Le WWF s’oppose à la première certification durable d’une pêcherie de thon rouge dans l’Atlantique

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Le Fonds mondial pour la nature (WWF) s’oppose à la certification de durabilité potentielle par le Marine Stewardship Council (MSC) de la première pêcherie de thon rouge de l’Atlantique, à la suite d’un processus d’évaluation discutable qui a ignoré à plusieurs reprises le statut fragile du stock. L’organisation appelle, selon un communiqué de son bureau Afrique du Nord basé à Tunis, à  « stopper le processus de certification en cours et à faire pression sur les gouvernements afin qu’ils améliorent les contrôles des pêcheries ainsi que leur traçabilité ». « En tant que partie prenante impliquée dans la protection et la gestion efficace des stocks de thon rouge, nous avons partagé nos opinions scientifiquement appuyées dans le cadre de la procédure de certification, mais celles-ci ont été sommairement rejetées », déplore Giuseppe Di Carlo, directeur de l’Initiative marine méditerranéenne du WWF. Di Carlo fait état par ailleurs de « la nécessité d’une gestion préventive et précautionneuse pour assurer la sauvegarde de cette espèce emblématique ». Les oppositions à la certification ont été ouvertes les 1er et 2 juin 2020. Le WWF va présenter les arguments de cette opposition à la certification actuelle d’une pêcherie de thon rouge “qui a ignoré les meilleures données scientifiques disponibles sur le sujet ». Ce qui a engendré une évaluation très positive de la pêche qui ne reflète pas la réalité du stock dans la mer, ajoute Di Carlo. Le WWF a longtemps averti que la rigueur scientifique que le MSC prétend appliquer pour respecter la durabilité des stocks de poissons est souvent négligée lors des processus de certification. Dans le cas du thon rouge de l’Atlantique Est, une population de thon rouge qui est passée de largement abondante à fortement surexploitée et qui est encore illégalement pêchée, une science rigoureuse et une approche de précaution devraient être considérés. Pour confirmer davantage la nécessité d’une évaluation scientifiquement valable, le WWF a également commandé une deuxième évaluation indépendante des pêcheries de thon rouge par le biais d’un autre CAB accrédité MSC, SAI-Global. L’évaluation a indiqué que “des problèmes graves ont été identifiés et la pré-évaluation a prédit un échec global pour le principe 1 des normes MSC. Le WWF estime qu’indépendamment de la taille et du type des pêches, les mesures de conservation et de gestion actuellement en place ne garantissent pas que le thon rouge de l’Atlantique soit capturé ou commercialisé de manière durable. « Nous sommes fortement préoccupés par le fait que l’octroi de la certification MSC à la première pêcherie de thon rouge de l’Atlantique enverra un mauvais message aux consommateurs qui font confiance au label, étant entendu qu’il s’agit d’une preuve de durabilité. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas », conclut Di Carlo, lit-on à webmanagercenter.com.

PNUE : bâtir des systèmes économiques respectueux de la nature post Covid-19

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement soutient les efforts mondiaux pour protéger la biodiversité, pour mettre fin au commerce illégal des espèces sauvages, pour protéger la manipulation des produits chimiques et des déchets et pour promouvoir des plans de relance économique qui prennent en compte la nature et l’urgence climatique. Il aide aussi les pays à se reconstruire après la pandémie. Outre les effets sur la santé humaine, la Covid-19 a frappé à un moment où les solutions basées sur la nature étaient en augmentation. 2020 devait être une année pour accélérer la décennie d’action sur les efforts en matière d’écosystème et de biodiversité. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) soutient les milliards de personnes touchées par la pandémie de Covid-19. Le PNUE aide aussi les pays à se reconstruire après la pandémie pour qu’ils soient plus résilients face aux crises à venir. À ce jour, la pandémie de Covid-19 représente l’avertissement le plus sérieux lancé par la planète enjoignant l’humanité à changer de cap. La mise à l’arrêt de l’activité économique ne représente qu’une réponse à court terme. Ce n’est qu’en bâtissant des systèmes économiques respectueux – et non pas hostiles – vis-à-vis de la nature que les pays du monde entier pourront prospérer. Plusieurs pays allant de la Chine au Canada ou encore Haïti et le Royaume-Uni ont lancé de nombreuses initiatives, appuyées par le PNUE. Dans le cadre de la Journée internationale de la biodiversité (22 mai) et de la Journée mondiale de l’environnement (5 juin), Valérie Plante, maire de la ville de Montréal et ambassadrice mondiale de l’ICLEI, le Conseil international pour les initiatives écologiques locales, a publié une lettre ouverte pour les villes afin de réfléchir à leur relation avec la nature. La lettre est un appel à l’action pour que les maires et les dirigeants des gouvernements locaux et infranationaux s’engagent à arrêter et inverser les tendances à la perte de biodiversité, et à protéger la nature, en particulier dans les plans de rétablissement post-Covid-19. Environ 2 000 maires et dirigeants communautaires locaux l’ont reçue. « En tant que maires et dirigeants des gouvernements locaux et infranationaux, nous avons une opportunité unique et une responsabilité importante de protéger notre biodiversité et nos écosystèmes de manière à restaurer les relations de l’humanité avec la nature, en particulier lors de l’élaboration de nos plans de rétablissement post-Covid-19. Ensemble, prenons des mesures énergiques pour créer des villes saines et dynamiques, où les gens et la nature peuvent s’épanouir, » a écrit Valérie Plante, renseigne news.un.org.

1 000 stations de lavage des mains du PNUE en Haïti

Le PNUE a produit et installé 1 000 stations de lavage des mains en Haïti. Cela aidera les communautés à accéder à une bonne hygiène des mains et à la maintenir, essentielle pour empêcher la propagation du Covid-19. Les dispositifs portables pour le lavage des mains sont fabriqués à partir de seaux d’huile de cuisson réutilisés et équipés de robinets en plastique et de tubes de plomberie. Ils seront distribués aux communautés de Port Salut, Saint Jean du Sud et La Cahouane. Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, se classant 163ème sur 189 pays dans l’indice de développement humain des Nations Unies. Cette initiative du PNUE est soutenue par la Direction de la protection civile du ministère de la Santé publique et de la Population et l’ONG Pêche artisanale et développement intégré. La Fondation Reef-World – le coordinateur international de l’initiative Green Fins du Programme des Nations Unies pour l’environnement – a lancé de nouvelles lignes directrices pour aider les opérateurs de plongée et de plongée en apnée à garder une stratégie environnementale en tête de leur agenda malgré les nombreux changements qui ont lieu pour les entreprises de voyage à la suite de la crise de la Covid-19. L’utilisation d’agents de nettoyage chimiques est largement considérée comme l’option la plus sûre lors de la désinfection des équipements, des surfaces et du linge dans le climat actuel. Cependant, de nombreux produits de nettoyage et cosmétiques contiennent des substances dangereuses pour le milieu marin. En tant que tel, Reef-World a lancé Green Fins Guidelines for Environmental Best Practice for Chemical Cleaning Agents (Lignes directrices pour les meilleures pratiques environnementales pour les agents de nettoyage chimiques) pour aider les opérateurs de plongée et de plongée avec tuba à gérer les agents de nettoyage chimiques d’une manière respectueuse de l’environnement. Ces recommandations constituent une consolidation des meilleures pratiques connues en matière de gestion et d’élimination des déchets dangereux et des produits chimiques pour un impact environnemental minimal. Le guide Green Fins – qui devrait être utilisé en plus, et non à la place, des recommandations de santé et de l’OMS sur la prévention de la propagation du virus, explique comment traiter les déchets dangereux qui peuvent constituer une menace importante pour le milieu marin, a, sous un autre registre relayé le média onusien.

Moctar FICOU / VivAfrik                                           

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