Patrice Fonlladosa : « À côté du Covid-19, l’eau, l’autre urgence de l’Afrique »

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Submergés par le Covid-19, n’en oublions-nous pas la question de l’accès à l’eau problématique pour une grande partie de l’humanité ? On se réveille le matin. Dans nombre de pays, on ouvre machinalement son robinet pour boire son premier verre d’eau de la journée. Problème : pas une goutte n’en sort… Ce pourrait être le début d’un film, non pas de science-fiction, mais d’anticipation. Entre 2000 et 2018, selon une ONG réputée, le chiffre des populations d’Afrique subsaharienne qui n’ont pas accès à l’eau et l’assainissement a doublé, et ce, en dépit des efforts des États et des bailleurs de fonds. Les forums et les colloques se succèdent, tirant la sonnette d’alarme et illustrant l’urgence de la situation. Les plans, les projets et la bonne volonté dans le déploiement des politiques publiques semblent ne rien y faire. Inexorablement, le monde s’en va vers la soif. Dans une forme immense d’indifférence… L’agriculture et l’irrigation – auto-suffisance alimentaire oblige –, la déforestation, les pollutions diverses et la concentration urbaine qui ne faiblit pas, toutes ces causes sont bien connues, analysées. Aujourd’hui, ce sont déjà 25 pays sur 54 en Afrique(s) qui sont en situation de stress hydrique. Dans 10 ans, 60 % de la population mondiale rejoindra cet effrayant club des assoiffés, selon l’ONU. On comprend cette « foire aux priorités » que sont, pour les journalistes, les chroniqueurs et analystes, le Covid-19, les questions de sécurité, de « croissance » et de redémarrage économique… mais acceptons de remettre au centre de nos énergies et de nos intelligences une organisation à même de permettre l’accès à l’eau pour le plus grand nombre. Parce que les solutions sont connues, elles existent, et la technologie continue de faire des progrès chaque jour : dessalement, réutilisation des ressources, rechargement des nappes, grands ou micro-barrages, réseaux du dernier kilomètre… : l’ingéniosité bouillonne. Et les financiers ne sont pas en reste. Bailleurs de fonds internationaux, banques locales, fondations, et même acteurs du secteur privé motivés par des cash-flows, même faibles mais par essence récurrents, se mobilisent. En effet, comment, alors, interpréter l’alerte que l’un des premiers fonds d’investissement au monde, BlackRock, vient de lancer en citant le stress hydrique comme l’un des risques majeurs à court terme ? Pour les populations, mais aussi pour les industriels. Et ce n’est pas en Afrique mais en Allemagne que la baisse du niveau du Rhin a impacté le groupe BASF à hauteur de 250 millions d’euros en 2018. Si nous voulons parler d’urgence, un mot tant employé qu’il en a presque perdu son sens, alors oui, il faut se mobiliser sérieusement et de façon coordonnée pour assurer l’accès à l’eau potable pour tous, populations et industriels. Voilà l’objectif qui devrait être à l’agenda – et au premier niveau – des Afrique(s) pour 2021. C’est bien de la mise en œuvre d’une vraie volonté politique basée sur la vision – et non pas le calendrier électoral – que dépend cet accès à l’eau pour tous, source de vie et condition d’existence, a soutenu Patrice Fonlladosa dans les colonnes du site d’information lepoint.fr.

Tunisie : Rentrée scolaire 2020/2021 – Quel protocole sanitaire pour des établissements privés d’eau potable?

Plus de 400 écoles primaires à travers le territoire ne disposent pas d’eau courante. La rentrée scolaire 2020/2021 s’annonce difficile à plus d’un titre. Alors que le ministre de l’Education a tenu une conférence au cours de laquelle il a mis l’accent sur l’importance de respecter les consignes barrières pour freiner la propagation du coronavirus dans les établissements scolaires d’autant plus que les enfants sont des vecteurs de transmission par excellence, plusieurs établissements dans les régions, en milieu rural, sont encore privées aujourd’hui des commodités les plus élémentaires, dont notamment la disponibilité de l’eau potable courante, une denrée qui est rare et précieuse. Plus de 400 écoles primaires à travers le territoire ne disposent pas, en effet, d’eau courante et ne sont pas reliées au réseau de l’ONAS. Pourtant le moyen le plus efficace et le plus simple de se protéger du coronaires selon l’Organisation Mondiale de la Santé est de se laver régulièrement les mains. C’est l’une des recommandations autour de laquelle s’articulent les principaux messages de prévention qui sont communiqués par cette organisation aux pays membres dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Or, il n’y pas seulement que l’eau courante qui vient à manquer dans plusieurs écoles primaires des zones rurales. Alors que l’absence d’eau potable expose les enfants à des pathologies graves, et est à l’origine, chaque année, de plusieurs cas de contamination par le virus de l’hépatite, contracté suite à la consommation d’eau souillée, l’infrastructure de ces établissements scolaires, qui ne font pas l’objet d’entretien, ne cesse de se dégrader d’une année à l’autre. Outre le problème d’infiltration en hiver et des clôtures en mauvais état, ces établissements sont équipés de sanitaires sales et en très mauvais état. Leur manque d’entretien et de maintenance représente un grand facteur de risque car ils favorisent la transmission des virus, des bactéries… Pourtant, il n’y a eu aucune opération de grande envergure pour réparer les sanitaires dans les écoles rurales qui en ont le plus besoin. Alors que la coexistence aujourd’hui avec la pandémie de la Covid-19 est devenue pour le commun des mortels une évidence à laquelle il n’est plus possible de se soustraire, les actes tardent à suivre les paroles. Le ministre de la Santé a évoqué la mise en place d’un protocole sanitaire rigoureux dans tous les établissements scolaires sans exception qui implique le port du masque, l’usage du gel hydro alcoolique et surtout le lavage régulier des mains et le respect de la distanciation sociale dans les classes. L’application de ces mesures semble tout bonnement être «surréaliste» dans des établissements se trouvant aux confins du pays et où des élèves, issus pour la majorité de catégories démunies et défavorisées, n’ont même pas les moyens de se nourrir correctement. L’achat d’un masque pour se protéger du coronavirus est tout simplement un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre. Quant à l’application des mesures relatives au lavage régulier des mains et au respect rigoureux de l’hygiène, elle semblerait difficile voire impossible dès lors que ces établissements ne sont pas raccordés au réseau d’alimentation en eau potable et sont dotés sanitaires qui sont en très mauvais état et qui ne répondent pas aux normes d’hygiène en vigueur. C’est bien beau de décider d’une batterie de mesures pour prévenir la propagation du coronavirus dans le milieu scolaire. Encore, aurait-il fallu qu’elles soient précédées par l’amélioration de l’infrastructure des établissements qui nécessitent des travaux d’entretien notamment en milieu rural et par la mise en œuvre de moyens permettant de faciliter l’accès à l’eau potable courante dans les écoles qui en sont privées. Le ministère devrait penser également à distribuer gratuitement des bavettes et des gels hydro alcooliques aux élèves des établissements scolaires se trouvant dans les zones intérieures du pays à la prochaine rentrée scolaire, a pour sa part souligné allafrica.com.

La région du Nord, un chantier à ciel ouvert et une croissance soutenue               

La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma a maintenu, au cours des dernières années, un rythme de croissance soutenu qui lui a permis de devenir le deuxième pôle industriel le plus important du Maroc et la première porte du continent africain vers l’Europe. Le développement constant que connaît la région depuis plus d’une décennie porte notamment sur les domaines de l’économie, l’industrie, la culture, les services sociaux et des infrastructures, dans le cadre d’une perspective visant à promouvoir les différents indicateurs du développement humain, à travers le lancement de projets et la consécration du rayonnement international d’une région qui a, depuis longtemps, été un pont reliant le Maroc à son environnement méditerranéen et européen. Au cours des 12 derniers mois, la région du Nord, avec à sa tête la métropole de Tanger, a poursuivi son avancée en tant que locomotive de croissance pour l’ensemble du territoire national, tout en partageant les fruits de sa croissance, dans le cadre de la solidarité régionale, avec le reste des préfectures et provinces de la région. Avec une croissance d’environ 4,6% entre 2010 et 2017, la contribution de la région à la création de la richesse nationale a augmenté, selon les derniers chiffres officiels, à 8,6% du PIB, ce qui lui a valu de devenir le deuxième contributeur à la valeur ajoutée industrielle du pays. Le secteur des services est ainsi considéré comme l’activité économique la plus importante au niveau de la région, avec une contribution d’environ 55,2% à la valeur ajoutée régionale, suivi de l’industrie (33,5%). Le secteur économique de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma s’articule autour des activités portuaires et industrielles dans les zones d’accélération économique situées à proximité des grandes villes, dont le plus important est le complexe portuaire Tanger Med, qui constitue un hub logistique mondial situé sur la rive sud du détroit de Gibraltar, note sous un autre registre lematin.ma.

Moctar FICOU / VivAfrik                       

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