La demande pétrolière ne dépassera jamais le niveau de 2019, selon BP

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Alors que de nombreux officiels, agences et gouvernements pensent que le pétrole ne traverse qu’une mauvaise passe et qu’il retrouvera rapidement des niveaux pré-pandémiques, BP jette un pavé dans la mare en annonçant le début de la fin pour le combustible fossile.

Dans une étude publiée le 14 septembre 2020, le géant britannique du pétrole BP a indiqué que la croissance inexorable de la demande de pétrole est terminée.

« La consommation de pétrole pourrait ne jamais revenir aux niveaux observés avant la crise du coronavirus », a-t-on lu dans le document, qui ajoute qu’alors que la transition énergétique éloigne le monde des combustibles fossiles, le secteur peut se satisfaire d’une demande qui restera globalement stable sur les deux prochaines décennies. Ceci, selon le scénario le plus optimiste des analystes de la société.

Selon les perspectives énergétiques de BP, la consommation devrait chuter de 50 % d’ici 2050 dans un scénario, et de près de 80 % dans un autre. Toutefois, ces perspectives évoquent également une situation de statu quo, selon laquelle la demande se redresserait, mais resterait stable à près de 100 millions de barils par jour pendant les 20 prochaines années.

BP rompt ainsi avec l’orthodoxie dans le milieu et devient le premier gros acteur du secteur à évoquer la fin du combustible. En effet, des patrons des géants de l’énergie aux ministres des pays de l’OPEP, les dirigeants de l’industrie ont insisté sur le fait que la consommation d’or noir connaîtra encore des décennies de croissance. À maintes reprises, ils l’ont décrit comme le seul produit de base qui puisse satisfaire les demandes d’une population mondiale croissante et d’une classe moyenne en expansion.

Ceci permet de mieux comprendre les dernières politiques de la société, afin de mieux s’aligner sur les conclusions de l’accord de Paris sur le climat. En août dernier, son PDG, Bernard Looney a annoncé une réduction de 40 % de la production de pétrole et de gaz, au cours de la prochaine décennie, mais aussi 5 milliards de dollars par an pour créer l’un des plus gros acteurs des énergies renouvelables au monde.

Un mouvement d’ensemble des plus grosses compagnies du secteur est en train de naitre actuellement pour produire des énergies plus respectueuses de l’environnement, face à la pression des gouvernements et des investisseurs.

Moctar FICOU / VivAfrik

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