Fondation Prospective et Innovation : l’éventualité d’un partenariat Chine-Europe-Afrique au menu des discussions

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« Nous sommes tous persuadés que le continent africain est celui de notre avenir et ce n’est dans l’intérêt de personne de laisser l’Afrique livrée à elle-même. Nous sommes tous connectés au devenir de l’Afrique », a estimé mercredi l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin lors d’une visioconférence organisée par la Fondation Prospective et Innovation qu’il préside. « Nous avons une communauté de destin avec ce grand continent et dans cette période instable, l’Afrique peut être un continent d’équilibre ou au contraire de déséquilibre », a-t-il noté. Cette visioconférence sur les perspectives de coopération entre l’Europe, la Chine et l’Afrique pour le développement du continent africain a réuni, outre M. Raffarin, l’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou, l’ancien ambassadeur de Chine au Gabon Sun Jiwen et le président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), Etienne Giros. « Le secteur privé peut être considéré comme un élément moteur dans un contexte où les Etats sont par ailleurs toujours présents et l’Afrique dispose d’un tissu d’entreprises privées qui peut se muscler et être un levier de développement », a poursuivi l’ex-Premier ministre français qui a souligné l’importance de la « concertation » entre les entrepreneurs africains, européens et chinois. Pour sa part, M. Sun a fait une comparaison entre les secteurs publics et privés en Chine et en Afrique, expliquant que « le secteur privé représente 70% des entreprises en Chine et il y a les mêmes phénomènes en Afrique. Par exemple, en Chine, dans le domaine des grands projets d’infrastructures comme la construction d’aéroports et de routes, les entreprises publiques sont plus fortes, tandis que dans le secteur de l’industrialisation, c’est le secteur privé qui joue le rôle primordial. C’est le cas en Chine. Donc pourquoi pas en Afrique? », a-t-il plaidé, lit-on dans les colonnes de french.china.org.cn.

Une résilience étonnante de nombreuses PME africaines

Pour M. Zinsou, le secteur privé africain « joue un rôle déterminant dans la lutte contre la pandémie, malgré des fragilités extraordinaires touchant les secteurs aérien et touristique. Il y a une résilience étonnante de nombreuses PME africaines et le soutien du tissu de PME va être déterminant pour le rebond de la croissance africaine ». Le Fonds monétaire international (FMI) « estime que c’est en Afrique et en Asie que le niveau du rebond économique sera le plus important au 2e semestre 2021. L’Afrique est en récession, certes trois fois moins que l’Europe, en grande partie à cause des pays producteurs de pétrole. Or, les économies de l’Afrique de l’Ouest, qui sont plus diversifiées, ne sont pas en récession, avec une croissance comprise entre 0 et 2%. Et c’est uniquement en Asie qu’on retrouve ce genre de résilience », a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, le secteur privé africain porte l’épargne et l’emploi et il sera l’interlocuteur incontournable pour les partenariats triangulaires futurs », a également souligné M. Zinsou. « La présence des entreprises chinoises est un bien pour l’Afrique », a souligné Etienne Giros, ajoutant que « près d’un tiers de la croissance africaine s’explique par la présence et l’investissement chinois ». « Je suis convaincu que l’avenir repose sur le partenariat entre les entreprises chinoises et françaises et qu’il doit s’exprimer sur le continent africain », a-t-il poursuivi. Pour lui, un partenariat sino-africain en Afrique pourrait contribuer « à dynamiser les entreprises françaises en insérant le secteur privé », renchérit french.china.org.cn.

Innovation : Le Maroc sur la bonne voie

C’est un fait. La performance d’une économie passe incontestablement par la création de valeur associée à la promotion de l’innovation et de la R&D dans un contexte de transformation rapide des marchés et des besoins de l’économie de plus en plus exigeants. De ce fait, investir dans l’innovation devient un impératif pour toute organisation (publique ou privée) voulant se donner un réel avantage concurrentiel. Dans ce sillage et compte tenu des évolutions technologiques transformatrices, le Maroc a pu se forger une place de choix à l’échelle mondiale et a enregistré d’importantes avancées en la matière. L’indice mondial 2019 de l’innovation (GII), élaboré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’université Cornell et l’INSEAD et publié le 24 juillet 2019, classe le Maroc en 74e place sur la liste de 129 économies évaluées et au 9e rang parmi les 26 économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Sur le plan continental, l’analyse montre que le Maroc se hisse au top 3 africain du classement devancé par l’Afrique du Sud et la Tunisie. Par ce classement, le Royaume gagne deux places par rapport à l’année précédente où il en avait perdu quatre. D’après l’étude détaillée, le Maroc obtient de meilleurs résultats en termes d’output de l’innovation (classé 66e) que d’inputs (classé 83e). Il faut noter également que l’économie marocaine convertit efficacement les investissements dans l’innovation en produits et services plus performants et de meilleure qualité. En effet, le Maroc produit plus de résultats d’innovation par rapport à son niveau d’investissement dans l’innovation, relève l’OMPIC. La même source affirme le Royaume s’illustre dans les actifs immatériels où il est classé 43e au niveau mondial, et 39e en ce qui concerne le dépôt de marques par origine et PIB et 9e pour les dessins et modèles industriels par origine et PIB, argue lematin.ma.

Moctar FICOU / VivAfrik                

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