La Banque Mondiale finance la lutte contre les criquets pèlerins en Afrique de l’est

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L’institution de Breton Wood a mobilisé un investissement évalué à 500 millions de dollars pour lutter contre les insectes ravageurs notamment en Afrique de l’est. Cette région est touchée par une invasion d’insectes inédite et se trouve dans une situation très délicate, car aux criquets, se joignent d’autres crises qui risquent de faire tomber la région dans une situation humanitaire catastrophique.

Les images de ces myriades de criquets pèlerins qui ravagent les cultures en un temps record sont impressionnantes. « Au Kenya, de très larges essaims comme ceux observés en janvier dévorent chaque jour deux fois plus que ce que mange la population du pays en verdure ! », précise Holger Kray, responsable opérationnel agriculture et sécurité alimentaire à la Banque mondiale.

Elle travaille en coopération avec l’Organisation mondiale de l’agriculture (FAO). «Les criquets représentent une double crise pour les pays qui doivent combattre la pandémie de Covid-19», s’alarme David Malpass, le président de la Banque mondiale. Ils exposent les populations les plus pauvres et les plus vulnérables à un risque de crise alimentaire plus élevé.

L’adage : « un malheur n’arrive jamais seul » s’applique malheureusement cette année à l’Afrique de l’Est. A la suite de pluies exceptionnelles, la région subit sa pire invasion de criquets en 70 ans. L’argent de la Banque Mondiale ira directement aux familles, aux éleveurs, agriculteurs, à l’achat d’engrais et de graines ainsi qu’au financement des mécanismes de surveillance et d’alerte.

Cyril Ferrand de la FAO décrit une situation « très préoccupante avec de plus en plus de nuées en train de se former, créant une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire ». En effet, avec les pluies, les cultures sur le point de pousser n’auront plus qu’à être dévorées par les insectes. Des précipitations qui ont fait des centaines de morts, avec inondations, glissements de terrain, et destructions en tout genre. Le lac Victoria atteint par exemple des niveaux jamais observés.

Et le cercle vicieux s’agrandit, puisque les pluies ont déclenché une épidémie de choléra au Kenya, avec déjà plus de 500 malades.

Tout cela dans le contexte du Covid-19 qui frappe violemment des économies fragiles et entrave l’action humanitaire. Exemple au Soudan du Sud, où après un massacre ethnique et des centaines de morts le week-end dernier, le CICR dit avoir beaucoup de mal à intervenir à cause des restrictions imposées par le coronavirus. Cela veut dire des difficultés pour les transports, les déplacements et la baisse du nombre de lits. L’organisation prédit de nombreux morts supplémentaires, car les blessés ne pourront pas être soignés.

Moctar FICOU / VivAfrik                 

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