Covid-19 – Sénégal : le DG de la SAED évoque l’urgence d’atteindre la souveraineté alimentaire

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Le directeur général (DG) de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et de la vallée du fleuve (SAED) a soutenu que la crise sanitaire du nouveau coronavirus rappelle l’urgence d’atteindre la souveraineté alimentaire.

« La pandémie du Covid-19 qui a fini de gagner tous les pays du monde, avec une quasi paralysie de l’économie mondiale, montre à suffisance qu’il faudrait que nos pays soient autonomes du point de vue de leur alimentation », a laissé entendre Aboubacry Sow qui s’exprimait vendredi 3 mai 2020 à l’issue d’une visite des périmètres emblavés dans la vallée du fleuve Sénégal.

Il a rappelé que depuis 2012, le Sénégal s’est engagé dans cette perspective par la mise en place du programme d’autosuffisance alimentaire en riz dans la vallée, ainsi que le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS).

D’ailleurs, a-t-il relevé, le chef de l’Etat, en Conseil des ministres, a donné des instructions pour « aller vers cette souveraineté alimentaire, pour toutes productions alimentaires, notamment céréalières et horticoles ».

Cette souveraineté alimentaire est « la seule voie de salut pour notre pays pour faire face à ces événements qui peuvent arriver et qui sont imprévisibles ».

Pour cette campagne de contre saison chaude, le DG de la SAED a souligné qu’à la date d’aujourd’hui, « les superficies qui ont fait l’objet d’une mise en culture portent sur près de 49.500 hectares (…) soit, plus de 4000 hectares par rapport à l’année dernière ».

« Cela est important, car dans l’histoire de la mise en valeur dans la vallée du fleuve Sénégal, surtout pour les campagnes de contre saison chaude, c’est la première fois qu’on a atteint des superficies aussi importantes », s’est-t-il réjoui.

Cette performance a été rendue possible grâce à la « conjonction » de plusieurs activités menées par les partenaires financiers, dont principalement la CNCAS, devenue banque agricole du Sénégal, a-t-il salué.

Elle a investi cette année une enveloppe de 9 milliards de francs CFA, pour financer la campagne, avec l’appui d’autres partenaires financiers, a dit le patron de la SAED.

Aboubacry Sow a signalé qu’un comité régional a été mis en place pour la prise en charge de la programmation et le suivi évaluation de la campagne agricole. Ce comité regroupe l’ensemble des partenaires, notamment la DRDR, le CIRID et AFRICA RICE.

Selon lui, il s’agira de réfléchir sur tout ce qui se passe pour cette campagne de contre saison chaude, depuis la programmation, jusqu’au niveau de l’évaluation, avec un plan d’action bien élaboré qui est en train d’être déroulé.

Les résultats obtenus pour cette campagne, ont été rendus possibles par la qualité du service de l’eau, a-t-il dit.

« Emblaver plus 36.000 hectares dans le delta autour du Gorom-Lansar, ce n’était pas évident. Car, il y a quelques années de cela, précisément en 2008, avec une production sur 5000 hectares, les agriculteurs faisaient face à une tension terrible sur les ressources en eau et aujourd’hui, on arrive à emblaver plus de 49.000 hectares sans aucun problème d’eau », a souligné M. Sow.

S’agissant de l’eau toujours, le DG de la SAED a salué les travaux de maintenance, l’enlèvement du typha et des plantes aquatiques envahissantes.

Selon lui, le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, a mis à la disposition des agriculteurs de la vallée, la totalité des intrants, surtout les engrais, pour les besoins des 49.000 hectares.

Toutefois, a-t-il signalé, « des défis importants sont attendus pour les récoltes de cette année ». Il a évoqué la lutte anti-aviaire, les oiseaux et les rats, autant de facteurs qui pourraient porter atteinte à « cette importante production attendue pour les mois avenir ».

Le directeur de la SAED a rappelé qu’une tournée a été menée dans le delta, pour exhorter les agriculteurs à aller vers cette campagne, surtout avec la crise sanitaire du Covid-19.

De son coté, Ousseynou Ndiaye, président du comité interprofessionnel riz, dans la vallée du fleuve Sénégal, a soutenu qu’aujourd’hui, avec « un rendement de 6 tonnes à l’hectare, les agriculteurs de la vallée peuvent s’attendre à une production de 300.000 hectares, un record pour cette campagne de contre saison chaude ».

Selon lui, « la SAED a fait des efforts considérables en dégageant des fonds de 50 millions de francs Cfa, pour réfectionner les axes hydrauliques et les canaux de drainage et les ouvrages (….) ».

Il a plaidé pour la mise à leur disposition du matériel pour la récolte notamment des moissonneuses batteuses.

« Il faut que cela se passe rapidement, parce que si l’on veut faire une campagne hivernale sur les 50.000 hectares, il faudra nécessairement récolter vite pour libérer les parcelles, avant la tombée de l’hivernage », a-t-il insisté.

Moctar FICOU / VivAfrik

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