Les acteurs de la pêche planchent sur la gouvernance des petits pélagiques en Afrique de l’ouest

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Le rôle crucial que jouent les petits pélagiques dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et le sous-emploi constitue un ensemble d’actions de communication courant à sensibiliser sur l’importance de ces ressources. C’est dans cette optique que les représentants des organisations de pêche au Sénégal, les acteurs de la société civile, les experts et professionnels de la pêche ont échangé avec la presse, mercredi 16 septembre 2020 à Dakar, dans le cadre d’un déjeuner de presse, autour du thème : « Durabilité de la pêche des petits pélagiques en Afrique de l’ouest ».

Le secteur de la pêche assure la sécurité alimentaire nationale, la stabilité socioéconomique d’une bonne partie des ménages des communautés littorales occupant les principaux maillons (pêcheurs, mareyeurs, transformatrices), et pourvoit à plus de 600 000 emplois directs et indirects aux populations.                                                   

La rencontre initiée par le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (PRCM) a permis de porter à la connaissance du public, des acteurs du secteur et des décideurs politiques les enjeux liés à la durabilité de la pêche des petits pélagiques en Afrique de l’ouest. Elle a en outre permis de sensibiliser sur l’importance de ces ressources et servir de base pour des actions de plaidoyer en direction des décideurs pour une gouvernance appropriée du secteur de la pêche.        

Parallèlement, ce secteur connait d’énormes difficultés notamment la surexploitation de ses ressources qui se font de plus en plus rares, le développement de la pêche illicite non déclarée et non règlementée (INN) et l’octroi de licences de pêche à des navires étrangers dans la zone économique exclusive (ZEE) sénégalais.

« Des décennies d’exploitation intense et de règlementation non adaptées ont entraîné la surexploitation de plus de 50% des stocks de poissons suivis dans les eaux ouest-africaines, ce qui constitue un des taux de surpêche les plus élevés au monde », lit-on dans un document transmis à la presse.   

Il s’avère dès lors que les petits pélagiques sont particulièrement concernés par cette problématique même s’ils constituent un secteur stratégique de par sa contribution dynamique aux équilibres macroéconomiques et son potentiel de croissance et d’emplois. Malheureusement, leur importance n’est toujours pas prise en compte dans les décisions et les politiques publiques, a déploré Ahmed Senhoury, directeur exécutif du PRCM.                   

Ainsi, dans le cadre de sa stratégie 2018-2022 en Afrique de l’ouest, la Fondation MAVA a mis en place un plan d’action portant sur la gestion durable des stocks et des sites côtiers critiques pour les petits pélagiques. Le résultat final de ce plan d’action est décliné comme suit : « D’ici à 2022, l’exploitation des petits pélagiques est maîtrisée dans les pays de la sous-région ouest-africaine », a soutenu Dr Jean Henri Bienvenue Sène, Coordonnateur technique de projets du Réseau régional d’aires marines protégées en Afrique de l’ouest (RAMPAO).    

Le potentiel halieutique des petits pélagiques côtiers pour la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et la Guinée Bissau est estimé à 2 222 500 tonnes. A part pour la sardine (Sardina pilchardus), la situation des stocks s’est dégradée, en particulier pour les espèces clés supportant les captures de la Mauritanie, du Sénégal et de la Guinée Bissau (ethmalose, sardinelles et chinchards). En 2017, le niveau des captures totales des petits pélagiques en Mauritanie, en Gambie, au Sénégal et en Guinée-Bissau se situe à environ 1 300 000 tonnes et la Mauritanie capitalise 65% de ces captures suivi du Sénégal (28%). La Gambie et la Guinée Bissau réunies ne comptent que pour 7% de ces captures, relève une étude du PCM sur l’importance économique, sociale et écologique des petits pélagiques au Sénégal, en Mauritanie et en Guinée Bissau.

Cette étude vise à contribuer à une meilleure connaissance de la valeur économique, sociale et écologique des petits pélagiques en Afrique de l’Ouest particulièrement en Guinée Bissau, en Mauritanie et au Sénégal et servir de base pour des actions de plaidoyer en direction des décideurs pour une meilleure gestion des petits pélagiques.

Moctar FICOU / VivAfrik                     

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