Ce rat africain pourrait tuer un élephant avec sa fourrure empoisonnée

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Le Lophiomys imhausi, plus connu sous le nom de « rat à crête », est une espèce de rongeurs, unique en son genre, de la taille d’un lapin. S’en approcher de trop près peut-être aussi bien dangereux pour les animaux que pour l’Homme.

En effet, le rat à crête, originaire d’Afrique de l’Est (Kenya, Ethiopie, Somalie), est présent dans divers habitats tels que la forêt, la savane sèche et humide ou encore les fruticées (arbustes). En Afrique, la population soupçonne ce rat d’être toxique. Ce rat géant, au premier abord, est loin de faire peur mais les apparences sont trompeuses.

La suspicion a fini par se confirmer… Dans un article du Journal of Mammology, les chercheurs de l’Université de l’Utah, du Smithsonian Conservation Biology Institute et des musées nationaux du Kenya ont découvert que le Lophiomys imhausi est le seul mammifère connu pour réussir à saisir des toxines végétales à des fins de « défense chimique ».

Un article avait déjà été publié en 2011 sur l’étude menée par des scientifiques de l’Université d’Oxford, selon laquelle le rat à crête pouvait réussir à saisir les toxines de « l’arbre à flèches empoisonnées », l’Acokanthera schimperi, un véritable poison utilisé traditionnellement par les chasseurs. Ils enduisaient leurs flèches d’une décoction de cette plante.

Toujours selon cette première étude, pour saisir la toxine végétale, ce rongeur a une technique bien à lui… Il mâche l’écorce d’Acokanthera et il enduit ensuite sa fourrure latérale de salive imbibée de toxine. Lorsque le rat à crête sent la menace approcher, il se hérisse et met en avant les poils de ses flancs afin d’inciter le prédateur à le mordre à ce niveau précis. Voilà pourquoi on parle de « défense chimique ». Cela peut surprendre mais ce rongeur qui paraît si innocent peut, avec ce poison caché dans sa fourrure, éliminer un éléphant ou encore tuer un homme.

« L’étude initiale de 2011 a observé ce comportement uniquement chez un seul rongeur. Alors, un des principaux objectifs de notre étude actuelle était de déterminer la fréquence de ce comportement exceptionnel », a déclaré Denise Dearing de l’Université de l’Utah et co-auteure de l’étude.

Cette nouvelle étude a alors pour objectif premier de confirmer le moyen de défense utilisé par le rat à crête. Pour cela, les scientifiques ont piégé 25 rats et, grâce à des caméras équipées de capteurs de mouvements, ils ont pu obtenir la preuve en images de plusieurs rongeurs saisissant les toxines de l’arbre Acokanthera.
En effet, les chercheurs leur ont donné des branches du fameux arbre et dix d’entre eux sont, au moins une fois, tombés dans le piège et les ont mâchées. D’après cette expérience, l’exposition aux toxines n’auraient en aucun cas modifié le comportement des rats.

« La plupart des gens pensaient que c’était un mythe en raison de la puissance de l’arbre« , a déclaré Katrina Nyawira, étudiante diplômée de l’Université d’Oxford Brookes et co-auteure de l’article. « Mais nous l’avons vu en vidéo! C’était vraiment fou. »

Ce rat est particulièrement surprenant et bien loin de l’image que nous avons, en France, de cet animal. Nous avons plutôt l’habitude, dans les grandes villes notamment, d’apercevoir des rats, les surmulots, en marchant tranquillement dans la rue. Ce rat – Rattus norvegicus – est un voisin familier de l’Homme dont il colonise les habitats.
Des chercheurs de l’Inra, de VetAgro Sup et de l’Institut Pasteur l’ont étudié dans un parc départemental de la région Île-de-France afin de comprendre sa grande diversité génétique, sa résistance aux raticides et la présence de nombreux parasites dont certains sont transmissibles à l’Homme et aux animaux.
Les surmulots ne sont peut-être pas aussi dangereux que le rat à crête africain mais ils sont tout de même nuisibles pour l’Homme car ils sont vecteurs potentiels de nombreuses maladies et parasites.

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