Ile Maurice : des habitants se mobilisent pour protéger la côte face à la menace de marée noire

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Un vraquier transportant 200 tonnes de diesel et 3 800 tonnes d’huile lourde s’est échoué sur un récif de la côte sud-est de l’île. Une fuite d’hydrocarbures fait craindre une catastrophe écologique. Circonscrire avant qu’il ne soit trop tard. Des milliers de personnes se sont réunies, dimanche 9 août 2020, sur la côte sud-est de l’île Maurice pour protéger leur côte face à la marée noire qui menace de s’écouler des réservoirs du vraquier Wakashio. Des centaines de volontaires s’efforcent de tresser des barrages flottants en chanvre et en tissu afin de circonscrire la nappe de carburant. D’autres, couverts de carburant et d’huile, portant masques et gants de caoutchouc, tentent de ramasser dans des seaux les produits échappés du navire. Environ 1 000 des 4 000 tonnes de carburant contenus dans les réservoirs du Wakashio se sont déjà déversés en mer, a indiqué à la presse le vice-président de la Mitsui OSK Lines, qui opérait le navire. Le cargo était par ailleurs vide, le carburant en question étant destiné à la propre consommation du navire. Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth, qui a déclaré un « état d’urgence environnemental », a convoqué une réunion de crise des autorités concernées. Un navire de la marine française, le Champlain, est parti samedi pour Maurice, tandis qu’un avion des forces aériennes devait effectuer deux rotations au-dessus du site du déversement, tous deux équipés d’équipements de lutte antipollution spécialisés et ayant des experts à leur bord. Le Japon a annoncé de son côté l’envoi d’une équipe de six experts. Un porte-parole de Mitsui a toutefois indiqué que leurs efforts pour tenter d’évacuer le carburant par hélicoptère s’étaient heurtés au mauvais temps, et avait aussi empêché la mise en place d’un système flottant de retenue autour du navire, note francetvinfo.fr.    

Lutte contre la criminalité environnementale : Le PAPBio C2-Gouvernance lance l’assaut

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à travers le projet Gouvernance Régionale des Aires Protégées en Afrique de l’Ouest (PAPBio C2-Gouvernance) a organisé, le mardi 28 juillet dernier, un webinaire sur la lutte contre la criminalité environnementale en Afrique de l’Ouest. L’objectif de cette rencontre était d’échanger avec les acteurs impliqués dans la lutte contre la criminalité environnementale (LCE) en Afrique de l’Ouest. Mais, aussi et, surtout, de « les engager dans le processus de mise en œuvre des activités de coopération en matière de lutte contre la criminalité environnementale et la sécurité des zones de conservation dans les paysages de mise en œuvre du Programme d’Appui à la Préservation de la Biodiversité et des écosystèmes fragiles, à la gouvernance environnementale et au changement climatique en Afrique de l’Ouest (PAPBio) ». Dans un communiqué de presse résumant les travaux de ce webinaire, dakarpresse a appris que les discussions ont tourné autour du « projet de système d’information sur la criminalité environnementale (SICE), la typologie des données sur la criminalité devant alimenter le SICE, le schéma directeur d’approvisionnement des données (SDAD), le protocole de collaboration et de partage de données sur la criminalité environnementale ». Aussi, note le communiqué, « l’accord de Lusaka a été présenté avec pour objectif d’identifier les pays déjà engagés dans le processus d’adhésion et la possibilité d’accompagner les États à adhérer à l’Accord ». Dans son mot de bienvenu au nom de l’UICN, le Coordonnateur Régional des Programmes, M. George Akwah NEBA a salué l’organisation de ce webinaire sur la lutte contre la criminalité environnementale (LCE) qui dit-il, « (est) des plus grands objectifs du projet PAPBio C2-Gouvernance dans le cadre du programme PAPBio ». Ce séminaire virtuel a également été une occasion pour remercier l’Union européenne pour « son appui à tous les acteurs de la région ouest-africaine en vue de l’établissement d’un cadre fonctionnel de coordination et de gestion des aires protégées et de conservation de la biodiversité ». A la suite de M. NEBA, le directeur du département de l’agriculture, des ressources en eau et de l’environnement de l’UEMOA, M. Christophe DEGUENON, a insisté sur « la nécessité d’avoir un appui coordonné aussi bien au niveau national qu’international de tous les acteurs de la région engagés dans la lutte contre les diverses formes de criminalité environnementale », lit-on à dakarpresse.com.

Spécialistes engagés dans la lutte contre la criminalité environnementale

Toujours selon le communiqué, cette rencontre a été « l’occasion de regrouper, virtuellement, autour d’une table plus de soixante acteurs, spécialistes engagés dans la lutte contre la criminalité environnementale dans les pays de l’Afrique de l’ouest et de la Mauritanie ». « Ces participants sont issus des administrations publiques ou agences gouvernementales (en charge de la Forêt/Faune, Douane, Police), des points focaux CITES des États d’Afrique de l’Ouest, des organisations de la société civile (PANTHERA, le réseau EAGLE, Nature Tropicale- Bénin, Conservation Justice), des institutions d’intégration régionale (UEMOA et la CEDEAO) et des partenaires techniques et financiers (GIZ, UE, etc.) », précise la même source. Pour rappel, le « Programme d’appui pour la préservation de la biodiversité et les écosystèmes fragiles, à la gouvernance régionale et au changement climatique en Afrique de l’Ouest – PAPBio » financé par l’UE, a été adopté, en concertation avec la CEDEAO et l’UEMOA, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Indicatif Régional (PIR) de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest 2014–2020 (11ème FED), et spécifiquement en son domaine prioritaire 3 : « Résilience, sécurité alimentaire et nutritionnelle et ressources naturelles ». Cet ambitieux programme vise « la promotion d’un développement économique endogène, durable et inclusif, répondant aux défis du changement climatique ». De façon spécifique, il devra permettre d’atteindre une « protection intégrée de la biodiversité et des écosystèmes fragiles et une résilience renforcée aux changements climatiques ». La composante 2 du PAPBio – Gouvernance régionale des Aires Protégées et sécurité – est mise en œuvre par l’UICN, à travers son programme régional pour l’Afrique centrale et occidentale (PACO). Elle vise à insuffler une dynamique régionale pour la gestion efficace des aires protégées et des risques climatiques, le partage et la capitalisation des expériences et connaissances à tous les niveaux et la lutte contre la criminalité environnementale. Elle sera mise en œuvre dans les 15 Etats membres de la CEDEAO (Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) en plus de la Mauritanie, conclut le média sénégalais.

Moctar FICOU / VivAfrik                 

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