Innovation : un Sénégalais invente une moissonneuse à criquets

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Un enseignant-chercheur, Sénégalais répondant au nom de Sanoussy Diakité a fini de révéler son talent dans la lutte contre les criquets. Le scientifique et chercheur a annoncé samedi 17 octobre 2020, à Dakar, avoir inventé et présenté au grand public une moissonneuse à criquets « efficace » dans la lutte contre l’invasion acridienne, la préservation de l’environnement et la procuration d’aliments pour la volaille et le poisson.

L’outil baptisé « moissonneuse des criquets » permet de préserver l’environnement, car pour lutter contre ces envahisseurs, on utilise souvent des produits chimiques qui détruisent les sols.

« Cette nouvelle invention que je viens de faire servira de moyens efficaces dans la lutte contre l’invasion des criquets, la préservation de l’environnement et la procuration d’aliments pour la volaille et le poisson », a-t-il assuré.

Selon le professeur Diakhité, ancien directeur général de l’Office nationale de la formation professionnelle (ONFP), l’idée d’inventer cette moissonneuse à criquets est de proposer « une solution non nocive pour les cultures et plus efficace que les pesticides utilisés afin de détruire les criquets ravageurs ».

Le scientifique et chercheur sénégalais, qui avait déjà inventé la machine à fonio, intervenait lors d’une conférence virtuelle organisée à Dakar par la plateforme « Les nouvelles de Kolda », une initiative de près de 300 ressortissants de la région de Kolda (sud) évoluant dans divers secteurs d’activités, et basés un peu partout dans d’autres localités du pays, en Afrique et dans la diaspora.

Cette machine, destinée à  lutter contre les invasions des criquets, est une inspiration, dit-il, du livre de l’économiste Moustapha Diakité, qui a préconisé dans son ouvrage de capturer les criquets et de les utiliser pour la nourriture des poissons et de la volaille. Les criquets, déclare l’enseignant-chercheur, sont très dangereux. « Un essaim de criquets peut contenir 90 000 espèces. Et si les conditions météoritiques sont réunies, ils essaiment plus vite », indique-t-il  en soulignant qu’un « essaim de criquets peut ravager des cultures et affamer 35 mille personnes ». Et l’intérêt de la « moissonneuse des criquets », « se voit à travers le péril que représentent les criquets dans le monde, car un criquet peut pondre 300 œufs et peut durer pendant trois mois ».

De l’avis de  l’ingénieur qui a arboré sa blouse d’enseignant pour expliquer le fruit de son invention, ce procédé mécanique est même un enjeu de sécurité alimentaire en luttant contre les invasions des criquets. « Il permet de rompre avec la méthode de lutte contre les invasions des criquets qui consiste à utiliser les produits chimiques », dit-il.

A l’en croire,  la méthode chimique qui a été toujours utilisée,  a des conséquences néfastes sur l’environnement, car les produits chimiques détruisent le sol. « Ce  n’est pas une solution viable », se convainc-t-il, en rappelant qu’il faut lutter contre les changements climatiques.

Cette machine, explique  l’ingénieur des systèmes de formation, a un débit horaire en termes de 960 000 criquets par heure. Mais il faut le mettre en corrélation avec le poids des criquets qui est de 3 g pour savoir le tonnage de criquets qu’on peut récolter, prévient M. Sanoussy Diakité.

En outre, il détaille que « c’est une machine qui aspire les criquets et qui les entraine vers un bac de stockage après les avoir broyés. Au lieu d’utiliser les produits chimiques pour les criquets, la machine ne fait que les aspirer à l’aide d’un procédé mécanique ».

Selon toujours ses explications, «la moissonneuse assure la capture des criquets au vol, par aspiration à travers un canal tournant autour de son axe et éventuellement réglable en hauteur et effectue le broyage et le refoulement par projection vers un back de stockage remorquable disposé au regard du canal de refoulement». Pour utiliser cette machine, il faut la placer sur un véhicule qui se déplace en suivant le mouvement de l’essaim des criquets dans le sens opposé  du vent. D’après l’inventeur, le conducteur sur le véhicule  est chargé de manipuler la machine. Et pour une lutte plus efficace contre les criquets, l’attaque de ces derniers est organisée en fonction d’un convoi composé de plusieurs véhicules équipés, couvrant une large bande suivant les indications météorologiques.

En fait, Sanoussy Diakité admet de manière latente les limites de sa création. «Si les criquets ne sont pas en vol, cette machine n’est pas opérationnelle. C’est pourquoi il est bon d’avoir la version des agents de la météo pour pouvoir récolter les criquets quand ils sont en vol», dit-il.

Abondant dans le même sillage, un membre de la Direction de la protection des végétaux (DPV), qui a promis d’accompagner cette initiative, a souligné qu’avec cette machine, il est impossible de procéder à la récolte si les criquets sont au sol. C’est dans ce sens qu’il propose de prévoir un système de récolte quand les criquets sont au sol. En tout cas Sanoussy Diakité n’en est pas à sa première création si l’on se fie aux confidences de Balla Thiam proviseur du Lycée Technique De Lafosse. «Il est une fierté pour nous», dit-il, en soulignant les bons résultats enregistrés par cet établissement sur tous les niveaux et toutes les filières malgré la pandémie du coronavirus.

Moctar FICOU / VIvAfrik

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