Commerce artisanal du requin en République du Congo

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Les pêcheurs congolais se tournent vers les requins, mais la capacité excessive des flottes de pêche met en péril la sécurité alimentaire locale, les moyens de subsistance et les populations des requins. De plus en plus de pêcheurs artisanaux congolais se tournent vers la pêche au requin à cause de la raréfaction croissante d’autres stocks de poissons surexploités par les pêcheries industrielles : des améliorations urgentes du cadre réglementaire et de gestion sont nécessaires pour éviter un effondrement de la pêche au requin et protéger les moyens de subsistance locale, selon un nouveau rapport de TRAFFIC. La pêche artisanale au requin par les pêcheurs migrants à l’aide de pirogues « Popo » (grandes pirogues motorisées) est une pêcherie importante dans la ville portuaire maritime de Pointe-Noire depuis le début des années 1980, motivée par une demande extensive de l’Asie de l’Est et du Sud-Est pour les ailerons. Elle est également tirée par la demande locale de viande de requin transformée. Sur les 1.868.701 kg de captures de requins rapportés en 2017, 95% (1.766.589 kg) provenaient de la pêche artisanale, soit 32% du total des captures artisanales des poissons. La viande est transformée et vendue sur les marchés locaux pour la consommation intérieure. Les requins sont devenus une source essentielle de survie et de revenus pour la population locale dont la subsistance et le bien-être sont gravement menacés si les populations des requins s’effondrent. « La surcapacité et la pêche illégale menacent la survie même des requins comme le Requin-marteau halicorne, dont les juvéniles sont régulièrement débarqués à Pointe-Noire alors qu’au niveau mondial, il est en danger critique et extrêmement menacé d’extinction selon la liste rouge de l’IUCN, » a déclaré Constant Momballa de TRAFFIC, auteur du nouveau rapport. Bon nombre d’ailerons exportés proviennent d’espèces de requins inscrites aux annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), mais la nouvelle étude n’a trouvé aucune preuve d’exportations conformes aux règlements de la CITES – l’exportation des ailerons ne figure pas dans les données nationales de la pêche ou celles des douanes, même si Hong Kong a enregistré des importations totales de 131.594 kg d’ailerons de requins séchés provenant du Congo entre 2005 et 2019. De la même façon, les statistiques officielles manquent de données sur la pêche illégale et les stocks de poissons, ce qui les rendent inadéquates pour surveiller la surcapacité, la surpêche, et la pêche illicite, non-déclarée et non-réglementée (INN), et la menace de surexploitation avec de conséquences désastreuses sur les ressources halieutiques et l’économie locale, renseigne traffic.org.

Un Plan d’action national pour les requins

En réponse, le gouvernement s’est engagé à élaborer un Plan d’action national pour les requins. « La Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture se félicite de cette nouvelle analyse de la pêche au requin dans nos eaux territoriales. Nous sommes ouverts à consolider notre collaboration avec TRAFFIC en exploitant cette étude. Elle nous aidera à la fois à élaborer un Plan d’Action National pour les requins afin d’encadrer l’utilisation durable des requins qui sont si précieux pour la subsistance de nombreux citoyens, et à s’assurer que le Congo remplit ses obligations internationales sur les requins en tant que Partie à la CITES, » a déclaré Benoît Claude Atsango, Directeur Général de la Pêche et de l’Aquaculture. Ayant un littoral de seulement 169 km de long, une flotte active de plus de 110 navires industriels et prêt de 700 pirogues artisanales dépasse de loin la charge limite de la Zone Economique Exclusive (ZEE) nationale estimée à 30 natives industriels, indique le nouveau rapport. Les pêcheurs artisanaux interrogés dans le cadre de cette nouvelle étude ont exprimé leur souci par rapport à la surpêche dans la région et étaient en colère contre les chalutiers industriels chinois actifs qui, selon eux, détruisent leurs engins de pêche et pêchent de façon illégale partout dans la ZEE. Un grand nombre de plateformes pétrolières dans ces eaux réduisent également de deux tiers la zone de pêche artisanale et polluent les eaux côtières. « Les arguments en faveur du maintien de la pêche au requin à des niveaux durables et pour contenir les activités des chalutiers industriels opérant de façon illégale dans les eaux du Congo ne sauraient être plus clairs, » a déclaré Momballa. 95% du total des captures de requins recensées au Congo en 2017 (1.766.589 kg) provenaient de la pêche artisanale 10.054 tonnes de requins-marteaux ont été globalement capturés par le Congo entre 2007 et 2017, ce qui en fait le quatrième plus grand pêcheur de ces espèces ~110 navires industriels pêchent dans les eaux congolaises, dont beaucoup sont des chalutiers chinois opérant illégalement, 42 espèces de requins et de raies sont débarquées, dont beaucoup sont considérées comme menacées selon la liste rouge de l’UICN et ~700 bateaux artisanaux opèrent dans les eaux congolaises. Le travail de TRAFFIC sur la pêche au requin au Congo a été rendu possible grâce au financement d’Arcadia – un fonds caritatif de Lisbet Rausing et Peter Baldwin à travers le soutien au projet de réduction des menaces du commerce sur les espèces sauvages et les écosystèmes d’Afrique (RETTA), qui œuvre à identifier les tendances du commerce illégal ou non durable et aider à développer des solutions nationales et internationales susceptibles d’inverser la tendance pour les espèces sauvages, conclut traffic.org.

Fin de l’interdiction annuelle de pêche en mer de Chine méridionale

Le moratoire sur la pêche estivale a pris fin dimanche dans la mer de Chine méridionale. Le moratoire sur la pêche, qui a débuté le 1er mai, a été considéré comme le plus sévère de l’histoire, avec l’utilisation d’un certain nombre de nouvelles technologies telles que le positionnement par satellite, la vidéosurveillance et la gestion des mégadonnées comme nouvelles approches pour l’application du droit maritime. Pendant les trois mois et demi de moratoire, la police maritime de la province chinoise du Guangdong (sud) a envoyé des navires effectuer 5.065 patrouilles, au cours desquelles 1.768 infractions ont été traitées, 1.691 navires de pêche illégale ont été saisis et 630.000 mètres carrés de filets de pêche illégale ont été retirés. L’interdiction de pêche en mer de Chine méridionale, imposée depuis 1999, vise à protéger l’écosystème et la biodiversité de l’océan contre la pêche excessive. Des inspections de sécurité sur les engins et les navires de pêche sont effectuées pendant l’interdiction, alors que des formations sur les réglementations et les compétences correspondantes sont proposées aux pêcheurs, note french.xinhuanet.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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