Pêche illégale en Mauritanie : échec d’une tentative de sortie frauduleuse de plus d’un million de dollars

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Les autorités mauritaniennes ont ouvert une enquête à propos d’une tentative de sortir illégalement 1,4 million de dollars à bord d’un bateau de pêche turc, arrêté jeudi alors qu’il s’apprêtait à quitter les eaux territoriales mauritaniennes. Selon les sources de Sahara Medias c’est un intermédiaire mauritanien travaillant avec les trafiquants qui a alerté les forces de sécurité de l’opération. L’opération aurait pu se dérouler sans accrocs s’il n’y avait pas eu un malentendu entre les trafiquants et leur intermédiaire mauritanien à propos du montant que celui-ci devait recevoir ce qui l’a amené à alerter les autorités. Une unité des garde-frontières accompagnée par des gendarmes et des policiers ont immobilisé le bateau et découvert le montant soigneusement caché. Le capitaine de navire a été interpelé et le montant confisqué et remis à la banque centrale de Mauritanie comme le prévoit la loi. Selon les sources de Sahara Medias ce bateau turc est entré dans les eaux territoriales mauritaniennes depuis 5 ans, comme navire de pêche appartenant à la société ALFA SERVICE LTD, une société spécialisée dans la fabrication du Moka et de l’huile de poisson. La société, sur son site électronique, a écrit qu’elle a été inaugurée en 2008 par le premier ministre de l’époque et le ministre des pêches et de l’économie maritime, et qu’elle produisait quotidiennement 150 tonnes, un tonnage porté par la suite à 300 tonnes. Des sources locales révèlent que la société appartient à un homme d’affaires ghanéen domicilié depuis longtemps à Nouadhibou et dont certaines photos apparaissent sur le site de la société. Celle-ci possède l’une des plus grandes usines du Moka à Nouadhibou, située au port de la pêche artisanale et avait reçu la visite de l’ancien président Mohamed O. Abdel Aziz, des ministres et de hauts responsables. La société ALFA SERVICE LTD gère un grand nombre de bateaux étrangers qui, pour les besoins de leur maintenance, se rendent dans leur pays d’origine après avoir achevé certaines formalités auprès des autorités mauritaniennes. Ce bateau turc, qui fait partie justement de cette flotte étrangère gérée par la société, après avoir accompli ses formalités, s’apprêtait à lever l’ancre avant d’être arraisonnée par les autorités mauritaniennes pour détention et trafic de devises, une affaire dont on sait encore peu de choses. Selon le correspondant de Sahara Medias à Nouadhibou, citant des sources proches du dossier, la société ALFA SERVICE LTD avait déclaré auparavant que le nom de l’homme d’affaires ghanéen avait été cité dans un dossier de trafic de devises. Une plainte aurait été déposée contre lui pour sortie illégale d’un montant de 500.000 dollars. Cette plainte, vieille de trois ans, avait été classée, et aucune accusation n’a été prononcée contre l’homme d’affaires ghanéen, quand bien même l’affaire est restée inscrite dans les archives du tribunal commercial de la ville de Nouadhibou. Cette tentative de trafic de devises découverte jeudi intervient alors que le covid-19 avait obligé les pays à fermer leurs frontières et à suspendre les vols, n’autorisant à circuler librement que les navires et les cargos, détaille cridem.org.                                

Taïwan veut interdire la pêche de trois espèces de requin au large de ses côtes

L’agence des Pêches de Taïwan a annoncé son intention d’interdire la capture de trois espèces de requin : le grand requin blanc, le requin pèlerin et le requin grande-gueule. Même lorsqu’ils sont pris accidentellement dans des filets, les poissons devront être relâchés. Plus de cent millions de requins sont tués chaque année à travers le monde, selon les estimations. Y compris des espèces considérées comme vulnérables ou menacées. C’est donc une bonne nouvelle que vient d’annoncer Taïwan. L’agence des Pêches du pays a dévoilé son intention d’interdire la capture de trois espèces – le grand requin blanc, le requin pèlerin et le requin grande-gueule – au large de ses côtes. Selon la Central News Agency, l’interdiction doit être officiellement annoncée cette semaine et prendre effet au cours des soixante prochains jours. Elle obligera les navires de pêche à relâcher les squales de ces trois espèces même lorsqu’ils sont capturés par accident. Un argument régulièrement avancé par les pêcheurs pour justifier leurs prises. Cette décision survient peu après la capture de six requins grande-gueule (Megachasma pelagios) au large des côtes est de Taïwan. Les spécimens d’une tonne et d’environ quatre mètres ont été pêchés en l’espace de quelques jours seulement entre le 15 et le 18 juin dernier, déclenchant de vives critiques de la part des défenseurs des requins et de la faune sauvage. Les pêcheurs avaient nié, d’après Taïwan News, avoir intentionnellement capturé les squales, affirmant que leur prix n’était pas particulièrement élevé sur le marché et qu’ils avaient été trouvés morts dans leurs filets. Depuis 2013, l’agence des Pêches demande aux navires de signaler toute prise de cette espèce et de conserver la carcasse durant 24 heures afin de réaliser des prélèvements en vue d’études scientifiques. Au cours des sept dernières années, 136 captures ont été rapportées. L’espèce étant rarement rencontrée et demeurant méconnue, ces efforts sont toutefois jugés insuffisants. Il y a quelques jours, l’ONG Environment and Animal Society of Taiwan (EAST) a ainsi annoncé avoir conclu un accord historique avec des pêcheurs. Cet accord engage les navires à remettre dans l’océan tous les requins grandes-gueules capturés dans leurs filets, qu’ils soient vivants ou morts au moment de la prise. « Ceci garantira chaque année le retour de dizaines de requins dans leur habitat naturel », explique l’EAST dans un communiqué. Cela permettra aussi « d’éliminer la motivation financière à capturer ces requins pour leur viande et leurs nageoires ». A travers cette coopération, les pêcheurs se sont également engagés à travailler avec les scientifiques pour faire avancer les recherches sur cette mystérieuse espèce. « Lorsqu’un scientifique qualifié est disponible », les requins grandes-gueules vivants seront ainsi « tagués (marqués à l’aide d’une balise, ndlr) avant d’être relâchés dans la nature ». Selon Chu Tseng-hung, directeur général d’EAST, seules 226 observations de cette espèce ont été recensées au cours des 34 dernières années, dont 146 à Taïwan. Ce serait ainsi à Taïwan que surviennent deux-tiers des captures mondiales de requin grande-gueule, donnant à l’île un « rôle vital dans la protection de cette espèce unique et vulnérable », affirme l’EAST, renseigne geo.fr.

D’autres espèces protégées des captures

L’appel semble avoir été entendu par le gouvernement qui a visiblement décidé d’aller plus loin. En plus du grande-gueule classé « préoccupation mineure » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’interdiction devrait donc concerner deux autres espèces, le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) et le requin pèlerin (Cetorhinus maximus) respectivement classés « vulnérable » et « en danger ». Selon Focus Taiwan, bien que cette nouvelle législation interdise la prise des trois espèces, l’agence des Pêches a précisé que des captures à visée éducative ou de recherche scientifique pourront être autorisées à condition d’être approuvées par le conseil de l’Agriculture. Une précision qui n’a pas entaché la bonne nouvelle pour l’EAST. « C’est une avancée monumentale pour la conservation des requins à Taïwan et dans le Pacifique asiatique », s’est réjoui dans un communiqué, Yu-Min Chen. « Après des années à mettre en lumière le sort de ces espèces, nous accueillons avec joie cette décision de l’agence des Pêches pour protéger nos écosystèmes marins mondiaux ». Taïwan a déjà mis en place une interdiction similaire pour empêcher les captures accidentelles et la vente de requins baleines en 2008 et de deux espèces de raies mantas en 2018. Une interdiction que le gouvernement a renforcé en juin dernier en alourdissant les peines en cas de dérangement ou de capture de ces animaux marins. Taïwan demeure à ce jour parmi les cinq pays capturant le plus de requins et parmi ceux qui importent et exportent le plus de squales, selon l’ONG WildAid. En 2018, plus de 8.200 tonnes d’ailerons et de viande de requin ont été importés sur l’île, pour une valeur d’environ 10 millions d’euros, indiquent des chiffres de l’agence des Pêches, ajoute geo.fr.

Moctar FICOU / VivAfrik

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