Notre responsabilité est de modifier nos comportements

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La pandémie de Covid-19 inquiète et la menace que représentent les virus ou autres maladies doit nous faire réfléchir. Le bouleversement du climat, la biodiversité en déclin favorisent inéluctablement les maladies. L’homme détruit les milieux naturels trop rapidement. Chaque année, 13 milliards d’hectares de forêts disparaissent dans le monde. L’équivalent de 40 terrains de football chaque minute. 85 % des zones humides supprimées ces soixante dernières années. Le changement climatique va-t-il provoquer des épidémies dans le futur ? Avec nos modes de vie, nos consommations voire nos surconsommations inutiles, nos envies parfois farfelues, nos déplacements, nous provoquons une accélération du réchauffement de la planète. Le pergélisol (sol gelé en permanence durant au moins deux ans) se dégèle, il pourrait perdre 70 % de sa surface d’ici 2100. Ce phénomène risque de libérer des gaz à effet de serre, mais également des bactéries et virus encore inconnus à ce jour. Par ailleurs, la déforestation, principalement en Amazonie, en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est, est responsable de 20 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre. La destruction de ces forêts provoque la disparition ou la migration d’espèces animales ou bien des interactions entre ces espèces qui étaient jusqu’alors confinées avec des humains, a soutenu Christophe Morgo dans une de ses contributions relayée par midilibre.fr.

D’autres épidémies ?

Parmi ces espèces animales, le moustique tigre, confiné à l’origine dans les forêts d’Asie du Sud-Est, a été disséminé par l’homme par le biais des transports internationaux et a ainsi colonisé une centaine de pays, dont la France, avec les conséquences que nous connaissons très bien : vecteur d’agents pathogènes pour l’Homme, il a contribué à propager les virus de la dengue, du chikungunya, du Zika, etc. La consommation des espèces sauvages exotiques pose également problème. Ces espèces animales, de plus en plus chassées afin d’alimenter les marchés, les touristes ou les autochtones, peuvent être vectrices de virus ou de bactéries. Parmi les contributeurs à cet état de fait, les chauves-souris, très présentes dans ces territoires forestiers primaires, sont en interaction directe entre la faune sauvage et les hommes qui pénètrent sans cesse plus avant dans ces sanctuaires naturels. Or, c’est bien connu, les chauves-souris sont des réservoirs de virus dangereux. On rencontre dans le monde plus de 1 200 espèces de chauves-souris et au total plus de 60 virus ont été détectés à partir d’organes, de sang ou d’excréments de cet animal. Ces animaux peuvent vivre jusqu’à 40 ans, ce qui favorise le risque d’infection. Divers agents pathogènes sont transmis par cet animal, sans oublier les maladies transmissibles aux animaux domestiques ou d’élevages. Il serait injuste d’incriminer uniquement les chauves-souris, des peuplades vivent et cohabitent avec elle sans être pour autant affectées. Mais, tout simplement, nous, humains vivant dans des lieux urbains, saturés et pollués, sommes plus vulnérables aux virus. Il est évident que le monde ne sera pas le même après la pandémie qui nous frappe. L’humanité sera-t-elle à la hauteur du défi ? Cette pandémie n’est sûrement pas la dernière, les nations du monde pourront-elles en assumer une autre ? Il est de notre responsabilité de modifier nos comportements afin de préserver les écosystèmes et le climat qui sont la première assurance-vie pour l’humanité, renseigne M. Morgo dans les colonnes du site d’information citée plus haut.

Et si le Covid-19 donnait du répit à l’environnement ?

Malgré l’angoisse naissante du confinement et une crise sanitaire sans précédent suite à la propagation du coronavirus (Covid-19) dans le monde, il se pourrait que la Terre, finalement, tire son épingle du jeu. Le confinement a bien fait son travail. Des images récemment partagées par la NASA montrent une forte baisse d’émission de dioxyde d’azote – qui proviennent de la combustion de combustibles fossiles – en Chine. Selon des « estimations à prendre avec précaution » partagées par Marshall Burke, un scientifique de l’université de Stanford, cette réduction n’est pas si étonnante. « Elle a probablement sauvé la vie de 4 000 enfants de moins de cinq ans et de 73 000 adultes de plus de 70 ans en Chine », a-t-il déclaré dans un communiqué. Mais il n’oublie pas le fait que cela ne diminue en rien la dangerosité d’une pandémie.  » Ici, nous n’apprenons rien, si ce n’est une once de satisfaction face à cette baisse de la pollution de l’air en Chine – premier foyer du Covid-19. En Italie, même surprise. A Venise, depuis le début de la quarantaine, « l’eau qui coule dans les canaux (…) est claire pour la première fois depuis toujours » peut-on lire sur Twitter. « Venise aujourd’hui avec une eau cristalline jamais vue depuis 60 ans, juste après 6 jours de quarantaine, le côté positif du coronavirus. » La baisse d’activité générale laisse effectivement du répit à l’environnement, qui reprend ses droits. « C’est tout le paradoxe de la crise actuelle. Le niveau de pollution va se trouver réduit, grâce à des mesures drastiques qui n’ont pas été choisies. On voit la qualité de l’air qui s’améliore, en Chine ou ces derniers jours en Italie, les dauphins qui reviennent nager dans les ports de Sardaigne… » a confié François Gemenne, chercheur à l’université de Liège et membre du Giec, à nos confrères du Point. « Finalement, c’est la pandémie qui aura le plus d’impact sur le réchauffement climatique (…) Pour un bilan d’environ 3 500 morts du coronavirus, combien de vies épargnées par une meilleure qualité de l’air ? » interroge-t-il, dans les colonnes de rollingstone.fr.

Moctar FICOU / VivAfrik

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