Les forêts tropicales d’Afrique de plus en plus menacées, aux oubliettes

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Malgré le rôle crucial que jouent les forêts tropicales d’Afrique, elles sont de plus en plus menacées par l’activité humaine notamment la production agricole. Celles-ci regorgent la biodiversité, abritent au moins 100 millions de personnes et jouent un rôle vital dans la lutte contre le changement climatique. Suffisant pour asseoir une coopération urgente est nécessaire visant à éliminer la déforestation des chaînes d’approvisionnement en matières premières.

Rappelons qu’en novembre 2016, huit chefs d’État africains avaient pris un engagement public collectif en faveur du développement durable de l’huile de palme lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Marrakech. La Déclaration de Marrakech pour le développement durable du secteur du palmier à huile en Afrique a été élaborée sous l’égide de l’Initiative sur l’huile de palme en Afrique de l’Alliance pour les forêts tropicales (AFT) 2020. Les ministres de pays représentant près de 70% des forêts tropicales d’Afrique ont signé cet accord historique. C’était une étape importante dans la protection de ces forêts contre la menace d’une exploitation non durable de l’huile de palme.

En effet, les forêts tropicales d’Afrique englobent les forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest et la vaste forêt tropicale du bassin du Congo. La moitié des plantes des forêts guinéennes et près d’un tiers de leurs animaux ne se trouvent nulle part ailleurs sur la planète. Le bassin du Congo contient la deuxième plus grande zone forestière tropicale contiguë du monde, après l’Amazonie. Couvrant plus de 251 millions d’hectares et s’étendant sur six pays, la zone forestière du bassin du Congo a été qualifiée de « deuxième poumon » du monde. Il représente un quart du carbone total stocké dans les forêts tropicales dans le monde, selon les estimations.

Les forêts d’Afrique, et en particulier le bassin du Congo, abritent certains des peuples autochtones les plus anciens du monde. Ceux-ci incluent les Bambuti, ou Mbuti, du Congo, les Baka du Cameroun, et l’Aka de la République centrafricaine. Alors que les estimations du nombre d’autochtones vivant dans les forêts en Afrique centrale varient entre 130 000 et 920 000, ce qui représente environ 150 groupes ethniques. Mais les forêts africaines subissent de plus en plus la pression de la production agricole de produits tels que le caoutchouc, le cacao et l’huile de palme. La production de cacao se développe en Afrique à un rythme de 132 000 hectares par an.

Cependant, a-t-on analysé à mediaterre.org, un seul ensemble d’acteurs ne peut à lui seul mettre en place ce changement. Le gouvernement, le secteur privé et la société civile doivent donc travailler ensemble pour mener à bien ce projet. Si la déclaration de Marrakech constitue déjà un progrès, il ne faut pas oublier que cet accord n’est pas l’objectif final. Il est désormais nécessaire des mettre les directives de l’accord en pratique et adopter des actions concrètes pour protéger les forêts africaines.    

Moctar FICOU / VivAfrik          

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