Covid-19 : des conséquences pour la conservation de la faune sauvage en Afrique

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Avec les conséquences de la crise sanitaire sur le tourisme, les communautés vivant à proximité d’aires protégées, qui avaient investi dans le tourisme de faune, ont aujourd’hui tout perdu. La pandémie due au SARS-CoV-2 est à l’origine de restrictions de mouvements des populations qui ont réduit considérablement l’activité économique, entraînant une série d’impacts négatifs dans différents domaines dont celui de la conservation des espèces et de la protection de la biodiversité. C’est ce que révèle une étude, co-publiée par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) avec plusieurs organisations africaines et internationales liées à la conservation, le 29 juillet, dans Nature Ecology and Evolution. Effondrement du tourisme, réduction des financements, limitations des opérations des agences de conservation sur le terrain : c’est l’effet boule de neige de ces restrictions. Agences de conservation, autorités nationales de la faune, propriétaires fonciers, ONG de conservation ont ainsi dû, pendant la crise, se concentrer sur les activités les plus critiques et garantir le maintien des services essentiels. Quant aux communautés vivant à proximité d’aires protégées, « celles qui avaient investi, sur les conseils et l’appui des ONGs de conservation, dans le tourisme de faune, ont aujourd’hui tout perdu », explique notre confrère Alexandre Caron, écologue et chercheur au CIRAD et à l’Universidade Eduardo Mondlane au Mozambique. Un appauvrissement qui engendre une menace directe pour les aires protégées situées en périphérie. « Appauvries, les communautés vont dépendre davantage des ressources naturelles, pour assurer leur sécurité alimentaire, notamment de la viande de brousse ». Alors que faire ? Les auteurs de l’étude appellent les gouvernements africains à investir davantage dans la protection de leur capital naturel et les pays Africains émergents (Kenya, Afrique du Sud), à développer un tourisme local ou régional les rendant moins dépendant du tourisme international. Pour rétablir une forme d’équilibre, les auteurs appellent aussi à l’aide internationale. Ils expliquent qu’objectifs de développement et objectifs de conservation ne sont pas antinomiques. « Il s’agit de positionner les aires protégées et leurs périphéries comme des centres névralgiques de développement et de services aux populations locales. Et d’impliquer les communautés en tant que parties prenantes dans la gouvernance et la gestion de ces aires », notamment par le biais d’activités touristiques éco-responsables, indique depecheveterinaire.com.

Reboisement : le Sénégal met les bouchées doubles 

Sénégal semble prendre à bras le corps le problème de la déforestation et de la préservation de la biodiversité. Le ministre de l’Environnement et du développement durable, Abdou Karim Sall, a annoncé que cette année devraient être classés dix forêts dans cinq régions du pays pour une superficie de 75 000 hectares. Il a rappelé que si le Sénégal compte environ 168 forêts classées, dont la première remonte à 1930, seulement cinq forêts ont été classées depuis l’indépendance, la dernière remontant à 1968. En outre, le ministre a affirmé que la campagne de reboisement 2020, lancée lors de la journée mondiale de l’arbre avec un objectif de 20 millions d’arbres plantés,  serait réalisable avant la fin septembre. « Cette année, nous allons faire une très bonne campagne de reboisement qui a démarré dans d’excellentes conditions. Si la mobilisation constatée à Kaffrine et dans les autres régions du pays continue, il y a lieu d’être optimiste quant à la réalisation des objectifs des 20 millions de plants avant la fin du mois de septembre », a-t-il déclaré au terme d’une tournée effectuée dans le cadre de cette campagne de reboisement. Le Sénégal perd environ 40 000 hectares de forêts par an pour des raisons multiples, comme la consommation de bois de chauffe, la croissance démographique, les feux de brousses, etc. mais aussi les coupes illicites de bois, lit-on dans les colonnes de commodafrica.com.

Le changement climatique menace la médecine traditionnelle

Commémorant la journée de la médecine traditionnelle africaine célébrée le 31 août 2020, la directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique Dr Matshidiso Moeti revient sur les progrès et l’apport de la médecine traditionnelle au cours de 20 dernières années. Utilisée depuis des siècles pour améliorer le bien-être des populations, la médecine traditionnelle qui tire sa quintessence de la riche et exceptionnelle biodiversité de plantes aromatiques et médicinales que recèle l’Afrique, continue de jouer un rôle essentiel dans les soins de santé et reste aussi une industrie prometteuse que les pays africains peuvent exploiter plus et exporter à l’international. Deux décennies d’action attestent les progrès considérables qui ont été accomplis : 40 pays se sont désormais dotés de politiques sur les médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, contre huit pays en 2000 ; en outre, nombre de ces pays ont intégré la médecine traditionnelle dans leurs politiques nationales de santé et établi des cadres réglementant la pratique des tradipraticiens de santé. Dans 24 pays, des établissements universitaires ont inclus des cours sur la médecine traditionnelle dans les programmes de formation en pharmacie et en médecine. Des passerelles d’orientation-recours sont établies dans 17 pays entre les tradipraticiens de santé et les praticiens de la médecine conventionnelle, et huit pays renforcent la prestation intégrée des services de la médecine traditionnelle et des services de la médecine conventionnelle. Au Ghana, la disponibilité des services intégrés a doublé, passant de 19 établissements qui proposaient ses services en 2012 à 40 établissements proposant les mêmes services en 2020. Avant 2020, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Mali avaient mis en place une couverture partielle par l’assurance-maladie pour les produits et services de la médecine traditionnelle, protégeant ainsi les populations contre les difficultés financières, conformément aux principes de la couverture sanitaire universelle. En outre, plus de 34 instituts de recherche dédiés aux médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle africaine. Dans 15 pays, des financements publics sont régulièrement alloués à la recherche dans le domaine de la médecine traditionnelle. Près de 90 autorisations de mise sur le marché ont été délivrées dans les pays pour des médicaments à base de plantes, et plus de 40 médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle figurent sur des listes nationales de médicaments essentiels. « Ces accomplissements attestent des progrès considérables réalisés en ce qui concerne la réglementation et la promotion de la médecine traditionnelle africaine. Pour consolider ces acquis, il faut recueillir plus de données sur l’innocuité, l’efficacité et la qualité des décoctions traditionnelles à base de plantes, veiller à une application plus stricte des cadres de réglementation existants et concevoir de meilleures plateformes pour partager et protéger les savoirs médicaux traditionnels pour les générations futures. La biodiversité africaine et la médecine traditionnelle sont menacées par le changement climatique, et des mesures d’atténuation s’avèrent nécessaires » souligne la directrice régionale de l’Oms pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, renseigne sous un autre registre lepaystchad.com.

Moctar FIOU / VivAfrik                                          

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