« Chaque année, entre 160 000 et 200 000 jeunes arrivent sur le marché du travail », selon le ministre Sénégalais de l’Agriculture

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Le ministre Sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, le Pr Moussa Baldé, a relevé que le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Banque africaine de développement (BAD) ont compris, à travers le co-financement du projet baptisé « Agrijeunes Tekki Ndawñi » qui a pour dessein l’insertion des jeunes ruraux et des jeunes agripreneurs, l’appel du président de la République, Macky Sall, visant à consacrer des efforts plus soutenus dans l’emploi et dans l’employabilité des jeunes.

Venu présider la cérémonie de lancement dudit projet ce jeudi 18 juin 2020 dans la salle de réunion du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural sis à la Sphères ministérielles de Diamniadio, il a révélé que ce projet, « d’un coût de 54 milliards FCFA devrait aider à une meilleure implication des jeunes dans l’exploitation des opportunités des chaines de valeurs agro-sylvo-pastorales dans la zone des Niayes, le Bassin arachidier, la zone sylvo-pastorale et la Moyenne et Basse Casamance ». En vue de l’urgence de trouver des répons adéquates aux préoccupations des couches bénéficiaires, le ministre engage tout le personnel du projet à travailler dans la diligence pour promouvoir l’inclusion socio-professionnelle des jeunes ruraux dans les exploitations familiales et les activités rentables, créatrices de revenues et d’emplois décents et durables dans les chaines de valeurs agro-sylvo-pastorales et halieutiques.

Selon M. Baldé, les défis sont encore là. Beaucoup de jeunes sont toujours victimes de l’exclusion des créneaux porteurs de valeurs ajoutées et de richesses, les confinant ainsi dans le sous-emploi et le chômage. « Chaque année, c’est entre 160 000 et 200 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail dont 57 % sont des ruraux. Devant cette situation, certains jeunes sont même tentés par l’émigration clandestine pour découvrir d’autres continents à leurs risques et périls », a déploré le responsable.

Le projet « Agrijeunes Tekki Ndawñi » devra aider à trouver des solutions par rapport aux difficultés d’accès à l’information et au service d’orientation et de conseil, à la faible qualification, les carences techniques et managériales affectant la capacité des jeunes à entreprendre, aux dispositifs d’appui à la promotion de l’emploi mal adaptée au secteur agricole, aux difficultés d’accès au service financier émoussant l’engagement des jeunes et limitant leur ambition sans oublier les contraintes foncières, a indiqué le ministre.

Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement a défini de nouvelles orientations pour promouvoir l’inclusion socioprofessionnelle des jeunes avec un objectif annuel de 100 000 à 150 000 emplois décents, productifs et rémunérateurs. Ces derniers seront soutenus par des investissements pour le développement des secteurs productifs à fort potentiel d’emplois, comme le secteur agroalimentaire.

« C’est dans ce cadre que le FIDA a décidé d’accompagner le gouvernement du Sénégal, à travers le Projet d’appui à l’insertion des jeunes ruraux agripreneurs (Agri-jeunes Tekki Ndawñi) pour la modernisation des exploitations familiales, la diversification et l’intensification », a dit le Dr Sémou Diouf, chargé de programmes au sein du Fonds international de développement agricole.

A l’en croire, l’objectif du projet est de faciliter l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes agripreneurs dans les villages du Sénégal.                     

A terme, « le projet permettra à 45 000 jeunes ruraux d’exercer des activités économiques rémunératrices de revenus, leur garantissant un revenu décent dans les chaines de valeur agro-sylvo-pastorales et halieutiques à travers un capital d’installation (capital-set) pour 30 000 jeunes en formation-insertion mais aussi à travers un crédit productif pour 15 000 agripreneurs », a précisé M. Diouf.

Qui ajoute que 50 000 jeunes seront orientés vers des dispositifs de renforcement de capacités nécessaires à la gestion durable de leurs activités, puis appuyés pour la préparation de microprojets et de plans d’affaires et accompagnés pour la réalisation.

Le chargé de programmes au sein du Fonds international de développement agricole a confié que le projet « le Agri-jeunes Tekki Ndawñi » interviendra dans 8 régions administratives à savoir : Louga, Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Sédhiou et Ziguinchor, réparties dans les 4 Zones agroécologiques des Niayes, du Bassin arachidier, de la zone sylvopastorale et de la Basse et Moyenne Casamance. Ce qui représente 38,2% du territoire national et abrite 55% de la production et plus de 60% de jeunes.

Concluant son speech, M. Diouf relève que le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, tutelle technique du projet, « assure la mise en œuvre à travers un comité de pilotage et une unité de coordination prévue à Kaolack. Deux antennes seront installées : l’une à Louga et l’autre à Ziguinchor et que des partenariats seront développés avec les institutions de financement, les structures d’accompagnement, de renforcement des capacités et d’appui à la création d’emplois ».

Moctar FICOU / VivAfrik            

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