Madagascar – Plus de 10 000 enfants exploités dans des mines

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Plus de 10 000 enfants, dont certains âgés d’à peine 5 ans, sont exploités à Madagascar dans des mines de mica, un minéral résistant à la chaleur utilisé dans l’électronique et l’automobile, selon l’enquête de deux ONG. Très recherché pour sa capacité à supporter les fortes chaleurs, le mica est utilisé comme isolant dans les industries aéronautique et automobile, ainsi que dans la téléphonie. Ces mineurs représentent la moitié de la main d’œuvre employée dans les mines du secteur, ont précisé Terre des Hommes et le Centre de recherche sur les multinationales dans une étude récemment publiée. Au terme d’un an d’investigations dans 13 mines du sud-est, les deux ONG ont documenté en détail les « conditions de travail rudes » imposées à ces enfants. En raison de leur petite taille, la plupart sont chargés de creuser les puits et les tunnels dont ils extraient ensuite le mica. Les plus jeunes sont affectés au tri des plaques de minéraux. « Ils souffrent du dos, de maux de tête dus à la chaleur et au manque d’eau, et sont victimes de blessures aux mains et aux pieds tous les jours », écrit le rapport. Nombre d’entre eux sont aussi « exposés aux particules de poussière de mica qui provoquent toux et des maladies des poumons ». Les trois-quarts des 26 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. Selon l’enquête, le salaire quotidien octroyé aux travailleurs du secteur -entre 27 centimes d’euros à 3 euros- ne suffit souvent pas pour un repas quotidien. Madagascar est le troisième producteur mondial de mica, pour un revenu estimé dans le rapport à 6,5 millions de dollars en 2017. Le pays est récemment devenue le premier exportateur de la planète en devançant l’Inde. L’essentiel de la production mondiale est acheté par la Chine, selon l’ONU. « Il est urgent que les entreprises internationales se préoccupent de l’origine du mica qu’elles utilisent et que le gouvernement malgache (…) s’engage à faire respecter les droits des enfants », concluent les deux ONG, renseigne voaafrique.com.       

Zambie : le président Lungu veut prendre le contrôle de certaines mines pour soutenir la relance économique

Empêtré dans des difficultés économiques, l’Etat zambien veut s’en sortir en tirant plus de revenus de son sous-sol. Une prise de contrôle des mines appartenant actuellement à des investisseurs privés semble être la solution choisie mais le prix à payer pour cela sera important. En Zambie, plusieurs mines de cuivre et d’or pourraient bientôt entrer dans le giron de l’Etat. Dans un discours à la nation le 17 décembre, le président de la République Edgar Lungu a en effet indiqué que le gouvernement va prendre le contrôle de certaines mines dans le pays afin d’augmenter les revenus rapportés par le secteur. « Le fait de posséder des intérêts dans certaines mines stratégiques donne à l’Etat le levier nécessaire pour utiliser les ressources minérales au profit de la nation […]. Il ne s’agit pas d’une nationalisation des mines, au contraire, c’est l’Etat qui acquiert des participations majoritaires dans certaines mines », a déclaré le président Lungu, dans des propos relayés par Reuters, sans préciser les actifs envisagés pour les rachats. Si les compagnies actives dans le pays, notamment First Quantum Minerals, Glencore et Barrick, n’ont pas encore réagi officiellement, la démarche du gouvernement risque de provoquer des remous. Par exemple, l’Etat cherche depuis quelques mois à acquérir Mopani Copper Mines, filiale locale de Glencore, mais le géant suisse a indiqué qu’il préférait quitter le pays plutôt que de perdre le contrôle de ses actifs. La Zambie traverse une véritable crise économique et financière accentuée par la pandémie de Covid-19. Cela a conduit le pays à un défaut de paiement sur sa dette souveraine depuis le mois dernier et il est compréhensible que les impôts et redevances minières ne suffisent plus. Les excellents cours du cuivre, pour lequel la Zambie est deuxième producteur africain et de l’or pourraient également expliquer cette décision du chef de l’Etat. Cependant, le prix à payer n’est-il pas trop important dans un tel contexte ? Trouver des fonds pour racheter les projets en question ne sera pas simple vu l’état des finances publiques. Alors que le régime fiscal actuel pose déjà problème aux nouveaux investissements dans le  pays, cette nouvelle initiative risque de faire fuir les acteurs déjà présents, relate agenceecofin.com.

Cameroun : Société nationale des mines – Les nouveautés de l’exploitation minière

Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique était face à la presse en fin de semaine pour expliquer les avantages de la société récemment créée. Le 14 décembre 2020, le président de la République a pris un décret portant création de la Société nationale des Mines (SONAMINES), une société à capital public, ayant comme unique actionnaire l’Etat. Conformément aux termes de l’article 4 du décret créant ladite société, cet organisme public est mandaté pour gérer désormais les intérêts de l’Etat dans le secteur minier. Pour mieux en expliquer les enjeux, le ministre des Mines, des Industries et du Développement technologique, qui assure la tutelle technique de cette société était face à la presse samedi dernier. Selon Gabriel Dodo Ndoke, qui n’a pas caché sa satisfaction « au regard de la portée hautement déterminante de ce décret du président de la République qui vient révolutionner totalement le secteur minier camerounais», il s’agit pour lui de « l’aboutissement d’un long processus enclenché il y a quelques années». « L’avènement de la SONAMINES permettra effectivement à notre pays de bénéficier plus que par le passé, des retombées de l’exploitation de son sous-sol », a souligné d’entrée de jeu le ministre. Avant de préciser que la SONAMINES hérite en partie des missions contenues dans le texte organique du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique du 1er octobre 2012. De manière synthétique, il faut dire que le chef de l’Etat, à travers cet acte, a doté notre pays d’une structure importante devant disposer de tous les moyens techniques et financiers pour conduire, pour le compte de l’Etat, la réalisation des opérations minières commerciales et industrielles, opérations qui sont jusque-là réalisées par les entreprises privées partenaires de l’Etat dans les grands projets miniers. L’Etat va donc se déployer lui-même à travers son démembrement pour booster la réalisation et le suivi des grands projets miniers dans notre pays. Pour ce qui est des missions de la nouvelle entité, elles peuvent se résumer aux études relatives à l’exploration et à l’exploitation des substances minérales ; aux opérations d’achat et de commercialisation des substances minérales pour le compte de l’Etat, particulièrement l’or et le diamant. Les activités d’exploration et d’exploitation des substances minérales ; la prise des participations dans les sociétés exerçant dans le domaine minier ; la réalisation de toutes les opérations commerciales et industrielles dans le secteur des mines font également partie des prérogatives de la SONAMINES, apprend-on de allafrica.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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