentable après le krach que venait à l’époque de subir le cours du cobalt – utilisé pour la fabrication des véhicules électriques, le minerai avait fait l’objet de fortes spéculations. Glencore assurait donc vouloir remettre à niveau ses installations. Le 7 avril dernier, pour des raisons similaires et alors que les cours du cuivre sont bas – 5 119 dollars la tonne ce 16 avril, contre plus de 6 300 dollars fin janvier – et que le cobalt ne s’est guère relevé, le groupe suisse vient de procéder à la fermeture du site de Mopani, en Zambie. Un arrêt d’activité jugé intempestif par les autorités de Lusaka qui, le 14 avril, ont placé en détention, pendant plusieurs heures, le patron de la mine, l’Australien Nathan Bullock, au motif que le groupe minier n’aurait averti les autorités de sa décision qu’au dernier moment et de manière imprécise, relate jeuneafrique.com.

Le rythme de production annuel de Glencore revu à la baisse      

Après l’arrêt de Mopani, qui a produit près 119 000 tonnes de cuivre et environ 2000 tonnes de cobalt en 2018, Glencore ne dispose désormais plus que d’une seule mine en exploitation dans la région, celle de Kamoto, en RDC, aux mains de sa filiale Katanga Mining, également proche de Kolwezi. Du fait de l’épidémie de coronavirus et notamment d’un confinement de trois jours début avril, son rythme de production annuel – 234 000 tonnes de cuivre et 17 000 de cobalt en 2019– a été revu à la baisse, même si Glencore, contacté par Jeune Afrique, refuse de communiquer le rythme extractif actuel. Le groupe suisse, dont les activités minières arrivent loin derrière celles de négoce, est coutumier des décisions abruptes d’arrêt de production en fonction des conditions de marché. Une culture d’entreprise qui lui a valu de multiples conflits avec les autorités des deux pays de la ceinture africaine du cuivre. Au-delà des contributions fiscales majeures perdues du fait de la fermeture – environ 1,3 milliard de dollars en 2018 pour la RDC du fait de l’rrêt de Mutanda – les mines de Glencore sont de gros employeurs : pas moins de 6 000 salariés directs et indirects se sont soudainement retrouvés sans activité à Mutanda, et ils sont autour 11 000 à Mopani. Si le groupe d’Ivan Glasenberg, basé dans le discret canton suisse de Zoug, fait valoir à Jeune Afrique ses investissements massifs en RDC et en Zambie – pour permettre de redémarrer à plein régime une fois que les cours seront revenus au beau fixe – l’épidémie de coronavirus ralentit aussi les opérations de maintenance et de développement, y compris à Kamoto, où le groupe indique un retard dans la construction de sa nouvelle usine de production d’acide sulfurique, utilisé pour le traitement des minerais, poursuit le média panafricain. 

Afrique du Sud : les principaux producteurs d’or reprennent progressivement les activités en plein Covid-19

Les compagnies minières AngloGold Ashanti et DRD Gold, actives dans l’exploitation de l’or en Afrique du Sud, ont obtenu des autorisations pour reprendre leurs activités malgré le confinement en cours jusqu’au 30 avril pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Elles pourront travailler avec un personnel réduit, principalement pour des opérations de surface en mettant toutefois en place des mesures de précautions pour limiter le risque de propagation du virus. Dans le même temps, Harmony Gold qui poursuit les opérations de retraitement en surface à sa mine à ciel ouvert, a conclu un accord avec le syndicat national des travailleurs des mines (NUM) pour la reprise complète des opérations minières le 2 mai. « Nous attendons de toutes les sociétés minières d’Afrique du Sud qu’elles respectent les mesures strictes de santé et de sécurité pour lutter contre le virus dans leurs activités […]. Nous n’hésiterons pas à dénoncer les compagnies qui ne les respecteront pas », a indiqué le syndicat dans des propos relayés par Mining Weekly. Il faut noter que la reprise des activités minières (globalement interrompues depuis le 26 mars 2020) obéit à un impératif économique aussi bien pour les compagnies que pour l’État. En effet, le secteur minier contribue énormément à lutter contre le chômage, mais représente également une part importante des revenus d’exportation du pays. L’Afrique du Sud est le 3e producteur d’or du continent et le leader mondial dans la production de métaux du groupe de platine, apprend-on de l’agenceecofin.com. Moctar FICOU / VivAfrik                                                

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